vendredi 3 avril 2009

Quelle agriculture demain?


Je reviens du congrès de la FNSEA à Poitiers, où nous avons eu 2 jours de débats forts notamment sur la répartitions des aides européennes en France avec les disparités entre les régions.
Mais bien plus que les aides, se sont le revenu qui inquiète les agriculteurs. En effet le prix des matières premières est le même depuis 1990 au départ des exploitations, tandis que le prix sur les étals est de 5 à 10 fois supérieur aux mêmes références des années 1990. De plus les agriculteurs encaissent la hausse des charges comme tous.
Alors les agriculteurs sont de moins en moins nombreux, et le gâteau même diminuant est partagé par beaucoup moins de monde. Mais à ce train là, il ne restera bientôt plus qu’un seul agriculteur par commune.
Que représente les aides Européennes pour les agriculteurs ? C’est en moyenne 233€ par hectare, et parfois 100 voir 150% du revenu. C’est à dire que lorsqu’un agriculteur touche 150€ il ne gagne comme revenu que 100€.
Et pour le consommateur contribuable que représente les aides Européennes ? C’est 100€ par an et par personne pour avoir le droit de se nourrir sans limite et avec une alimentation saine de qualité. C’est 0,5% du PIB lorsque l’éducation en coûte 6% ou la défense nationale 3%.
Le budget de la Politique Agricole Commune pour toute l’Europe à 27 pays c’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale française. Est il moins important de se nourrir que d’apprendre ?
Mais la vrai question qu'il faut se poser c'est combien coûterait l'alimentation sans la PAC et ces 100€ par an et par personne, combien cela coûterai en terme sanitaire, quantitatif et qualitatif?

Et pour notre pays que coûte ou rapporte l’agriculture ? C’est un excédent commercial de 9 milliards d’€ lorsque l’industrie automobile est déficitaire de 3,4 milliards d’€. C’est l’équivalent de 147 Airbus A320, ou encore 273 TGV. C’est aussi 300.000 emplois directs non-délocalisables car liés à la terre. Mais c’est aussi 1,5 millions d’emplois liés directement à l’agriculture.
On le voit bien il est nécessaire de préserver une agriculture en France et en Europe, et il faudra que le consommateur citoyen contribuable se détermine clairement du rapport qu’il souhaite avoir avec l’agriculture, avec les agriculteurs. Il ne sera pas possible demain de nourrir 9 milliards d’individus sur terre sans une prise de conscience véritable de la population. Est-ce que la sécurité alimentaire, est-ce que la souveraineté alimentaire compte pour le citoyen de demain ? Est-ce qu’on doit faire confiance à l’agriculture professionnelle d’aujourd’hui et de demain ? Est-ce que l’aménagement et l’occupation du territoire ont une importance ? C’est à toutes ces questions et à d’autres que la population doit répondre et agir dans ses décisions de consommateur et d’électeur. L’agriculture est bien plus qu’un métier, c’est un choix de société. Il faudra faire ce choix tous ensembles.

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