vendredi 31 juillet 2015

Sioule-Biogaz, pré-bilan du projet.


Il y a longtemps que je ne me suis pas exprimé sur notre projet et je vais le faire sommairement en promettant d’être beaucoup  plus explicite et en donnant les bons et mauvais points à ceux qui ont participé à ce projet à notre côté. Mais pour cela il va falloir attendre un peu car une procédure judiciaire est en cours suite au sinistre du 23 mars 2014 par l’explosion d’une cuve, et la partie adverse se sert de ce que je peux écrire ici pour décrédibiliser nos actions et notre bonne foi. 

A ce jour l’unité fonctionne est en phase de rodage afin d’affiner les réglages et de pallier toutes les imperfections qui ne peuvent se découvrir qu’en fonctionnement. C’est beaucoup, beaucoup de temps passé chaque jour et 7 jours sur 7 pour surveiller l’installation afin qu’elle ne se mette pas en défaut et que les automatismes n’arrivent pas encore à tout régler.
Ce fut quasiment 1 an de galère pour se battre quasiment contre tous ceux qui se disaient connaître la méthanisation et il fallu remettre en cause et vérifier chaque conseil ou chaque préconisation.
A titre d’exemple, le constructeur et le maître d’œuvre que nous avons pris ensuite et que je ne veux pas citer là pour le moment, avaient fait des calculs de pression dans les digesteurs autour de 20mbars. Les organes de sécurité sont d’ailleurs tarés à 72 et 100mbars. Après 4 mois de fonctionnement la pression maximum toutes vannes fermées est de … 5mbars… Même lorsque nous actionnons le ventilateur qui injecte un volume de 7500m3/h on ne monte pas plus de …10mbars….affligeant !
 Ce n’est qu’un exemple mais j’aurais l’occasion beaucoup plus longuement d’expliquer qu’en fin de compte à peu près personne ne connaît réellement la méthanisation et il faut réellement faire fonctionner un méthaniseur pour savoir de quoi on parle. C’est d’ailleurs l’avis de beaucoup de collègues avec qui nous sommes en contact.
En matière de biologie des gens connaissent la méthanisation ? Personne ! Si les éleveurs qui sont habitués à raisonner avec la panse de leurs vaches.
A tous ceux qui veulent se lancer dans un projet de méthanisation nous pouvons leur dire commencez à rencontrer des exploitants de méthaniseurs seuls, sans être accompagnés par toutes ces entreprises et bureaux d’études qui ne pensent qu’à une chose : se faire du fric, piquer les subventions et refaire le coup du photovoltaïque.
Si vous saviez le nombre de bureaux d’études et d’entreprises qui sont venus nous démarcher à la suite du dépôt de bilan de Méthajade en nous disant qu’ils avaient la solution….
Le seul résultat qui compte aujourd’hui pour nous, c’est que nous n’avons fait confiance qu’à nous-mêmes, à notre bon sens paysan, en maximisant les sécurités de l’installation sans qu’elles soient bloquantes, en observant le fonctionnement, nous avons économisé des centaines de milliers d’Euros et aujourd’hui ça marche ! Exemple nous demandons un devis pour un débitmètre biogaz à une société spécialisée qui nous le fait pour 7250€. Nous cherchons un peu et trouvons un débitmètre pour gaz (pas spécialement biogaz...) pour 2632€. Je vous rassure nous l'avons installé et il fonctionne très bien et il est même tout inox.
L’application des méthodes industrielles à l’agriculture n’a jamais marché, coûtent beaucoup trop cher  et par déduction ne peuvent pas être rentables.
Pour arriver à faire ce même projet et vu le temps que nous avons passé sans le compter, il aurait fallu au moins quatre techniciens et ingénieurs aux 35h pour arriver au même résultat et sans doute sur un délai beaucoup plus long…
 Après une semaine d’injection et plusieurs arrêts techniques nous avons injecté 3000m3 de biométhane à une moyenne de 25Nm3/h sur un projet bâti à 34Nm3.
Nous avons bon espoir d’arriver à grignoter petit à petit les 10Nm3 qui manquent pour que nous arrivions à prouver que le projet est techniquement faisable et rentable, sauf si bien sûr là aussi ceux qui ont calculé le potentiel ont menti...
Suite dès que le procès sera fini…. Nous pourrons nous lâcher.

