vendredi 7 janvier 2022
mardi 28 décembre 2021
Limagrain et maintenant?
J’avais dit que je reviendrais sur les derniers
évènements au sein de la gouvernance de Limagrain, le calme agricole entre Noël
et l’an y est propice.
La presse locale a titré « une révolution de
palais » j’aurais tendance à rectifier en « un arrangement de
boutiquier ». Ce qui s’est passé n’est pas à la hauteur du 4e
semencier mondial et on voit tout de suite les limites d’une gouvernance dont
la base est une petite coopérative agricole du centre de la France. C’est
d’ailleurs là le paradoxe, d’être capable de gérer une croissance de plus de 50
sociétés dans le monde, donc d’avoir une vision en altitude reposant sur
quelques agriculteurs, dont pour certain la préoccupation se situe sur l’enjeu
d’un big bag d’engrais.
Oui je sais, je ne vais pas faire plaisir à tout le monde
encore une fois mais j’assume mon franc parler.
Cette superbe aventure qu’est Limagrain repose dans les faits sur quelques hommes qui se trouvent là au bon moment, au moment de choix
importants parfois par chance, souvent par volonté de dépassement. Charles De
Gaulle disait « l’action, ce sont les hommes au milieu de circonstances. »
Ce qui vient de se passer est la suite logique de la
fusion entre Domagri et Limagrain en 2010 et qui trouve son aboutissement dans
cette sans doute ultime étape.
Cette fusion a été une erreur, je l’ai assez dit à ce
moment-là, car associant des agriculteurs qui pour la plupart n’avaient rien à
voir ni du point de vue agricole, ni du point de vue de l’histoire syndicale et
politique de l’agriculture locale.
L’assemblée générale qui a entériné cette fusion a permis
à un adhérent de devenir administrateur puis vice-président alors qu’il était une
heure avant un des instigateurs de l’opposition à cette fusion, il paye
aujourd’hui ce retournement de veste aussi rapide que son éviction.
Le résultat est qu’aujourd’hui les activités reprises à
Domagri n’existent plus, hormis quelques silos, la partie élevage et approvisionnement
ont été cédés à une structure privée et Limagrain qui a gardé le nom de
l’ensemble est revenue à ce qu’elle faisait avant la fusion, les semences et
les métiers des grains et de la collecte. Tout ceci s’est fait au prix de
millions d’Euros gaspillés alors que bien d’autres solutions moins onéreuses
étaient possibles.
C’est l’exemple même d’une vision à court terme et locale,
de la part de dirigeants capables en même temps de rivaliser avec les n° 1 mondiaux
de la semence.
Le choix de la vente ou du conseil imposé par la loi
Egalim a été le détonateur final, le prétexte des court-termistes contre les
visionnaires, la relativité en importance du big-bag d’engrais disponible à sa
porte, contre l’enjeu d’une société de semence ailleurs dans le monde.
Des anciens administrateurs, pour la plupart de Domagri
issus de la fusion, ne pouvaient pardonner de ne plus avoir ce big-bag
d’engrais apporté par leur coopérative, alors même qu’ils ont été les
fossoyeurs d’une structure qui aujourd’hui aurait permis de leur vendre. Sans
la fusion nous aurions aujourd’hui la vente ET le conseil, 1+1 a toujours fait
plus qu’1 tout seul, même plus gros.
Certes cette décision du choix entre le conseil et la
vente a été à mon avis prise un peu trop rapidement, il y avait un vide
juridique dans la loi dans le cas précis de Limagrain qui permettait de
négocier avec l’Etat voire de surseoir durant quelques temps.
Pour certains il devenait impensable de laisser vendre ce
big-bag par des concurrents sur le terrain qui viendraient hors du département
du Puy-de-Dôme.
De la part d’une
coopérative qui use de la concurrence pour vendre de la semence partout dans le
monde je trouve cela assez schizophrène et l’hypocrise va même jusqu’à craindre
une avancée territoriale d’une coopérative de l’Allier, alors qu’au moins un
quart des adhérents de Limagrain s’approvisionnait déjà auprès de cette
coopérative avant la loi Egalim et pour certains même par des groupements
d’achat.
Le départ du directeur général il y a un an avait déjà
été le fusible qu’avait été obligé de faire sauter le président pensant
éteindre le feu, mais sans avoir mouillé les braises, se privant au passage d’une
compétence remarquable, attaché à la cause coopérative.
