lundi 21 mai 2018

C'est l'histoire du gentil avion libérateur des moustiques et du vilain agriculteur destructeur de la biodiversité.





Le 16 mai j’ai vu avec effarement un reportage au journal de 20H de TF1 sur la destruction des moustiques dans le département de l’Hérault par épandage aérien de milliers de litres d’insecticides.
On y voit donc un avion déversant un pesticide sur des zones humides et des agents avec des quads injectant directement dans l’eau cet insecticide.
Je suis d’autant plus stupéfait qu’en matière agricole l’épandage aérien est interdit depuis 5 ans, que les agriculteurs doivent respecter des distances de pulvérisation avec tout point d’eau et que tous les cours d’eau doivent avoir une bande enherbée d’au moins 5 mètres.
Je me dis on devient complètement fou !!
On retire de plus en plus aux agriculteurs l’usage des insecticides par voie foliaire, on interdit l’enrobage de la semence enfouie sous terre avec quelques grammes de produit et on balance des milliers de litres juste pour protéger les touristes.
Dans un cas on interdit l’usage des produits par des professionnels formés et dotés d’un certificat pour l’usage des produits dans le but de protéger les cultures et donc notre nourriture, et dans un autre cas on détruit toute la faune à grand coup d’insecticide pour protéger les touristes.
En clair ce qui compte c’est se reposer et s’amuser même si c’est au prix d’importations de nourriture
provenant de très loin protégée avec des produits interdits sur notre sol mais qu’on ne voit pas.
A-t-on idée de la destruction et l’empoisonnement des zones ayant reçu ces épandages ? se préoccupent on des abeilles ? des batraciens ? des poissons ? de tous ces insectes détruits ce qui va dérégler la chaine alimentaire ? Mais comment peut on présenter dans ce reportage un gentil avion détruisant les moustiques avec le déversement de son insecticide et dans un autre reportage le vilain agriculteur tuant tout avec son pulvérisateur sans savoir ce qu’il applique vraiment ??
Ceci-dit on a interdit le Gaucho, le Régent ou le Cruiser comme traitement de semence utilisé par enrobage et donc enfouis sous terre par les agriculteurs qui sont des professionnels pour le laisser en vente libre dans les animaleries pour application sur chiens et chats. Ainsi donc toute la petite famille peut appliquer les petites fioles qui représentent l’équivalent de dizaines d’hectares traités, sur le chien et le chat en respirant bien les vapeurs et surtout en le caressant bien après avec des mains qui finiront dans la bouche.
Que dire aussi des diffuseurs d’insecticides ou des bombes aérosols largement utilisés dès que les beaux jours reviennent dans les pièces fermées où il fait bon respirer ces insecticides diffusés à des doses qu’on oserait pas user en agriculture. Il n’y a qu’à voir la pauvre bête se tortiller par terre une fois qu’elle en a respiré pour bien comprendre que ça peut faire beaucoup de bien à nos poumons.
Alors j’adore quand on me dit ou que j’écoute que le bio au moins on n’utilise pas de pesticides. Je suis sûr même que ceux qui vont le défendre seront ceux qui iront en vacances là où a eu lieu l’épandage par avion et qui iront acheter au petit producteur local bio ses bons produits largement aspergés par les vents ayant transporté les insecticides épandus par l’avion.
Et puis même là où il n’y a pas d’épandage aérien il faut savoir que la France a demandé la dérogation à la commission de Bruxelles pour 90 pesticides à utiliser en agriculture biologique, rien que ça il suffit d’aller sur le site E-phy du ministère de l’agriculture pour avoir la liste.  L’utilisation du cuivre nécessaire en agriculture biologique est un métal lourd hautement toxique pour l’homme et encore pire pour la nature. Il n’y a qu’à voir les parcelles de vigne arrachées avec leur sol nu où rien ne pousse durant des années. Vu que la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) est payée au poids, ce sont désormais les agriculteurs biologiques qui très souvent paient les plus grosses sommes. Alors que l’utilisation des pesticides se stabilisent en agriculture conventionnelle elle explose en agriculture biologique. C’est normal puisque la surface augmente tout comme la pression des maladies ou insectes qui sont de moins en moins détruits par l’agriculture conventionnelle. Quand on sait que le BT (Bacillus Thuringiensis) est largement utilisé en bio alors qu’il a été le déclencheur de la guerre contre les OGM, que l’huile de pétrole (oui vous lisez bien…) est permise alors qu’elle est retirée de l’agriculture conventionnelle depuis 15 ans, le soufre (cause des pluies acides) est un élément fondamental du bio, la deltaméthrine insecticide puissant etc…etc….
On est devenu complètement fou, il faut faire plaisir aux bobos des villes le ventre plein avant tout, les pesticides sont bons ou mauvais suivant que vous soyez piqués par un moustique ou non !