vendredi 24 juillet 2015

Crise agricole fin de mobilisation mais pas fin de détermination


La FNSEA03 et les JA03 plus que jamais s’imposent comme les représentants du monde agricole et particulièrement des éleveurs dans la crise que nous vivons actuellement.
Pas moins de 12 cantons et une trentaine de supermarchés ont été empêchés de travailler durant deux jours par près de 600 agriculteurs et 150 tracteurs et matériels. Ce mouvement restera d’une ampleur rare dans la mémoire de notre territoire.  
L’Etat, les abatteurs, les transformateurs et la grande distribution ne peuvent rester sourds à ce cri de colère et de désespoir venu du fond de nos campagnes bourbonnaises, renforçant les dirigeants syndicaux dans les négociations dans les jours à venir.
Car si la mobilisation sur le terrain s’est arrêtée vendredi midi, c’est fort de son ampleur que nous allons mettre à profit la ou les semaines qui viennent pour avoir des discussions fermes avec la filière. Cela commencera dès lundi 27 juillet par deux conseils d’administrations FRSEA, Massif-Central et Auvergne afin de déterminer une stratégie syndicale qui maintienne la pression durant ces discussions sur tous les maillons des filières animales en se répartissant les interlocuteurs. Nous devons continuer des actions moins visibles mais tout aussi efficaces par des contrôles des brigades de police de viandes dans les supermarchés et désormais dans les cuisines centrales et la restauration collective qui se sont faits bien discrètes dans cette crise mais qui emploient énormément de viande de nulle part.
Car notre objectif et le seul reste le prix, le prix et rien que le prix ! Nous n’acceptons pas que les agriculteurs paient seuls la facture de l’embargo Russe, ou l’excès de marge prise par les maillons des filières en aval des producteurs agricoles.
Nous avons écouté sur les barrages vos cris de colère et les comprenons, nous représentons nos adhérents mais bien au-delà tous les agriculteurs du département et vos messages de remerciement en fin de mouvement vont droit au cœur des dirigeants que nous sommes, mais nous donnent en même temps la responsabilité de ne pas vous décevoir.
Au nom du syndicalisme majoritaire j’ai apprécié l’ampleur de ce mouvement, et surtout les messages de tous ceux qui non syndiqués nous ont dit nous faire confiance. Aussi je vous demande de diffuser ce message à tous ceux du monde agricole qui cherchent des repères et des responsables capables de défendre notre profession. Fort de tous ceux qui nous ont aidé, Mickael et moi-même dans l’organisation de ce mouvement et qui font un travail remarquable à nos côtés pour la défense de vos intérêts, nous ne pouvons pas vous promettre la réussite, mais nous allons tout faire pour y accéder.
Je pense que nous aurons encore besoin de mobilisation dans les semaines qui viennent aussi nous vous demandons de rester prêts et de ne pas hésiter si nous avons encore besoin de vous pour des actions fortes et ciblées sur certains maillons des filières animales.
Nous avons gagné le combat du sérieux de nos revendications nous devons ensemble maintenant gagner la guerre de la revalorisation des prix.
Encore merci et demain encore plus unis rien ne pourra arrêter notre détermination à défendre notre cause.

lundi 13 juillet 2015

analyse de la crise Grecque


Nous venons d’assister avec la crise grecque à ce que la politique fait de pire.
Un premier ministre d’extrême gauche élu sur un programme de remise en cause totale du principe de remboursement de la dette de son pays et qui promet à son peuple que non seulement ce pays ne remboursera rien mais qu’au contraire l’Europe continuera de payer pour que perdurent les avantages sociaux et fiscaux.
Il vient devant les responsables européens, c'est-à-dire les chefs d’états des autres pays européens, en leur demandant d’appliquer à son bénéfice le programme sur lequel il a été élu.
L’Europe évidement lui refuse toute aide et toute continuité de partenariat sans continuer et affirmer les réformes commencées par ses prédécesseurs.
Comme un gamin en crise d’adolescence, il retourne devant ceux qui l’ont élu en leur demandant par référendum d’appuyer ses demandes et de refuser les propositions de l’Europe, avec immédiatement une crise dans son pays qui se met en défaut de paiement.
Vient à la rescousse notre bon président français qui veut sauver les meubles en pure tactique politicienne intérieure afin d’attirer vers lui les bons sentiments de ses propres électeurs de gauche qu’il trahit dans tous les sens depuis son élection.
Au terme d’âpres négociations le résultat tombe et il est pire pour la Grèce qu’au début des négociations, renforçant son obligation de réformes et faisant manger son chapeau à son premier ministre l’obligeant à réformer bien au-delà de ce qu’avaient prévu ses prédécesseurs et dont son élection en était la contestation, trahissant au passage le référendum et ses électeurs qu’il voulait comme appui dans ses négociations.
Ainsi désormais la Grèce est mise sous tutelle de ses créanciers aidée en cela par notre bon président français qui n’a fait qu’empirer les conséquences de la négociations, incapable de s’opposer à la force des états créanciers imposant involontairement à la Grèce ce dont il est incapable d’appliquer dans son propre pays.
Une conclusion à tout cela : en premier on finit toujours par rembourser ses dettes et vouloir reporter la faute sur les créanciers ne paye pas.
En second la gauche ne sait que dépenser et payer à crédit en ne voulant jamais s’imposer de réformes.
Et en troisième l’humiliation des états comme la Grèce aujourd’hui ne peut que réveiller le nationalisme et la volonté de revanche souvent par la violence.