Bref par une campagne électorale bien orchestrée dans
cette subtilité qu’est le fonctionnement de Limagrain par un scrutin censitaire
à trois tours, il était difficile et quasiment invisible jusqu’au dernier
moment de connaitre la volonté des instigateurs n’ayant fait aucune déclaration
de leurs intentions à la différence en 2010 de deux camps qui s’affrontaient
publiquement.
Tout s’est fait sans un mot, sans aucun reproche sur
l’équipe en place, sans aucune contestation sur les choix du conseil
d’administration, juste un règlement de compte entre quelques-uns prenant en
otage l’ensemble des adhérents sans leur soumettre un quelconque choix.
C’est d’ailleurs ce qui me gêne le plus en tant
qu’adhérent et je sais aussi d’un très grand nombre de mes collègues, que lors
de mon vote personne ne m’ait proposé un choix, une alternative, des
différences dans la gestion, mon vote a été utilisé sans mon avis puisqu’à ce
moment aucune autre vision du conseil d’administration n’a été proposée. A ce
jour une partie du conseil d’administration a été viré sans que personne ne nous
ait expliqué pourquoi officiellement, cela me gêne beaucoup dans un système
démocratique et d’un manque total de transparence qui est pourtant la base du
fonctionnement de la coopérative. Il ne faudrait pas être surpris si dans
quelques temps ceux qui ont agi de la sorte partent par la même voie, je doute
d’un accord tacite majoritaire des adhérents à long terme, la voie est montrée pour
que la démocratie s’exerce, même sans raison avouée.
C’est donc l’arrangement de quelques-uns, actifs mais
aussi retraités tirant de vielles ficelles, voyant d’un mauvais œil un
président compétent mais ayant le défaut de ne pas être « du sud », ce territoire voulant compenser le manque de richesse de son sol par une main mise sur l'exécutif.
Il faut savoir qu’à Limagrain, Ennezat c’est le grand
nord, quant à Gannat ou St Pourçain c’est le pôle Nord, des gens infréquentables,
sauf pour fournir des engrais ou des produits de défense des cultures à moindre
coût.
Un président a été choisi, sans doute parce qu’il est le
dernier des dirigeants ayant plus de 10 ans d’ancienneté, c’est d’ailleurs le
point faible des dirigeants à venir, de très nombreux jeunes au sein du conseil
d’administration qui auront sans doute de l’expérience dans quelques années. Cela
n’enlève en rien ses compétences et son expérience mais le voilà bien seul
aujourd’hui alors qu'il espère ce moment depuis longtemps.
Le renouvellement du conseil d’administration depuis
quelques années a privilégié la jeunesse, c’est très bien mais c’est sans
compter les accidents de parcours possibles et le temps nécessaire à s’y consacrer
souvent difficilement compatible avec un début de carrière sur sa propre
exploitation.
La gouvernance dans une coopérative agricole est un
chemin de rencontre entre des dirigeants salariés formés de longues années dans
de grandes écoles, avec des agriculteurs que seuls l’expérience, le temps à y consacrer et le bon sens
compensent le plus souvent.
Je me pose la question de savoir si chez Michelin un tel
phénomène aurait pu exister, si un président aurait pu être viré pour ne plus
permettre que les pneus de sa voiture soient produits à Clermont-Ferrand.
Le nouveau président priorise les filières existantes et
futures localement, je ne voudrais pas qu’il oublie non plus que l’an dernier
les adhérents ont bénéficié d’un plutôt bon revenu, malgré le très mauvais
résultat de la coopérative locale, grâce à l’apport conséquent de dividendes au
niveau mondial, j’attends donc de voir la vraie différence de gouverner.
Si l’eau sera bien la clé de tout en Limagne, il reste
encore quelques années avant que des solutions ne voient le jour s’appuyant par
nécessité sur la taille mondiale du groupe.
A la veille d’une crise alimentaire mondiale, je ne
voudrais pas que notre coopérative privilégie le repli sur soi et le manque
d’ambition qui en fait sa force et son originalité car ce sont rarement les
ambitions personnelles qui font les ambitions collectives.
Je me demande encore comment se serait passée la Réunion
Générale d’Information, cette grande réunion de famille, que la COVID a opportunément annulé.
samedi 4 décembre 2021
jeudi 11 novembre 2021
Mon discours à l'occasion de la cérémonie du 11 novembre
Il y a 103 ans en arrière, à 5h15 du matin, le représentant du gouvernement allemand appose sa signature au bas d’un document qui marquera le cours de l’Histoire. Après 4 ans cauchemardesques, les canons se taisent enfin. A 11 heures, le son des cloches résonne dans toutes les villes et les campagnes de France, laissant exploser de joie la population. Après quatre années d’un conflit aussi ravageur que meurtrier, c’est un trait à l’encre noire qui vient mettre fin à cette guerre, l’Armistice est signé.