mardi 8 mai 2018

Mon discours à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 1945



Nous célébrons ce jour par cette cérémonie patriotique dédiée à la dernière guerre en Europe de l’ouest, 73 ans de paix sur notre sol.
J’aurais pu comme souvent à cette occasion vous dire que nous célébrons la victoire de la France et de ses alliés sur l’occupant nazi, mais je préfère positiver et dire que depuis cette date symbolique du 8 mai, car vous le savez la reddition allemande a eu lieu en réalité le 7 mai, nous vivons en paix sur notre sol.
Nous vivons en paix car à ce jour officiellement aucun pays ne nous a déclaré la guerre et que l’Europe est devenue une unité politique, certes légère, mais au moins aucun pays en son sein ne pense à prévaloir sur son voisin, l’envahir ou discuter ses frontières.
Nous vivons dans une paix fragile. A notre porte et même plus loin la guerre fait rage, parfois ouvertement et parfois sans le dire.
C’est le cas de la frontière entre la Russie et l’Ukraine, la Syrie, l’Irak, le Kurdistan, le Yémen, le Soudan mais c’est aussi de manière induite et pernicieuse une guerre larvée sans frontière et partout à la fois.
Cette guerre faite de terrorisme qui attaque sans armée, sans plan de bataille, sans corps constitué officiellement, partout et nulle part à la fois.
73 années de paix mais pas forcément 73 ans en paix.
Cet armistice signé entre ennemis ayant des généraux à leur tête il y a 73 ans, ne pourra jamais être transposé à une fin du terrorisme car cette guerre est celle des faibles, des lâches des sans repères voués à un fanatisme devenu un choix parce qu’invisible.
Le terrorisme sera toujours l’arme des extrémistes, des antidémocrates, de ceux pour qui la république n’est qu’un arrangement entre hommes, de ceux qui pensent que le débat public n’est qu’une compromission.
Nous vivons sans doute la période de paix la plus longue de l’histoire de notre pays sur notre sol métropolitain.
Nous vivons en paix grâce à l’union des peuples, grâce à l’unité de ceux qui, sur tous les continents ont combattu l’extrémisme, parce que les exactions ne payent jamais et ne font qu’enrichir le terreau du ressentiment.
Alors j’ai envie de vous remercier tous.
Vous les musiciens qui mettez l’éclat et faites entendre la musique de la paix.
Vous les pompiers, les secouristes qui par votre action apportez la paix sur les corps et les âmes meurtris,
Vous les gendarmes et policiers qui faites régner l’ordre pour le maintien de la paix,
Vous les autorités militaires et religieuses garantes de notre paix physique et spirituelle,
Vous mes collègues du conseil municipal qui symbolisez que la paix passe par la démocratie, Vous les portes drapeaux, les anciens combattants qui témoignez que la paix gagne sur la guerre,
 Vous les écoliers et vos maîtres qui savez que la paix s’apprend
Et vous toutes et tous qui êtes ici ensemble pour témoigner de ce besoin de paix et de cette célébration de cet effort dans son maintien chaque jour.
Merci d’être là en ce 8 mai 2018 pour célébrer la paix, celle payée par le sang de ceux tombés en son nom, qui ne savaient sans doute pas en livrant bataille que ce serait pour si longtemps, leur effort jusque dans la mort vaut bien qu’on leur rende hommage en ce jour et qu’on prenne un peu de notre temps pour leur mémoire.
Vive la république, vive la France.

