dimanche 7 octobre 2012

Consommation des espaces agricoles


On commence à sentir une inflexion sur la consommation des espaces agricoles en France.

La dernière conférence écologique, petite sœur du Grenelle du même nom, en a fait un point majeur de façon presque inattendue.

Les écologistes allaient à cette conférence en guerriers vainqueurs, voulant décrocher quelques trophées sur le dos de l’agriculture, et en sont repartis sans les trophées mais même avec quelques concessions.

La protection des terres agricoles devient dans la conscience des hommes politiques un point non négligeable qu’il y a lieu de travailler.

La France perd tous les 7 ans l’équivalent d’un département français sous le béton ou le bitume, 4,5ha à la minute ! C’est la disparition des terres agricoles au profit des villes ou infrastructures, alors que chaque année notre planète accueille 75 millions de bouches supplémentaires à nourrir.

Il faut ajouter à cela les mesures ubuesques de compensation écologiques qui se font toujours au détriment de l’agriculture. Lorsqu’une infrastructure se créée en milieu naturel la loi impose une compensation écologique à hauteur de 1 pour 4. C'est-à-dire que si 1ha est pris il faut en rendre 4 à la nature. Et où prend-on ces surfaces ? Forcément sur le milieu agricole proche des zones naturelles, mais jamais sur les surfaces urbanisées.

Les citadins ne veulent plus habiter en logement collectif, comme la population augmente et que chacun veut son pavillon c’est forcément au détriment des zones agricoles, de même pour les zones commerciales ou industrielles.

Devant cette constatation la FNSEA demandait depuis longtemps une commission de surveillance sur le sujet, cela a été fait en 2011 par la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles.

Au bout d’une année d’existence le bilan est mitigé car le pouvoir de cette commission est très limité. Des pays comme le Québec ou l’Allemagne ont de véritables commissions où siègent à parité les élus et agriculteurs avec un pouvoir de blocage des surfaces prisent à l’agriculture. Nous avons donc encore une marche à franchir, que nos élus peinent à admettre.

On ne peut refuser l’augmentation des rendements agricoles par des moyens artificiels (OGM, engrais…) et réduire les surfaces agricoles tout en demandant de nourrir davantage de population.

Lors de création de zones économiques ce sont des emplois à la clé, de la création de richesse, mais sait on sur la surface prise quelle économie, combien d’emplois induits supprime t’on ?

L’agriculture c’est aussi de l’économie !

Il va falloir dans les années à venir changer de modèle d’urbanisation et la densification devra revenir, il faudra aussi abroger ces lois ridicules qui imposent des distances de retraits des routes des zones industrielles, de la création d’espaces verts obligatoires dans les zones économiques, toutes consommatrices d’espace inutilisé.

La prise de conscience est en marche, il faut maintenant des actes concrets et une volonté politique forte.

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