Que tous ceux qui gèrent des états, des régions, des départements ou des collectivités s’inspirent bien de ce que vient de vivre la Grèce en construisant leur budget, le citoyen contribuable finit toujours par payer les erreurs de gestion.

dimanche 21 juin 2015

La paix dans le monde dépend de l'agriculture!


Il y a déjà quelques temps que j’avais envie d’écrire un article de fond sur l’avenir de l’agriculture, et c’est lors de la conférence de Bruno Parmentier le 9 juin dernier que j’ai réussi à organiser mes idées dans la tête. J’espère qu’il ne m'en voudra pas de reprendre quelques uns de ses arguments et vous encourage vivement à aller voir son site http://nourrir-manger.fr/ mais que je complète avec ma propre opinion.
 
L’agriculture sera la clé de notre survie sur cette planète pour les siècles à venir, et je parle bien d’agriculture et non d’agriculteurs, car ce ne seront pas les seuls acteurs de ce mouvement même si je souhaite de tout cœur que les femmes et les hommes dont c’est le métier gardent une prépondérance d’action en la matière avec la sagesse dont ils savent faire preuve.
Les évènements mondiaux qui viennent de se dérouler ces vingt dernières années proviennent tous de la désorganisation agricole et les politiques publiques en la matière. Les guerres au moyen orient, Ben-Laden, le printemps arabe, Daesh, l’immigration incontrôlée ont tous une seule genèse, la révolution de peuples pauvres et souvent affamés contre un occident riche et mangeant à satiété, jusqu’à jeter 30% de la production mondiale agricole.  Nous sommes passés entre 2000 et 2012 de 800 millions de gens souffrant de la faim dans le monde à 1,4 milliard. Dans ce même temps l’obésité devient une maladie dont le nombre de gens concernés à progressé de 50% en 20 ans.

Nous serons 9 milliards d’hommes dans le monde en 2050 alors que nous sommes restés seulement 1 milliard jusqu’en 1800 sur cette planète.  En 200 ans nous passerons de 2 milliards à 9 milliards juste par l’amélioration de l’alimentation et de la santé. Mais cela veut dire un enjeu démesuré pour arriver à nourrir cette population.

Un seul croissant tous les matins pour chaque chinois peut faire exploser le marché du blé, un seul yaourt chez 50% des indiens et le marché du lait explose aussi, d’autant plus que le niveau de vie augmente et s’accompagne de l’accès à des produits agroalimentaires élaborés provenant des marchés mondiaux.

Le dérèglement climatique s’accompagnant de sécheresse ou d’inondations ; la spéculation laissée à des entreprises capitalistiques sans conducteur que les seuls actionnaires retraités ayant pour unique but le paiement de leur pension pour consommer une nourriture toujours plus riche ; l’enjeu de l’eau et de sa répartition sur la planète ; la disparition de terres agricoles sous l’agrandissement des villes ; le pouvoir de la semence et plus particulièrement de la maîtrise du génome, sont tous autant de facteurs aggravant de ce qui à terme peu favoriser les guerres. 

La sécurité de notre planète, la paix dans le monde peuvent être dans les mains de seulement deux catégories d’hommes. Les militaires ou les agriculteurs. Si les derniers ne réussissent pas seuls les premiers pourront intervenir. Le printemps arabe est l’exemple le plus flagrant à notre époque comme la révolution française l’a été au XVIIIe siècle. 

Mais l’agriculture peut réussir et elle a tous les atouts pour cela sauf deux. L’agriculture ne sera pas le fait des seuls agriculteurs pour produire de l’alimentation et des technologies nouvelles transformeront leur métier  par un changement d’habitudes alimentaires comme la production de protéines animales ou végétales inconnues jusqu’alors.
L’agriculture est la seule capable de produire encore plus par la maîtrise des nouvelles technologies faisant disparaître la chimie des champs. Ce sera par le génie génétique ou par les nouvelles techniques culturales dont l’agroécologie en est le balbutiement.
La production d’énergies nouvelles basées sur le recyclage des déchets agricoles et alimentaires permettra de se passer des engrais minéraux et le captage nécessaire du carbone pour limiter le dérèglement climatique ne se fera que par l’adaptation des méthodes culturales pour une efficience maximum.
Enfin l’agriculture devra produire plus, mieux et sur moins de surface du à l’extension des déserts et des villes ce qui revient à peu près au même en matière de biodiversité.
Défendre la décroissance peut facilement s’appliquer à 1 ou 2 milliards d’hommes mangeant trois repas par jour, mais aucunement à 8 milliards qui jusque là n’en mangeaient pas toujours un par jour. 
Il lui manque deux choses à ce jour pour arriver à ce formidable défi, qui je le rappelle si elle échoue ce sera au prix de guerres y comprit en occident, dont les attentats en sont l’exemple.
Il lui manque un mode d’organisation économique qui ne soit pas aux seules mains du monde capitalistique et dont le mode coopératif est sans doute la voie royale de cette réussite indispensable. Je croyais beaucoup au sommet international des coopératives au Québec l’an dernier et j’ai peur que le soufflé soit retombé.
Et il lui manque enfin une recherche publique indispensable et ayant les moyens à la hauteur du défi afin que cet enjeu devienne sociétal et que la population toute entière en détermine les priorités et les orientations.
Il est frustrant de devoir se limiter à quelques lignes sur ce qui sera le passage obligé de la survie des populations sur terres, un développement serait plus que nécessaire, ce doit être à ceux qui seront les hommes politiques d’aujourd’hui et de demain à s’emparer de cela tant que nous vivons dans un monde démocratique et avant que les religions viennent imposer leur dictature avec une régulation ….par la guerre. La paix se fera seulement grâce à la nourriture pour tous sur une planète écologiquement équilibrée.