dimanche 29 avril 2018

Nous sommes à la veille d'un Tchernobyl alimentaire



Avant hier la commission de Bruxelles a interdit 3 produits à base de substances néonicotinoides sous la pression des environnementalistes.
Loin de moi l’envie de défendre des produits qui pourraient être toxiques pour certaines utilisations.
Ces produits vont être interdits notamment sur la betterave à sucre qui les protègent de tas d’insectes nuisibles, comme les pucerons, les charançons, la teigne et qui ces derniers propagent notamment des virus pouvant détruire complètement les cultures.
A-t-on déjà vu des betteraves à sucre en fleur ??? Et donc a-t-on vu une abeille butiner une betterave à sucre ??
Le risque pour les abeilles est donc nul.
-En revanche le risque de destruction des cultures est bien réel cela permettra au Brésil ou d’autres pays de nous envoyer du sucre provenant de la betterave ou de la canne à sucre traités à grands coups de pesticides hautement toxiques et interdit chez nous.
-Le gouvernement décide de favoriser l’utilisation du bioéthanol E85 dans les voitures, mais sans production de betteraves ce sera impossible à moins de l’importer, comme c’est prévu dans l’accord du MERCOSUR.
- A savoir en outre que les produits désormais interdits étaient appliqués sur la semence et enfouis pour un risque 0 dans l’atmosphère et pour réduire les doses en quelques grammes par hectares.
On devra donc pour remplacer et si on ne veut pas que les cultures soient détruites, employer des insecticides par application foliaires, en litres par hectares, bien plus dangereux pour tous les insectes mais cependant autorisés.
-Le grand public pourra continuer d’acheter ces néonicotinoïdes en vente libre pour traiter les chiens et chats à des doses transposées en grandes cultures en hectolitres par hectares, avec toute la famille caressant le chien ou le chat après traitement diffusant ainsi les produits directement sur le corps.
-On ne diminuera pas plus la mort des abeilles, dont la raison est bien davantage le varroa cet acarien tueur d’abeille ou la maltraitance des apiculteurs amateurs qui ne savent pas élever des abeilles comme on élève des animaux, en leur donnant à manger l’hiver, en changeant les ruches, en désinfectant les installations. Les abeilles meurent aussi du pollen de l’ambroisie, toxique et que seul le glyphosate peut combattre activement.

Les associations environnementalistes célèbrent ces interdictions comme une grande victoire de la même façon qu’on interdirait tous les progrès de la science en médecine comme la vaccination (je sais hélas les mêmes sont contre la vaccination...) les traitements contre le cancer ou autres traitements permettant de soigner les hommes. On célèbre la science sauf quand elle va à l’encontre des dogmes qui deviennent plus forts.  On est à la veille de dangers sanitaires humains portés par des insectes (moustiques…) qui jusque-là étaient contenus notamment par les insecticides agricoles et on épandra alors comme l’été dernier des insecticides interdits depuis 20 ans par hélicoptères sur les zones contaminées et habitées.