Pouvez-vous seulement imaginer le
sentiment des soldats mobilisés, qui se battent depuis quatre longues années repoussant
les limites humaines, sur terre, sur mer et dans les airs. Pouvez-vous imaginer
l’espoir des familles au son retentissant des cloches, qui portent avec elles
toute l’allégresse d’un peuple enfin libéré de l’angoisse de la mort ?
Le 11 novembre marque la fin d’un calvaire où une jeunesse a été lancée « dans cette aventure navrante qu’on a appelé la guerre » comme le résumait Jean Renoir, réalisateur de la Grande Illusion. Le 11 novembre signe avant tout, la Victoire de la Paix.
Nous sommes réunis aujourd’hui autour du Monument aux Morts, non pas pour comprendre le pourquoi d’une telle boucherie mais parce que le monument aux morts de chaque commune française est là pour nous rappeler de tous ceux qui ne sont jamais revenus.
Derrière chaque nom inscrit, il y a une
vie humaine détruite, souvent jeune, une famille brisée, une partie de la
France qui a disparu. Il nous appartient d'entretenir le souvenir de toutes ces
victimes et nous savons pertinemment que ne suffisent pas pour cela, les très
longues listes de noms gravés dans le marbre.
Il nous appartient d'aller plus loin, en associant au souvenir des victimes, la connaissance des causes, et des conséquences de ce conflit. C'est un devoir pour notre mémoire collective et donc pour l'avenir de nos enfants que de se montrer dignes de leur souvenir.
La révision de l’organisation des cérémonies que j’ai souhaité à partir d’aujourd’hui, pour l’ensemble des grandes commémorations va dans ce sens. Cette configuration respecte au plus près le protocole officiel afin d’une part, mettre à l’honneur les vivants, dont les médaillés militaires que je tiens à saluer, et d’autre part, rendre hommage à la mémoire des victimes, avec le respect qui leur est dû.
Winston Churchill disait : « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », par ces mots il souligne tout le sens de notre présence ici, afin de se remémorer des événements marquants. C’est aussi et surtout, l'occasion de songer à notre futur, à la manière de l’envisager avec sérénité, dans la paix.
Celle-ci ne se décrète pas, elle se construit. C’est donc le vœu que j’exprime devant vous, que nous puissions à tout jamais nous réunir, comme nous le faisons aujourd'hui, pour continuer à construire et célébrer cette vraie victoire qu’est la paix.
Parce qu’elle ne dépend finalement que
de nous, il convient d’enseigner aux jeunes générations que la paix régresse
quand se renforce la haine de l’autre, qu’elle s’affaiblit d’une compétition
absurde entre les peuples et, pire encore, qu’elle disparaît quand la soif de
vivre ensemble et de construire un monde de fraternité et de progrès
s’amenuise.
Rappelons ensemble, toujours, face à celles et ceux qui appuient leurs discours et leurs actes sur les relents de la haine de l’autre, de terreur et de la Guerre, que la France est notre berceau républicain.
Vive la Paix, Vive la République, Vive
la France !
mardi 2 novembre 2021
lundi 11 octobre 2021
lundi 27 septembre 2021
Honneur aux 138 Bourbonnais morts en Afrique du Nord
Monsieur le Président,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et messieurs les
parlementaires
Officiers, Sous-Officiers,
Hommes du rang
Mesdames et messieurs les élus et vous toutes et tous familles ou amis par devoir ou par sympathie du monde des anciens combattants.
Alors que nous retrouvons
un semblant de vie normale c’est pour honorer ceux qui l’ont perdu que nous sommes
ici aujourd’hui.
Ces Bourbonnais nous ne
les oublions pas et même l’an dernier peu nombreux nous ne les avons pas oubliés.
Partout dans notre
département ils restent présents dans notre mémoire, mais à St Pourçain plus
qu’ailleurs au cœur de notre ville matérialisé par ce monument et pour de
longues années.