mercredi 3 juin 2015

populaire? impopulaire?


L’impopularité politique est un sujet difficile à traiter et souvent tabou pour celui qui la subit,  qui fait le plus souvent mine de ne pas y faire attention et de fermer les yeux pour s’accrocher à sa ou ses fonctions.
J’ai envie de traiter ici les causes de l’impopularité car elle peut en avoir au moins deux.
La première qui est condamnable, et dont nous avons le plus bel exemple avec notre président de la république actuel, est celle due à la trahison de son électorat. Se faire élire sur des idées ou un programme politique et appliquer celui inverse une fois élu ne peut qu’amener à une impopularité qui se comprend très facilement.
L’autre est celle d’appliquer avec rigueur la politique objet de l’élection que tout électeur veut avec force le jour de l’élection, mais n’accepte plus lorsque cette politique s’applique à lui-même.
Bruno Lemaire est un bel exemple de quelqu’un qui parle vrai et qui porte de bonnes idées mais qui risque une impopularité flagrante s’il devait être élu.
Cependant je me rapproche davantage de la position de Bruno Lemaire, car la langue de bois et ne pas vouloir dire les vérités n’est pas grandir la politique au sens de prendre les décisions qui doivent servir l’intérêt général et favorise toujours la montée de l’extrémisme.
Cette impopularité est souvent un mal nécessaire pour faire avancer les choses, surtout dans les périodes difficiles où les restrictions de budgets imposent de choisir les dépenses.
A contrario il est très facile de dire oui et toujours oui, mais est-ce vraiment une façon de gérer au plus juste les deniers publiques ? Et puis n’est-ce pas du favoritisme que de dire oui à celui qui demande et par définition celui qui ne demande rien n’a rien ?
Dire non est sans doute le mot le plus dur à prononcer pour un homme politique. Mais ce non est le plus souvent, voire toujours, le moyen de gérer au plus juste et surtout que chaque citoyen soit traité sur un pied d’égalité. Car ce sont toujours les plus faibles qui sont pénalisés dans le favoritisme.
Gérer une collectivité en étant impopulaire est souvent le plus dur pour celui qui est élu car il met toute son énergie au service de l’intérêt général et de la défense de l’ensemble qui par définition ne favorise pas l’intérêt particulier, et cet intérêt particulier se chargera de le faire savoir au plus grand nombre.
L’impopularité nait le plus souvent d’un refus à une demande particulière sur un détail et qui devient une affaire d’état et suivant le vieil adage on ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure, mais toujours ceux qui arrivent en retard.
L’impopularité est donc souvent à mettre en regard de l’efficacité de celui qui la subit et qui met le plus souvent tout en œuvre pour que la collectivité qu’il gère en soit la grande gagnante au service des électeurs.
Les exemples des collectivités mal gérées par cause de clientélisme sont légions, et l’avenir fera le tri entre celles bien et mal gérées et dont la fin se termine toujours par le contribuable qui paie plus ou moins. Le suicide hier de l’ancien maire de Marvejol qui laisse une commune de 5000 habitants avec 13 millions de dettes devrait nous alerter sur la bonne gestion des collectivités.