Les entreprises étrangères rachètent des pans entiers de notre industrie agroalimentaire pour importer les process ou les produits comme étant les plus sûrs du monde sanitairement, le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire est un des seuls secteurs excédentaires pour notre commerce extérieur et capable de faire rentrer des devises pour combler le déficit abyssal de la France et on le détruit petit à petit en remettant en cause tous les progrès de la science. On demande à l’UNESCO de reconnaitre notre gastronomie au patrimoine de l’humanité, cette même gastronomie produite depuis plus de 40 ans comme la plus riche du monde.
Le ministre Nicolas Hulot préfère dire bonne chance que bon appétit lorsqu’il se met à table, injuriant par là même ceux qui font des centaines de kilomètres pour venir goûter la richesse et la diversité de notre alimentation produite par nos agriculteurs.
Pendant ce temps là et alors que les agriculteurs de notre pays croulent sous les contraintes en tout genre dont administratives pour avoir le droit de travailler, peinent à se sortir un revenu ou se suicident en silence, on autorise quelques illuminés dans une ZAD à exploiter en toute illégalité et en remplissant le recto d'une seule feuille A4, des terres où devait se construire un aéroport.
Le gouvernement veut promouvoir l’agriculture biologique mais ne sait pas où trouver les millions d’Euros qui manquent pour compenser aux agriculteurs le manque de revenu que les consommateurs ne veulent pas payer pour un produit bio plus cher qu’un produit conventionnel.
Les pays du monde entier qui le peuvent développent leur agriculture avec une croissance à deux chiffres, sur tous les continents et parfois dans des déserts (Ukraine, Russie, Chine, Brésil Arabie-Saoudite, Tunisie, Afrique septentrionale…) trouvant là une source de richesse et un besoin vital pour leur population.
En Europe et plus particulièrement en France on détruit notre agriculture, on la guide sur des rails de la décroissance pour faire plaisir à quelques bobos parisiens, important à bas prix l’alimentation de masse produite à des milliers de kilomètres traités par des produits devenus interdits chez nous, au nom de dogme du ventre plein et d’une agriculture du passé idyllique que pourtant le plus grand nombre a fui en conspuant ceux qui avaient le courage et la passion de continuer à en vivre avec le soucis de nourrir au mieux les déserteurs des campagnes devenus bobos des villes.

Quand le balancier reviendra il sera trop tard et comme le nuage de Tchernobyl, l’alimentation mondiale irradiée de pesticides dangereux et interdits chez nous ne s’arrêtera pas aux frontières de la France avec les mêmes répercussions sur notre santé et pire notre souveraineté alimentaire.

mardi 20 mars 2018

Molécules, perturbateurs endocriniens, pesticides, pollution des villes ou des campagnes?


J’avais promis de livrer quelques résultats d’analyses des micropolluants et perturbateurs endocriniens (PE) traités par la station d’épuration de St Pourçain la seule à posséder un traitement tertiaire en activité réelle.

En effet la municipalité a construit cette station connaissant la charge polluante de notre ville en ayant pour but qu’aucun rejet de nature humaine retourne dans le milieu naturel, les boues de station étant incinérées l’objectif est complètement atteint.

Ainsi je vais livrer quelques données d’analyses qui vont permettre à tous de mesurer la performance de la station et de son traitement des micropolluants, mais surtout de transposer à toutes les autres stations françaises qui elles ne les traitent pas et ainsi de bien mesurer la pollution humaine et les rejets dans le milieu naturel. Au passage une démonstration qu’il n’y a pas que l’agriculture qui pollue et parfois même bien moins car la pollution sortant d’une station étant concentrée sur un seul point.

Ces analyses ont été faites en 2012 avant la construction, 2015 et 2017, désormais nous en ferons chaque année. Ces analyses portent sur une très grande quantité de molécules, je n’en ressortirai que celles les plus significatives ou dangereuses. C’est le laboratoire départemental de l’Allier qui a fait les prélèvements et les analyses. Bien entendu ces analyses sont propriétés de la ville de St Pourçain.



