mardi 8 mai 2018

Mon discours à l'occasion de la cérémonie du 8 mai 1945



Nous célébrons ce jour par cette cérémonie patriotique dédiée à la dernière guerre en Europe de l’ouest, 73 ans de paix sur notre sol.
J’aurais pu comme souvent à cette occasion vous dire que nous célébrons la victoire de la France et de ses alliés sur l’occupant nazi, mais je préfère positiver et dire que depuis cette date symbolique du 8 mai, car vous le savez la reddition allemande a eu lieu en réalité le 7 mai, nous vivons en paix sur notre sol.
Nous vivons en paix car à ce jour officiellement aucun pays ne nous a déclaré la guerre et que l’Europe est devenue une unité politique, certes légère, mais au moins aucun pays en son sein ne pense à prévaloir sur son voisin, l’envahir ou discuter ses frontières.
Nous vivons dans une paix fragile. A notre porte et même plus loin la guerre fait rage, parfois ouvertement et parfois sans le dire.
C’est le cas de la frontière entre la Russie et l’Ukraine, la Syrie, l’Irak, le Kurdistan, le Yémen, le Soudan mais c’est aussi de manière induite et pernicieuse une guerre larvée sans frontière et partout à la fois.
Cette guerre faite de terrorisme qui attaque sans armée, sans plan de bataille, sans corps constitué officiellement, partout et nulle part à la fois.
73 années de paix mais pas forcément 73 ans en paix.
Cet armistice signé entre ennemis ayant des généraux à leur tête il y a 73 ans, ne pourra jamais être transposé à une fin du terrorisme car cette guerre est celle des faibles, des lâches des sans repères voués à un fanatisme devenu un choix parce qu’invisible.
Le terrorisme sera toujours l’arme des extrémistes, des antidémocrates, de ceux pour qui la république n’est qu’un arrangement entre hommes, de ceux qui pensent que le débat public n’est qu’une compromission.
Nous vivons sans doute la période de paix la plus longue de l’histoire de notre pays sur notre sol métropolitain.
Nous vivons en paix grâce à l’union des peuples, grâce à l’unité de ceux qui, sur tous les continents ont combattu l’extrémisme, parce que les exactions ne payent jamais et ne font qu’enrichir le terreau du ressentiment.
Alors j’ai envie de vous remercier tous.
Vous les musiciens qui mettez l’éclat et faites entendre la musique de la paix.
Vous les pompiers, les secouristes qui par votre action apportez la paix sur les corps et les âmes meurtris,
Vous les gendarmes et policiers qui faites régner l’ordre pour le maintien de la paix,
Vous les autorités militaires et religieuses garantes de notre paix physique et spirituelle,
Vous mes collègues du conseil municipal qui symbolisez que la paix passe par la démocratie, Vous les portes drapeaux, les anciens combattants qui témoignez que la paix gagne sur la guerre,
 Vous les écoliers et vos maîtres qui savez que la paix s’apprend
Et vous toutes et tous qui êtes ici ensemble pour témoigner de ce besoin de paix et de cette célébration de cet effort dans son maintien chaque jour.
Merci d’être là en ce 8 mai 2018 pour célébrer la paix, celle payée par le sang de ceux tombés en son nom, qui ne savaient sans doute pas en livrant bataille que ce serait pour si longtemps, leur effort jusque dans la mort vaut bien qu’on leur rende hommage en ce jour et qu’on prenne un peu de notre temps pour leur mémoire.
Vive la république, vive la France.

1 commentaire:

nathalie quentrec a dit…

Très beau discours.
Bien vôtre. NQF