vendredi 29 mai 2015

Le 27 mai mon discours lors de la journée nationale de la résistance


C’est en ce jour de commémoration de la journée de la résistance que nous sommes réunis après avoir rendu hommage à ceux qui l’ont été partout en France et particulièrement à St Pourçain et ses environs.
Résister est devenu un mot banal, dans toutes les bouches et tous les commentaires à tel point que la Résistance a besoin de nos jours d’avoir un R majuscule pour indiquer que celles et ceux qui ont combattu le nazisme en France et en Europe ont, au péril de leurs vies et pour certains dans d’horribles souffrances, été des héros.
Il y a bien sûr ceux que la nation célèbre en ce jour et au moment où nous parlons à Paris qui font leur entrée au panthéon, mais il y a aussi tous ceux anonymes ou petites mains qui ont joué un rôle très important pour que la victoire soit en mai 1945.
Je voudrais particulièrement m’attarder quelques secondes sur les femmes qui ont joué ce rôle quel que soit  leur niveau car peu ont occupé des responsabilités mais beaucoup étaient indispensables au dispositif de la résistance. Il y avait celles qui transportaient des messages cachés dans leurs sous-vêtements, ou qui transportaient des armes, des ravitaillements dans le maquis, il y avait celles qui hébergeaient les résistants en fuite ou cachaient ces hommes le temps de se faire oublier. Les Allemands ne pouvaient pas tout contrôler et négligeaient de le faire sur les femmes ce que les mouvements résistants ont bien sûr exploité en laissant malheureusement quelques trop nombreuses sous le feu des fusils une fois découvertes.
Il y avait bien sûr Germaine Tillon, Geneviève Degaulle-Anthonioz, mais il y avait aussi celles qui dans l’ombre de leur mari ont joué un rôle aussi important dans le dispositif, comme Lucie Aubrac ou Cécile Rol-Tanguy. Charlotte Delbo, Lise London, Danielle Casanova sont d’autres femmes qui étaient essentielles dans le dispositif mais je veux ne pas oublier toutes celles qui ont résisté en l’absence de leur mari à accomplir les travaux de la ferme, du commerce ou de la petite entreprise, ou celles qui ont résisté dans les privations au bénéfice de leurs enfants.
De toutes les guerres, même celles gagnées, les femmes ont toujours été les perdantes, soit d’un mari, d’un parent, d’un ou plusieurs enfants, de leur honneur violenté ou directement de leur vie.
Cela n’enlève rien au mérite des hommes qui ont combattu directement l’ennemi sur le sol national, cela rehausse même leurs mérites à combattre grâce à celles qui dans l’ombre leur apportait soutien et parfois même amour.
Je veux donc rendre hommage à toutes et tous les résistants quel que soit leur rôle, au premier d’entre eux le général DeGaulle qui s’est levé entrainant avec lui une cohorte d’hommes regroupés dans des mouvements et qui ont permis la victoire, celle des hommes libre, celle de la France libre.
Nous leur devons cette liberté,  que leurs combats restent à l’honneur dans nos mémoires comme nous le faisons aujourd’hui et qu’ils incarnent à tout jamais sur notre sol l’exemple du combat pour l’unité de la nation.

vendredi 8 mai 2015

Réformes territoriales des territoires communautaires


Nous avions conseil des maires de la communauté de communes en pays St Pourcinois avec au menu les réformes territoriales et particulièrement celle qui va concerner le territoire de notre communauté.
Le président Bernard Coulon avec Antoine Duffaut le directeur de la com-com ont exposé les tenants et aboutissants de la réforme et notamment le contenu de la loi NOTRe qui va dans quelques semaines fixer les règles de la réforme.
Le principal critère, s’il est confirmé, sera de constituer des communautés de communes avec minimum 20.000 habitants obligeant de fait dans notre département un fort regroupement de celles existantes pour laisser la place dans le département à 5 ou 7 communautés y comprit les 3 communautés d’agglomérations.
Autant dire que notre com-com devra chercher des alliances avec celles voisines pour constituer une communauté de communes plus importante, plus forte et pesant dans le département, bien qu’elle soit celle qui regroupe déjà le plus de communes en Auvergne.
Et il y aurait urgence car le délai avant que le Préfet n’impose une décision est de trouver des accords avant la fin de l’année.
Chaque maire a pu ensuite s’exprimer dans un tour de table avec ensuite un débat fort intense.
Tous regrettent que l’Etat impose encore une réforme dictée de Paris sans tenir compte de la ruralité et des zones à faible densité de population. Une réforme de plus comme celles des régions ou des conseils généraux, réalisées à la va-vite sans aucune consultation des élus concernés et sans laisser de temps.
Pour ma part j’ai exprimé le même avis qu’en 2010, où après de très nombreuses réunions et même une carte de répartition imposée par le préfet de l’époque dont l’application n’a jamais vu le jour, que rien ne pressait et que comme d’habitude la loi serait sans doute votée mais que les décrets d’application mettront du temps à venir. Je pense donc qu’il n’y a aucune urgence et que surtout il ne faut pas se précipiter à se marier avec d’autres communautés juste par obligation sans créer un vrai projet au service de la population.
En effet je ne vois aucun intérêt à constituer des grosses communautés couvrant un territoire immense qui n’apporte rien de plus aux citoyens que des fonctionnaires supplémentaires et des élus de plus en plus éloignés du terrain, d’autant plus qu’ils seront élus au suffrage direct sans représenter les communes où ils sont élus.
Notre communauté de communes me semble-t-il a la bonne taille qui allie possibilité de projets communs importants et proximité avec la population. De plus une consultation de la population me semble indispensable et hormis un référendum local, ce sont les élections municipales qui doivent trancher.
Au mieux je suis favorable comme en 2010 à un travail en commun avec d’autres communautés au travers de projets précis et très circonscrits afin de prendre l’habitude de travailler ensemble avant de s’allier. Avant de se marier il faut apprendre à se connaître.
En fin de réunion, une idée de constituer à la place de notre com-com une commune nouvelle fusionnant toutes les communes pour n’en faire qu’une a fait réagir beaucoup des élus présents avec un a priori assez favorable qui aurait le double avantage de constituer une commune de 17.000 habitants au cœur du département capable de rivaliser avec chacune des trois agglos et outre le fait de ne pas perdre des dotations de l’Etat en gagnerait même pour des sommes relativement colossales.
Certes toutes les communes y perdraient sans doute de leur identité et les maires transformés en maires-délégués n’auraient plus leur légitimité historique.
Je dois dire que j’y suis assez favorable car cela constituerait pas mal d’avantages dont celui de garder le périmètre de notre territoire et de regrouper toutes les compétences des communes dans une même instance offrant ainsi les mêmes services à toute la population sans distinction de lieu.
La France a déjà connu de tels bouleversements dans le passé par le regroupement des paroisses puis des communes, que lorsque ce sont les élus locaux qui le décident ensemble et d’un commun accord cela ne peut qu’avancer dans le bon sens, on le sait bien l’union fait la force.
A St Pourcain, Souitte, Briailles, Breux étaient des paroisses indépendantes, reviendrait il à quelqu’un l’idée de séparer ces lieux-dits de la commune aujourd’hui ?
Chazeuil avait jusqu’à la révolution un curé et un maire, a été rattaché à Varennes en gardant une école il n’y a encore pas si longtemps, on sait ce qu’il en est aujourd’hui.
Nous devrons avancer sur ce sujet dans les semaines qui viennent mais je redis qu’il n’y a aucune urgence même s’il faut se battre contre l’Etat, et à force de soumissions pour une fois les élus pourraient bien descendre dans la rue accompagnés de leur population pour faire respecter les volontés locales.