Molécules
2012
2015
2017
En µg/L
Entrée
Sortie Clarif
Sortie
Entrée
Sortie Clarif
Sortie
Entrée
Sortie Clarif
Sortie
AMPA


3,3
3,10
2,10
1,93
6,47
2,37
3,84
Bisphénol A
< 0,5

< 0,5
0,89
0,11
0,28
< 0,02
< 0,02
< 0,02
Ibuprofène
1,7

0,25
3,48
< 0,05
< 0,05
0,3
< 0,1
< 0,1
Carbémazépine
0,05

0,064
1,57
1,54
0,23
0,24
2,19
0,019
Benzotriazole
1,2

1,3
2,85
0,89
0,33
1,6
1,7
0,2
atenolol
0,52

0,99
2,75
0,15
< 0,05
0,268
0,298
0,014
Diclofenac
0,37

0,28
2,55
0,81
0,12
0,15
0,95
0,01
Clarithromycine
< 1

< 1
0,30
0,14
< 0,05
< 0,05
0,108
< 0,05
Furosemide






0,43
0,77
< 0,02
Androstérone






0,35
0,30
< 0,25
Caféïne






0,71
0,39
< 0,02
cotinine






0,563
0,043
0,011
Paracetamol






4,85
0,43
0,10
Paraxanthine






9,07
0,16
< 0,05
Valsartan






0,7
0,5
< 0,1
Metformine






200
< 1
< 1



Il faut bien comprendre dans ce tableau que la « sortie » veut dire après traitement tertiaire qui détruit les molécules, s’il n’y avait pas ce traitement ou les stations qui n’en sont pas équipées, c’est la « sortie clarif » qui veut dire sortie après le clarificateur qui rejette dans le milieu naturel.

Il y a beaucoup plus d’analyses en 2017 car nous avons décidé de faire porter les analyses sur plus de 300 molécules depuis cette date.

A noter que l’AMPA est issue de la dégradation du glyphosate mais ici c’est davantage la dégradation des lessives, car il n’y a pas ou peu d’épandage de glyphosate en ville et c’est désormais interdit.

On voit aussi très bien que le passage en station pour certaines molécules reconcentre la matière active et il est tout à fait probable sans traitement tertiaire d’avoir plus de pollution en sortie qu’en entrée.

Ces analyses ne sont pas inclues dans un protocole scientifique établi, mais elles sont le reflet au moment de l’analyse de la vie normale de tous les jours sans choisir particulièrement de jour mais en évitant que ce soit par temps sec ou de grosses pluviométries et des conséquences de l’activité humaine sur notre environnement.  Nous continuerons chaque année de faire ces analyses pour étoffer notre banque de données.
La conclusion est vraiment de démontrer que l’activité humaine pollue avec parfois des produits dangereux, que certains comme les médicaments pour le cœur ou le diabète sont difficilement inévitables, qu’il convient donc d’avoir des traitements éliminant le rejet en milieu naturel surtout quand dans le cas d’une station le rejet est sur un seul point avec une dilution plus ou moins faible.

dimanche 4 mars 2018

Au delà de leur salon, l'agriculture et la ruralité se meurent.


Alors que le Salon International de l’Agriculture de Paris se ferme avec un nouveau record de fréquentation, nous faisons face soit à une schizophrénie incroyable des français, soit à des médias et un pouvoir qui nous mènent dans une autre direction de leur volonté.

Dès l’ouverture du salon des militants L214 manifestaient devant l’entrée contre l’usage d’animaux pour notre usage humain. Mais alors que venaient donc voir ces français toujours plus nombreux au salon si ce n’est l’excellence des produits agricoles avec une fréquentation la plus forte dans les rangées exposant les animaux rassemblant le meilleur de chaque race dont leur destination est sans ambiguïté dans notre assiette. La file d’attente devant chaque restaurant des différentes races ou produits ne laissait là encore aucun doute. Et pourtant les médias n’ont pas ménagé leur peine relayés par quelques stars médiatiques sur des plateaux de télévision, pour montrer la manifestation de L214 faisant croire à la France entière que c’était presque le seul évènement de l’ouverture du salon. La réalité ce sont près de 700.000 visiteurs contre une centaine de militants.

Que penser de tous ces stands démontrant le meilleur de notre agriculture très largement conventionnelle avec force d’explications sur les pratiques préservant la qualité et le rendement procurant une alimentation saine et sécurisée au consommateur français et étranger. L’agriculture biologique était bien sûr représentée mais par quelques stands au milieu d’autres tout à la hauteur relative de sa présence dans nos campagnes.