Aux 138 tombés au champ
d’honneur, à leurs camarades ici présents, à leurs familles, à ceux qui n’ont
pu nous rejoindre aujourd’hui, à ceux revenus mais que l’âge ou la maladie nous
ont enlevé, j’exprime une fois encore ma reconnaissance, celle des St
Pourcinois pour avoir été défendre sur une partie du sol français le maintien
de notre république selon les lois de notre pays.
Ma génération qui n’a pas
connu de guerre sur notre sol n’a pas à juger des décisions prises au cours de
ces années de conflit et je laisse aux historiens le soin d’établir la vérité
ou les vérités puisque nous voyons bien qu’il existe plusieurs interprétations
des actions et des dates de cette époque.
Mais le devoir de mémoire
n’est pas aidé lorsque les hommes qui se succèdent au pouvoir suprême de notre
république, se mêlent de l’histoire par des décisions successives d’honorer les
combattants à des dates différentes ou plus récemment de s’excuser envers les
adversaires d’alors et en même temps de rendre hommage à ceux d’entre eux qui
ont fait le choix de la France plutôt que de leur sol natal.
Je veux espérer pour ceux
encore plus jeunes que moi et ceux qui viendront après, que les messages en
faveur du souvenir, soient clairs pour être compréhensibles et dénués de toute
interprétation partisane.
Car du passé nous avons
besoin de son enseignement, afin d’éviter de répéter les mêmes erreurs, celles
de se diviser et se battre, la tentation et les prétextes sont si forts et de
plus en plus prégnants pour qu’au dialogue se substitue la violence, qu’à la
paix se substitue la guerre.
Les extrêmes qui
s’opposent dans leurs discours, finissent toujours par se retrouver dans les
actes mettant en danger les démocraties, utilisant même contre elles les armes
sensées les protéger.
Nous sommes heureux et
fiers de nous retrouver ici chaque année et de ce marbre couché dont on couvre
les corps après la mort, vous en avez fait un monument debout et vivant pour
qu’il transmette votre mémoire à travers les générations.
Cette année la joie de
nous retrouver ici ne sera pas complète, pour nous protéger, pour vous protéger
l’amitié ne trinquera pas, acceptez que mes mots portent à chacun d’entre vous la
force de la fraternité et se substitue par défaut, à ce vin d’honneur que nous
aimons tous.
Je vous remercie.
samedi 4 septembre 2021
Petite histoire politique et syndicale à Mont sur Rivière
Je vais vous raconter une petite histoire sur le syndicalisme et la politique dans une petite ville rurale que je nommerai Mont sur Rivière. N’y voyez absolument aucune ressemblance ou rapprochement avec des faits ou personnes existants ou ayant pu exister, ce serait une pure coïncidence.
Un jour de fin d’été 2019 le journal local qui s’appelait
La Plaine, titrait « le syndicalisme fait son entrée dans la ville ».
Il se trouve que cette petite ville est gérée pour son
plus grand bien par la droite politique depuis 1983 et 2020 s’annonce comme un
tournant avec la transition entre deux équipes.
La gauche à cette occasion prendrait bien ce petit
bastion et pour ce faire envoie un grand monsieur de la ville, un homme ayant
fait de hautes études dans l’administration à Paris, ayant été plusieurs fois
conseillers de ministres, ayant participé à la gestion de la grande province
des Monts d’Auvergne et ayant même été représentant du peuple à la chambre
basse. Autant dire qu’il n’allait faire qu’une bouchée du candidat de droite,
agriculteur de métier, n’ayant fait que l’Ecole Nationale d’Agriculture locale,
un peu rugueux au premier abord mais sachant bien compter pour les sous de ses
concitoyens.
Le monsieur de la ville pour mettre toutes ses chances de
son côté s’accoquina les services d’un agent municipal qui veillait au bon
stationnement des automobiles et du passage des enfants des écoles sur les
passages piétons.
Cet agent avait en 2018 tenté sous les couleurs d’un
syndicat orange de constituer une liste syndicale lors des élections des
personnels municipaux mais sans doute par manque d’expérience et de candidats
avec lui, il avait falsifié les papiers ce qui avait été rejeté par le maire de
l’époque.
Cela ne l’a pas empêché de faire la campagne municipale aux
côtés du monsieur de la ville, même sous son bel uniforme et pendant le
service, il allait vers les personnels de la ville, les habitants de Mont sur Rivière
surtout les jours de marché, porter la bonne parole et dire pour qui il fallait
voter, utilisant même un compte de réseau social ayant un rapport avec les
boucs.