jeudi 30 avril 2015

Mon discours à l occasion de la journée des déportés


Nous sommes réunis ce matin pour honorer la mémoire de ces St Pourcinois sacrifiés au nom d’un dogme, d’une idéologie ou d’une religion. Sacrifiés ou victimes car leur choix n’a pas été pour tous celui du combat mais le résultat d’une persécution dont l’ultime destin fut celui de la mort sans doute pour la plupart dans des conditions atroces.
Nous ne pouvons que nous souvenir de ces martyrs, mais nous avons le devoir d’être les gardiens de cette mémoire collective de ces actes de barbarie, afin d’éviter que ceux-ci se reproduisent.
Et pourtant si la déportation a toujours été l’arme favorite des dictatures, souvenons nous de la Shoa, du génocide arménien, des opposants au régime soviétique,  constatons encore aujourd’hui des déportations qui n’en portent pas le nom souvent vers des camps, de peuples entiers au Moyen-Orient ou en Afrique.
Ne confondons pas histoire et mémoire, il ne nous revient pas d’écrire l’histoire soyons juste les porteurs de cette mémoire.
Il faut que celle-ci nous pousse à protéger cette paix par la démocratie, par l’expression de celle-ci, et au-delà de tous nos clivages sur notre sol c’est l’unité européenne qui forcera à ne pas recommencer les erreurs du passé, qui ont apporté tant de souffrances et de désespoir.
Sans doute sommes nous privilégiés dans nos petites villes par ces guerres passées qui nous concernent tous par un proche mort lors de celles-ci ; sans doute le civisme et la m
émoire abandonne t’il plus facilement les grandes agglomérations où personne ne se connaît où les racines se perdent ; sans doute la facilité de vie que nous héritons des combats terminés nous amène elle plus facilement à l’oubli.
Je regrette alors que nous sommes tous ici animés par cet esprit de repentance, qu’ailleurs dans le monde perdurent des guerres au nom d’idéologies, ou de religions sensées porter des valeurs d’amour et de paix. Je regrette encore plus, alors que nous vivons sur un sol en paix , que des jeunes français aillent porter la guerre volontairement dans des contrées lointaines par fanatisme, semblant faire croire que chez certains hommes la guerre, la persécution est une raison de vivre, la France a pour habitude de porter de meilleures valeurs.
Sans le dire des hommes ont décidé de nous faire la guerre dans notre propre pays au nom d’un esprit de dominance religieuse avec un but d’extermination de notre société, de ses valeurs, de son fonctionnement démocratique.
Nous devons donc avec encore plus de force transmettre le souvenir de ce que nous avons déjà vécu, le porter et faire que demain nos enfants en soient le garant, car la paix passe par la mémoire, afin que l’histoire ne se répète pas,  la paix passe par ce jour du souvenir auquel nous sommes tant attaché et qu’au nom de la municipalité je remercie les associations d’anciens combattants d’en être la cheville ouvrière.                                                                                                                                                                                                                                                
Mesdames et Messieurs souvenons-nous et ne cessons jamais de le faire, pour la paix, pour les générations futures, pour que notre nation en soit toujours plus forte et porteuse de ces messages dans le monde.

mardi 21 avril 2015

Il faut que ça change!