Et pourtant nos médias et nos dirigeants ne cessent de défendre une agriculture moins productiviste et plus naturelle, autant dire sans pesticides et décroissante, reléguant la France du 1er au 2eme et bientôt 3eme pays agricole européen et de 3eme à 6eme exportateur mondial.

Ce soir le journal de France 2 pour le lancement d’un reportage sur l’élevage d’insectes comestibles affirme une contre vérité en annonçant la réduction des terres agricoles dans le monde.

Pendant ce temps et en raison de l’embargo européen sur les produits agricoles, la Russie est devenue en 2 ans le premier producteur et exportateur de blé mondial en remettant en culture des millions d’hectares avec un potentiel à venir extraordinaire. La Chine achète des millions d’hectares partout dans le monde y compris en France pour assurer sa sécurité alimentaire. L’Amérique du nord et bientôt toute l’Amérique du sud grâce aux traités du CETA et du Mercosur nous inonderont de produits agricoles bons marchés et produits dans des conditions que nous avons interdites sur notre sol depuis plus de 20 ans. L’Afrique relève la tête et met en place des politiques agraires et agricoles dans les parties centrales de ce continent. Le Moyen Orient riche de son pétrole, met en culture à grands frais ses déserts en asséchant ses réserves en eau à des centaines de mètres sous terre ou dessalant l’eau de mer.

Bref, le monde entier réveille son agriculture, lui donne les moyens d’être plus productive, intensifie sa recherche, augmente le commerce à grand renfort de construction de ports, de silos, d’entrepôts de voies ferrées de routes tandis que les dirigeants européens et particulièrement français abandonnent leur agriculture et le monde rural.

En France contraintes multiples et croissantes à la production, baisse des budgets agricoles, diminution de la recherche qui a été la meilleure du monde, abandon du monde rural en fermant ses écoles, contraignant et limitant ses déplacements par la dégradation des moyens de circulation. Est-ce vraiment la volonté de cette France qui a parcouru les allées du salon durant 7 jours ?

Une fracture se créé entre le pouvoir issu des villes contre ce monde rural et agricole abandonné, laissé pour compte au nom d’intérêts économiques favorisant notre exportation du secteur tertiaire concentré dans les villes.

Je ne crois pas à la schizophrénie des français qui aiment leurs campagnes et pas seulement pour venir en vacances, je désespère juste d’un pouvoir qui abandonne le monde rural qui ressemblera sous peu aux territoires ruraux abandonnés et sinistres de l’Union Soviétique où une centaine de familles par canton travaillaient la terre dans un kolkhoze gigantesque regroupant en interne le pouvoir politique, l’état civil, l’éducation, la distribution du minimum vital, dénué de vie sociale culturelle et spirituelle.

Si nos dirigeants n’y prennent garde, dans quelques années le salon de l’agriculture de Paris deviendra un conservatoire du monde rural, celui qui a nourri la France et l’Europe, vitrine d’un passé qui a fait les belles heures de la France mais qui a abandonné sa souveraineté alimentaire par dogme, par intérêts commerciaux et désintérêt de ceux qui l’habitent.

L’agriculture, la ruralité sont encore une chance pour la France, réagissons avant qu’il ne soit trop tard !

samedi 3 février 2018

Pourquoi le développement de la méthanisation et du biométhane patine.



Alors que Sébastien Lecornu installe le groupe de travail sur la méthanisation il me vient à l’idée d’apporter quelques suggestions basées sur mon expérience de méthaniseur et d’injection de biométhane dans le réseau GRDF, non sans problème, et des échanges que j’ai eus avec des collègues agriculteurs méthaniseurs.