Les élections sont donc arrivées et trois listes se
présentèrent aux suffrages des Rivièremontais, ce qui n’était jamais arrivé
depuis fort longtemps, celle de l’agriculteur de droite, celle du monsieur de
la ville de gauche et une troisième qui avait été initiée par un avocat de la
province, toujours très joyeux et bien habillé mais qui pour des raisons
professionnelles avait dû renoncer au dernier moment en laissant sa place à la
fille d’un ancien industriel de la ville, venant elle aussi de la capitale
provinciale.
Comme c’était prévisible le maire sortant de droite a été
largement élu dans un contexte un peu bizarre dans lequel une mauvaise grippe
avait fait peur à beaucoup de monde dans la ville le jour du vote.
Le monsieur de la ville ne fût pas content du tout
d’avoir perdu, si bien que vexé il demanda au tribunal provincial de lui donner
raison, comment lui un monsieur qui a fait les lois, qui avait connu tous les
ministres depuis le siècle précédent avait perdu contre un paysan ? c’était
impensable ! Malheureusement le tribunal comme les électeurs lui donna tort.
Le monsieur de la ville avait plus d’un tour dans son sac
et avec son expérience de Paris il savait comment manipuler les gens et
particulièrement avec l’aide des syndicats. Il en avait d’ailleurs beaucoup usé
avec l’agent de la ville du syndicat orange.
Mais le maire quelques jours après son élection commença
à ouvrir les placards, les tiroirs de son prédécesseur et trouva des choses
fortes intéressantes sur l’agent du syndicat orange.
Il trouva notamment que cet agent avait utilisé des
décharges syndicales durant son temps de travail, c’est-à-dire des heures
payées par les Rivièremontais pour faire du syndicalisme, pour plus de 200
heures sur 18 mois sans autorisation et avec une fausse signature de son
syndicat. Il avait aussi fait la campagne du monsieur de la ville sur ce temps
syndical. En même temps qu’il était employé de la ville il cumulait un emploi à
durée indéterminée dans un club sportif, avec un gros salaire sans autorisation
du maire ce qui est formellement interdit dans la fonction publique et même il donna
des cours pendant son temps de travail et son temps syndical, ce qui revenait à
ce qu’il soit payé par les Rivièremontais et les adhérents du club de sport en
même temps. C’était suffisamment grave pour que le maire saisisse la justice qui lui donna raison en condamnant l'agent à rembourser la commune de son salaire passé au club sportif.
Très énervé que le monsieur de la ville qu’il soutenait
ait perdu, l’agent entra un jour dans le bureau du nouveau maire en furie pour
lui dicter ce qu’il devait faire avec les agents bloqués par cette mauvaise
grippe, alors que lui-même restait payé chez lui et touchait même la prime
d’inactivité pour ne pouvoir travailler dans son club sportif.
Il faut en convenir cet agent était très malhonnête, peu
respectueux du syndicat ni des travailleurs qu’il défendait, au point que des
dirigeants du syndicat orange s’était déplacés de Paris pour l’entendre et
rencontrer le maire.
Ce dernier décida au début de son mandat de changer
d’affectation cet agent, car il ne le trouvait pas très efficace à gérer le
stationnement des voitures, pour lui donner une tâche très utile à la propreté
de la ville.
En conseil municipal le monsieur de la ville furieux
qu’on touche ainsi à son petit protégé s’insurgeât et demanda le vote à
bulletin secret prétendant une chasse au diable et bien qu’avec tout son groupe
il vota contre en soutien à l’agent, la décision fut tout de même actée,
d’autant plus que les collègues de l’agent avaient voté favorablement pour
cette mutation préalablement en conseil social.
Mais voilà que l’agent, sans doute touchée par la
mauvaise grippe, tomba malade et on ne le revit plus au travail durant de très longs
mois, heureusement il pouvait vivre chez lui sur ses indemnités qu’on donne aux
malades sans rien faire.
Par un beau jour du printemps suivant il revint au
travail, coïncidence en même temps il déclara sa candidature pour être
conseiller à la capitale départementale avec le monsieur de la ville, pas sur
le même territoire mais avec le même parti politique. Mais en plus l’agent
présenta en même temps sa candidature pour être conseiller à la capitale de la
grande province contre son maire lui-même candidat.
C’était chose claire, l’agent pas très vertueux voulait
mettre en œuvre ses mauvaises pratiques, et tartufferies en collaborant avec le
monsieur de la ville très manipulateur, sous le parti politique de la défense
des travailleurs, des fonctionnaires et de la nature.