Les élections départementales sont les dernières en date avant les prochaines qui seront les élections régionales en décembre 2015. La vie politique française va à son train habituel égrenant les unes après les autres les élections du millefeuille administratif, que jamais il ne sera possible de réformer.
Bien que le nouveau conseil départemental n’ait plus guère de sens aujourd’hui, il est devenu l’enjeu par son nouveau mode d’élection d’un test de politique nationale jaugeant le pouvoir en place. Il a donc été l’occasion manquée de voir émerger de nouveaux visages dans le paysage politique local, les partis préférant assurer l’élection par des têtes connues plutôt que de privilégier le renouvellement. Certes Jean-Sébastien Laloy ou Frédéric Aguilera sont des quarantenaires émergeant dans ce paysage tandis que des figures comme Véronique Pouzadoux ou Claude Riboulet ont eut l’immense sagesse de rester à la tâche issue de leur première élection avant de prendre de nouvelles responsabilités alors qu’ils auraient eu toute leur place pour un renouveau politique. Ainsi le renouvellement politique ne s’opère que lorsqu’un jeune arrive à gagner sur un rival politique plus âgé, mais très rarement lorsque la succession pourrait se faire sur le même bord politique. Ajouté à l’assurance politique le fait que les élus d’expérience ne sachent pas se mettre de limite dans le temps à leurs mandats, ni d’ailleurs au nombre, préférant perdre leur mandat pour leur famille politique plutôt que de trouver de nouvelles compétences capables de leur succéder au sein de leur famille politique, les exemples sont nombreux.
Et d’ailleurs pour confirmer cette thèse, les partis préfèrent toujours, s'il n'est pas sortant, envoyer contre un baron des jeunes engagés politiques qui, assurés de perdre l’élection, remplaceront avec aisance un élu plus en vue dont la fierté politique pourrait être brisée et n’ayant pas envie d’accrocher une défaite à sa boutonnière…
Les prochaines élections, régionales, confirmeront encore cette thèse et il ne faut guère compter sur un renouvellement des hommes ni des femmes en tête des listes, laissant les jeunes candidats occuper les dernières places non éligibles.
Il faut reconnaître à René Souchon un certain panache à ne pas vouloir se représenter, bien que son âge lui permette aisément et qu’une probable défaite de son camp ait sans doute pesé dans cette décision.
Tout ceci contribue pour une bonne part au vote extrême, dans un monde où tout va plus vite. Garder en place les mêmes élus depuis 20, 30 ou 40 ans ne correspond plus du tout à notre société. C’est d’autant plus dommage que le renouvellement est possible au sein des partis modérés comportant aussi des hommes ou des femmes de valeur, bien meilleurs que des élus extrêmes offrant juste l’opportunité de la contestation.
J’adhère donc inévitablement aux thèses de Bruno Lemaire pour mon camp qui par son exemple et ses propositions en matière de vie politique me semblent nécessaires, pas seulement dans le fonctionnement politique mais partout ou s’exerce le pouvoir démocratique.
C’est juste dommage que ce soit un homme qui ait mon âge qui porte ces idées, qui auraient du germer dans la tête de tous ceux qui l’ont précédé.
Un changement radical du fonctionnement politique est la clé du renouveau économique de notre pays et du remembrement nécessaire de nos collectivités. Savoir qu’être élu n’est que passager dans le temps et dans le nombre de mandats à exercer, est le passage obligé et nécessaire pour des réformes bouleversant notre démocratie.
Il est possible d’avoir des élus compétents, courageux ayant des convictions politiques affirmées et n’ayant que le seul but de l’intérêt général de notre société au sein de notre république,  et je serai toujours dans ce camp là. 