Ma première remarque est qu’en consultant Internet vous pourrez découvrir que des groupes de travail sur le sujet il y en a eu déjà pas mal y comprit en France et que peu de résultats concrets en sont sortis. Je n’ai guère plus d’espoir sur celui installé par le secrétaire d’Etat car les membres le composant sont tous des cols blancs et aucun n’a fait fonctionner par lui-même un méthaniseur associé à son purificateur et le poste d’injection. Cette technologie avant gardiste nécessite pour bien en parler d’avoir eu les mains dans le cambouis au moins quelques semaines pour bien connaitre les aléas tant du montage de projet jusqu’à son exploitation. Il me semblait que pour être un expert il fallait de l’expérience, mais très souvent en France les experts se nourrissent de l’expérience des autres pour se donner le droit d’en parler…

Quant aux objectifs d’être auto-suffisant en gaz en France par la méthanisation en 2050 je le relativise par les mêmes annonces des gouvernements précédents qui fixaient comme objectif 1000 méthaniseurs en 2020, nous en sommes tout peine à 400 aujourd’hui. En 2011 quand nous avons débuté notre projet de méthanisation l’objectif affiché de GRDF était de 100 points d’injection en 2017, il y en a à peine 40 à ce-jours et tous ne fonctionnent pas très bien.

La difficulté vient par expérience de deux facteurs majeurs :

-La méthanisation a besoin de l’agriculture et des agriculteurs pour un point tout simple et bête qu’il faut d’énormes surfaces d’épandage des digestats issus du processus biologique à raison en moyenne de 15T ou m3/hectares, faites le calcul. Au passage certaines unités de méthanisation traitent et donc épandent des boues de station d’épuration qui on le sait sont très souvent chargées en perturbateurs endocriniens avec le risque de les retrouver à terme dans notre alimentation, je traiterai bientôt cela dans un article se basant sur les analyses de la station d’épuration de St Pourçain la plus moderne de France.  

-Des normes trop contraignantes qui rendent le montage des projets dissuasif et un coût qu’aucun industriel n’accepterait car le taux de retour sur investissement dépasse toujours 5 ans et est en moyenne de 8 ans.

L’ADEME a d’ailleurs fait une étude très intéressante intitulée « SUIVI TECHNIQUE, ÉCONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTAL D'INSTALLATIONS DE PRODUCTION ET D’INJECTION DE BIOMÉTHANE DANS LES RÉSEAUX DE GAZ NATUREL » qui date de juin 2017 donc toute récente et basée sur le suivi de 8 unités de méthanisation injectant dans le réseau durant 1 année et dont j’ai fait partie. Cette étude est disponible gratuitement sur Internet.

Sur le premier point qui est le rapport entre la méthanisation et l’agriculture, il est indispensable et n’est absolument pas privilégié dans les mesures favorisant la méthanisation à ce jour.

Or la méthanisation c’est exactement le fonctionnement d’une panse de vache, personne mieux qu’un éleveur peut en parler. Les agriculteurs refusent désormais d’être le réceptacle de l’épandage des déchets de la société et donc il y a nécessité que cette profession porte elle-même les projets pour ne pas être juste des pourvoyeurs de surfaces d’épandage qui plus est de plus en plus soumises à des règles draconiennes en matière de protection de l’environnement, on veut développer la méthanisation mais on restreint les capacités d’épandage. On le sait le plan d’épandage doit se trouver à proximité de l’unité de méthanisation car transporter du digestat brut en masse sur des kilomètres réduit très rapidement la rentabilité économique par sa relative faiblesse de constitution en éléments fertilisants. Une fois éliminées les zones proches des habitations, zones inondables, zones protégées, zone en pente, zones à caractère environnementale et autres zones en tout genre il ne reste souvent que peu de place.

La méthanisation est en même temps un process industriel qui se marie mal avec le système D des agriculteurs qui n’ont souvent que faire des process, seul le résultat compte et beaucoup de fournisseurs de la méthanisation surtout en injection se confrontent durement au bon sens paysan qui n’est inscrit dans aucun manuel d’utilisation. C’est là un domaine où les fournisseurs industriels et distributeurs de gaz ont du mal à s’adapter et devront faire de très gros efforts d’adaptation.