Heureusement les électeurs pleins de bon sens
n’accordèrent leur confiance ni à l’un ni à l’autre et chacun dû aller chez le
tailleur s’acheter le haut d’un nouveau costume.
Mais le monsieur de la ville lui n’était toujours pas
content d’avoir perdu les élections municipales et au tribunal, il avait avec
lui sur sa liste des gens qui faisaient partie d’un autre syndicat, le rouge, pour
en découdre avec le vilain maire de droite.
Ils avaient repéré qu’un autre agent de la ville venait
d’arriver de la capitale provinciale et avait occupé des responsabilités dans
ce syndicat rouge. Les anciens de ce syndicat rouge qui faisaient partie de la
liste du monsieur de la ville le connaissait bien. Il y avait là deux anciens
travailleurs qui avaient beaucoup peiné tout au long de leur carrière, l’un
avait travaillé dans la compagnie électrique nationale et l’autre avait trié le
courrier aux services des postes et télécommunications en ayant un petit job de
correspondant de presse.
Mais fin de la première partie. Je vous raconterai la
suite dans quelques temps autour de ce syndicat rouge, une histoire de
bibliothèque, la venue d’un monsieur à grosses moustaches, un syndicaliste qui
aimait beaucoup les petits enfants et plein d’autres choses avec les
syndicalistes locaux du syndicat rouge.
lundi 30 août 2021
Vers un changement de civilisation en occident...
Le retrait des USA d’Afghanistan marque une étape de plus
vers un changement de civilisation à l'échelle de notre planète.
Depuis que l’homme règne sur terre les civilisations se
sont succédées et toujours, toujours ce sont les religions et croyances qui ont
contribué à ces changements.
Les civilisations se sont succédées de tous temps et
parfois concomitantes sur des territoires éloignés, les moyens de communication
et de déplacement modernes permettent maintenant la possible prédominance d’une
civilisation au niveau mondial.
Aujourd’hui on peut dire que c’est la civilisation occidentale
qui règne majoritairement sur le monde, longtemps axée autour de la religion judéo-chrétienne
avec des variantes et aussi des exceptions comme une bonne part de l’Asie qui comporte
tout de même la population la plus nombreuse.
Le XXe siècle aura été un tournant avec l’industrialisation
et le besoin d’énergie autour du pétrole.
Cette énergie fossile se trouve majoritairement dans des
pays qui sont des déserts avec des populations qui ont longtemps été nomades
mais qui par cette manne venue du sous-sol se sont bien sédentarisées et ont su
profiter de l’argent pour améliorer leurs conditions de vie et constituer des
unités politiques organisées.
Ces pays sont aussi porteurs d’une religion, l’islam, qui
peut avoir des interprétations rigoristes ou tout du moins qui peut servir à
des fins extrémistes, même si globalement comme toutes les religions elle est
essentiellement vectrice de paix, ce sont les interprétations des hommes qui
peuvent la détourner de sa mission première, comme pour la religion chrétienne
au temps des croisades et des guerres de religions sur le bassin méditerranéen
et européen.
Aujourd’hui donc pour différentes raisons mais pour une
essentielle qui est la revanche de peuples longtemps opprimés et exploités par
les occidentaux, l’islam dans les mains de quelques tribuns veut s’imposer sur
le monde occidental principalement.
En parallèle, le monde occidental n’a plus besoin de
religion qui comme chacun sait profite surtout sur la misère des gens, la
société de consommation a remplacé le besoin spirituel et le peu de gens qui en
ont besoin en dehors de ceux qui ont encore vraiment la foi, se trouvent des
dieux au travers de l’écologie, les animaux et les joueurs de foot, les
islamistes ont d’ailleurs bien compris ce dernier phénomène.
Ainsi donc les USA et les pays occidentaux battent en retrait
en Afghanistan comme l’ont fait il y a 40 ans les Soviétiques rendant à l’Islam
intégriste ce pays pourvoyeur de terroristes entrainés dans des camps financés
essentiellement par l’argent du pétrole, en l’occurrence le Qatar qui fournit
aussi des dieux footballeurs aux occidentaux.
En outre l’Afghanistan est un très gros producteur de
pavots qui est une des premières ressources dans la fabrication des drogues,
ces mêmes drogues qui sont envoyées en occident pour faire oublier aux blancs désœuvrés
leur mal-être et qui rapportent beaucoup, beaucoup d’argent aux différentes
filières très proches de l’Islam.