L’agriculture produit aussi des matières indispensables pour la méthanisation que sont soit des déchets soit des cultures mais avec les fortes variabilités que connait l’agriculture en termes de climat, d’épizooties, de maladies ou économiques sur les productions agricoles ce qui corrèle la production d’énergie à l’activité agricole et ses aléas.  La fluctuation des cours des animaux a un impact direct sur le nombre d’animaux et donc de la quantité de leurs déchets par exemple.

En outre l’agriculture va mal économiquement, par conséquent peu d’agriculteurs peuvent se lancer dans une aventure à grand risque économique sans mettre en péril leur exploitation agricole.  

Mais qui d’autre qu’un agriculteur peut être tout à la fois chimiste, biologiste, manutentionnaire, agent de maintenance très souvent 24h/24h sans compter son temps sur des journées sans fin pour faire tourner des unités et tous ceux que j’ai rencontré m’ont avoué passer un temps qui est loin de ce qui était prévu dans l’élaboration du projet.

Sur le deuxième point les normes sont un réel frein au développement de la méthanisation car la méthanisation c’est de la production de gaz à partir de réactions d’organismes vivants. Or comme chacun le sait le vivant est aléatoire. Ainsi pour palier l’aléatoire la réglementation renforce les normes qui renchérissent automatiquement le coût. On demande aux méthaniseurs qui représentent 3% de la consommation française de produire du gaz d’une qualité bien supérieure aux 97% importés en France. On marche sur la tête et aucun pays ne fait la même erreur.

Ces normes rendent le montage de projets tellement difficiles qu’il faut 4 ans en moyenne en France contre 6 mois en Allemagne pour arriver au même résultat, sans compter l’énergie qu’il faut aux porteurs de projets pour arriver à leur fin.

On ne considère pas en France la production d’énergie par méthanisation comme une nouvelle énergie qui nécessiterait de partir d’une feuille blanche, le raisonnement est de l’assimiler aux énergies existantes, de transposer et d’imposer les normes des vieilles énergies. On impose aux méthaniseurs qui injectent du gaz dans le réseau le même raisonnement, les mêmes normes, les mêmes contraintes que l’utilisation du gaz fossile et son traitement dans des terminaux industriels alimentés régulièrement en quantité et qualité.  C’est un peu comme si vous vouliez arroser votre jardin avec l’eau de votre puits en appliquant les normes des stations d’eau potable.

Que va représenter un dixième de PCS ou 1% de méthane en plus ou en moins pour quelques m3 produits dans un réseau alimentant des milliers de foyers ou d’industriels consommant des milliers de m3 ? Au lieu d’adapter les systèmes d’utilisation du gaz par le consommateur final, la réglementation impose au producteur de s’adapter aux hypernormes décidées sur les bases des énergies fossiles dans des instances de régulation parisiennes toutes constituées de personnes ayant fait toute leur carrière dans les vieilles énergies.

Dans son rapport l’ADEME ne s’y trompe d’ailleurs pas dans ses recommandations, je cite : Par ailleurs, pour certains composés mineurs, l'effet de dilution du réseau pourrait également permettre d'alléger les spécifications et la réglementation pour l'injection de biométhane.

En conclusion les solutions pour le développement de la méthanisation sont assez faciles à trouver et n’ont pas besoin de grandes mesures déclarées en fanfare qui n’aideront qu’à la marge.

L’implication forte des agriculteurs aux projets en assimilant des unités de méthanisation à des outils d’exploitations agricoles et non industriels, en diminuant les normes et contraintes ce qui permettra d’abaisser considérablement le coût en permettant le développement d’innovations. N’oublions pas au passage que le changement climatique rarifie la consommation d’eau et la méthanisation est gourmande en eau, il faudra aussi trouver des procédés qui en tiennent compte. Le développement de la méthanisation est possible si on la favorise à petite échelle en proximité des lieux de consommation en diminuant le coût d’exploitation et se reposant sur le milieu agricole.