On le voit bien l’Islam sous différentes formes fourni à
l’occident, la drogue (cette même drogue qui sert à payer des armes) les clubs
de foot et leurs dieux footballeurs, des Imams en utilisant même des financements
sociaux qui permettent à ces derniers et tous ceux qui fréquentent les mosquées
d’être rémunérés, soignés sans travailler et sans autre revenu.
Un dernier détail m’a fait bondir et finir de me
convaincre de la décadence de l’occident, de la fin de notre civilisation et de
l’avènement de celle guidée par l’Islam.
En Californie un trouple d’homme a décidé d’avoir un
enfant par une mère porteuse. Si vous n’avez pas bien compris cette phrase
voici l’explication : trois hommes homosexuels formant un foyer dans l’impossibilité
d’avoir un enfant naturellement, ont choisi une mère porteuse payée pour faire
cette tâche afin de recevoir par insémination la semence d’un des trois hommes
tirés au sort. Cela pourrait être tout autant de trois femmes, mais à chaque
fois du même sexe. Je ne juge pas, je m’en fou presque, j’analyse juste cela
statistiquement en comparant trois hommes qui élèveront un enfant et un
polygame islamiste qui avec plusieurs femmes différentes aura des dizaines d’enfants
à lui tout seul. Mathématiquement par les seules données démographiques on se
rend vite compte que dans un cas un mode de civilisation va vers l’extinction
et l’autre vers l’accroissement exponentiel.
Quelques parties de la planète vont résister
temporairement à ce phénomène, essentiellement des dictatures ou des régimes
autoritaires, la Russie, mais aussi la Chine propriétaire de la dette des occidentaux
qui sert à payer leur modèle social du non-travail et qui s’entend bien avec l’Islam
sur le partage des ressources minières et agricoles indispensables pour nourrir
son peuple et produire des biens de consommation aux occidentaux.
Impossible de résister à ce changement inévitable, les
occidentaux ne sont plus prêts et surtout ne souhaitent pas s’opposer à ce
phénomène.
On le voit l’extrême gauche en France est de collusion
avec l’Islamisme politique qui petit à petit présente des candidats aux
élections ouvertement sous des étiquettes religieuses, c’est aussi le cas dans
d’autres pays.
Encore une fois par ce texte je ne juge pas, je ne donne
pas d’avis, j’analyse juste une situation et fais des constats avec le
principal qui est qu’il faut nous nous préparer à adopter dans quelques
dizaines d’années, peut-être moins, à un changement de civilisation qui passera
par un rapport plus étroit avec la religion islamiste.
Il n’y a plus de prêtres chrétiens dans nos églises et
temples qui ferment les uns après les autres. Il y avait un curé par église et une église
par village il y a 100 ans, désormais il faut un curé pour 30 clochers et
certaines églises sont transformées en bâtiments laïcs, en parallèle il se
construit des tas de mosquées dans les villes, souvent financées par des pays
étrangers.
Contrairement à ce qu’on peut penser l’immigration ne
joue qu’un rôle très faible dans ce phénomène, l’argent de l’Islam dans les
banlieues est bien plus puissant et bien plus efficace, quelques grammes de
drogues et un match de foot suffisent à détourner la tête, distribués par des
hommes dont la religion interdit l’alcool et la drogue.
Quelques attentats par les fous d’Allah permettent aussi
de tenir en respect les occidentaux devenus affolés par le moindre risque ou le
moindre mort.
L’occident a-t-il le pouvoir, les moyens ou la volonté de
résister ? L’Afghanistan est la démonstration même que sa population ne
voulait pas de l’occident, elle ne voulait pas de son mode de vie et malgré la
Charia elle préfère un pouvoir islamiste, comment expliquer sinon la
récupération politique de ce pays par les talibans, sans une connivence forte
de la population et de ceux qui détenaient des postes à responsabilité.
Nous aurons la même chose en occident c’est une question
de temps.
dimanche 8 août 2021
Je suis inquiet....
Pour la première fois depuis que je travaille et que j’assume des responsabilités politiques je suis inquiet sur l’avenir de notre société au point de penser que nous avons dépassé un point de non-retour, en particulier sur nos activités, notre travail et ce qui sert de rémunération et donc de permettre de vivre en société.
Voici quelques exemples récents pour étayer mon
sentiment.
Tous les ans en été j’embauche des jeunes, souvent
lycéens, pour faire la castration des maïs, c’est une tâche qui est pratiquée
depuis plus de 60 ans, un petit job d’été pas très pénible, au milieu des
champs dans plutôt une bonne ambiance où les jeunes se retrouvent durant une
dizaine de jours tous les matins.
Cette année 127 ce sont inscrits avant le 10 juillet,
quand nous avons convoqué le 27 juillet seulement 64 se sont déclarés libres et
intéressés pour venir. Certes il y en a quelques-uns qui avaient trouvé un
autre job, d’autres dont les dates ne correspondaient plus pour diverses
raisons familiales valables, mais plus de 30 ont répondu favorablement sans
jamais se présenter le matin d’embauche.
Deux jours après l’embauche au moins 5 ne sont pas
revenus sans forcément donner de raison, sauf un ou deux pour qui « ce
travail n’est pas fait pour eux » ou « c’était une expérience
intéressante mais trop fatigante » etc...
Le 8 août fin du travail, seulement 38 bulletins de paye à
faire pour ceux qui sont restés jusqu’au bout c’est-à-dire 8 demi-journées de travail,
le bagne.
Dans les 64 qui se sont présentés j’estime à une vingtaine,
ceux qui sont venus pour travailler sérieusement et dont le salaire était la
motivation de leur engagement.
Tous les autres sont venus souvent parce que les parents
les y ont obligé, mais sans aucune conviction et comment en avoir lorsqu’au
bout des rangs en pause, ces gamins exhibent des téléphones portables qui valent
deux fois la valeur du salaire qu’ils pourront avoir. Ils ne viennent plus comme
je l’ai connu depuis 30 ans avec l’objectif de se payer des vacances ou un vélo
ou des fringues, ils ont déjà tout sans aucun effort.
En deux ans le changement est radical, je le constate
avec cet exemple mais bien davantage autour de moi dans mes différentes
fonctions.
Les aides sociales plus élevées que les salaires ne
récompensent plus le travail, les congés maladies donnés à la pelle par le
monde médical pris en charge par la sécurité sociale, les astuces sociales ont
dénaturé le fait de peiner pour gagner de l’argent, c’est bien connu ceux qui
travaillent aujourd’hui paient pour ceux qui ne travaillent pas avec des
revenus bien supérieurs des seconds par rapport aux premiers. Et si par malheur
un ingénieux travailleur fait fortune il est immédiatement décapité sur l’autel
de la jalousie.
La moindre contrariété dans le travail est devenue
prétexte à un congés maladie sans aucune remise en cause personnelle, c’est
forcément la faute de l’employeur ou du supérieur, le salaire n’importe plus,
le travail n’a plus d’importance, ce qui compte c’est d’avoir un revenu en
travaillant le moins possible, pour alimenter une société de consommation dont
les produits viennent de pays où les enfants sont exploités pour les fabriquer.
Les derniers mohicans qui continuent de travailler le
font avec toujours davantage de contraintes normatives et réglementaires pour
protéger ceux qui ne travaillent pas, protéger les biens de consommation dans
une société qui n’accepte plus le risque, ce fameux principe de précaution.
Alors oui je suis inquiet, car parmi les 64 jeunes qui
sont venus travailler, je crains que seulement une vingtaine demain ne soient
des travailleurs consciencieux qui fassent vivre les 64, mais je doute qu’il
soit possible de revenir en arrière et que les 64 se mettent réellement au
travail pour construire une société prospère et solidaire, je ne crois plus au
sursaut et j’ai peur d’un éclatement violent.
La faute ne leur en revient pas, mais à celle de tous nos
dirigeants politiques, surtout de gauche, qui n’ont cessé de dévaloriser le
travail pour flatter un électorat à qui on fait croire depuis 40 ans que l’argent
est facile d’où qu’il provienne.
Heureusement j’exerce une profession primaire qui peine
de plus en plus par l’excès de normes, par un climat devenu fou, en travaillant
toujours davantage explosant tous les compteurs horaires, mais qui sera
toujours nécessaire car pour vivre la nourriture et l’eau sont l’essentiel,
trop meurent de faim tous les jours dans le monde pour nous le rappeler, la passion,
l’amour du travail prime bien souvent sur les revenus dans ce métier.
Alors je suis inquiet, inquiet pour notre société en
plein délitement devenue de plus en plus violente mais plein d’espoir quand de
gré ou de force tout reviendra aux fondamentaux, pour y arriver il y aura
alors des pleurs et des grincements de dents.