samedi 11 avril 2015

Rapport moral congrès FNSEA03 9 avril 2015


Mes chers collègues en écrivant ce rapport moral j’ai été tenté de reprendre celui de l’an dernier et je pense que vous n’y auriez vu que du feu tant les choses sont quasiment identiques à un an d’intervalle.
Dans 20 jours, enfin peut être, sans être vraiment sûr, pour être prudent on va dire un jour nous pourrons  remplir notre dossier PAC pour 2015. Nous pourrons en effet le remplir mais sans connaître quasiment aucune règle ni montants qui nous seront versés avant la fin de l’année.
Nous sommes dans une situation la plus ubuesque possible où un président de la république nous a annoncé il y a 2 ans les grandes lignes de la PAC très en faveur des agriculteurs de nos régions, un ministre de l’agriculture aux abonnés absents plus enclin à faire de la politique qu’à remplir sa mission, ne donnant à son administration le moindre élément de mise en œuvre.
Nous sommes dans un bateau où nous sommes les galériens ramant sans mesure tandis que les décideurs se battent sur le pont autour du gouvernail.
Nous avons assisté depuis 1 an à une déroute totale du pouvoir, un manque de volonté à régler les problèmes et une incapacité à fixer les règles. Comment qualifier plus explicitement le marasme administratif dans lequel nous sommes lorsque le Préfet lui-même au cours d’une rencontre il y a quelques semaines nous annonce ne pas pouvoir répondre à nos questions.
Toujours sur la forme, après avoir en avoir exigé la gestion avec une arrière pensée de se faire un peu de beurre sur notre dos, les régions et en particulier la notre, sont aussi dans la totale incapacité de mettre en œuvre les aides du deuxième pilier. Il a fallu 1 an pour mettre en œuvre une politique d’installation en voulant tout changer pour revenir au point initial en passant à côté du risque in-extrémis de ne pas installer de jeunes en ce début d’année.
Pour le reste nous sommes toujours dans l’expectative et en effet si la Chambre d’Agriculture a réussi la prouesse de déposer un dossier unique pour le département, nous attendons de connaître les mesures qui seront mises en œuvre. Je regrette tout de même au passage que le projet d’aide aux céréaliers des zones à faible potentiel que notre syndicat a instruit n’ait pas été déposé, je ne connais aucune bataille gagnée qui n’ait été livrée, pour notre part nous aurons tenté de trouver une solution pour les agriculteurs concernés.
Nous allons contractualiser dans quelques jours avec l’Europe, l’Etat et les régions un contrat en blanc dont nous ne connaissons que la dernière page avec l’inscription de la date et notre signature.
Nous sommes assis dans une voiture qui part de Moulins et qui va à Paris dont le code de la route s’écrit au fur et à mesure des kilomètres et que nous ne connaitrons qu’à l’arrivée.
Dans ces conditions je vous le dis tout net M.le directeur de la DDT, nous n’accepterons aucun contrôle, au risque pour vous de vous retrouver bloqué dans votre administration par un gros feu de colère alimenté par tous ces règlements indigestes.
Sur le fond nous n’en sommes pas moins amères. Que de promesses non tenues, que d’espoirs déçus. « L’aide aux bovins allaitants sera de 200€ sur toutes les vaches ! Enfin sur les 50 premières, plutôt 190€. Plus exactement 184€. Sauf bien sûr s’il y a un stabilisateur…. » Cette PAC vendue pour rétablir l’égalité vis à vis des éleveurs, non seulement va les pénaliser par rapport à l’ancien règlement et de plus va mettre en faillite les céréaliers présentés comme les nantis de l’agriculture.
A côté de cela des milliards d’Euros retourneront dans les caisses de Bruxelles faute de consommation du deuxième pilier par un cadre réglementaire inapplicable.
Cette PAC à venir n’apportera rien à l’agriculture, le seul grand bénéficiaire sera le budget européen ! Pendant ce temps les autres pays de l’Europe axent leurs aides de ces financements sur l’innovation, le soutien à l’élevage y comprit intensif, l’agriculture biologique ou la maîtrise de l’eau et des capacités d’irrigation.
Quant aux pays tiers, c’est un soutien à leur agriculture de manière décomplexée pouvant en quelques années nous inonder de leurs produits bons marchés mais de mauvaises qualités, comme dans l’application à venir de libre échange entre le continent nord-américain et l’Europe, ou comme l’éternelle impossibilité de cultiver ici des OGM tout en important 28 millions de tonnes par an de soja OGM pour l’alimentation animale.
La seule vraie victoire dans cette réforme est d’avoir réussi à maintenir le budget agricole européen dans un but à long terme de maintien d’une agriculture de qualité pour une alimentation de qualité.
Désormais pensons tout de suite à la réforme de la PAC 2020.
 
Ca fait drôle de passer au tribunal, mais ce n’est pas pire que de devoir donner 700€ à l’ONEMA !
Ce combat n’aura pas été vain et aura même été à l’origine de très grandes avancées dans le domaine de la police de l’eau et de l’application des règlementations en matière de loi sur l’eau.
D’autres départements ont bougé comme nous mais sans doute l’opportunité de l’actualité a médiatisé notre action au niveau national plus qu’ailleurs. Certes nous ne sommes pas à Sivens, nos zadistes portent un uniforme gris, sont assermentés et portent une arme à la ceinture, mais n’en restent pas moins aussi virulents et se comportent avec autant de hargne envers nous.
De nos actions et de notre combat il en résulte toute de même un gros travail local avec l’aboutissement du guide de l’entretien des cours d’eau au niveau départemental, comme l’a évoqué Martine tout à l’heure, mais notre vraie victoire est l’élaboration du rapport Massat sur les contrôles en agriculture.
Vous êtes mes chers collègues sujets à plus de 20 contrôles sur votre exploitation au gré de vos productions.  Et il faut une mission et un rapport au premier ministre pour valider tout ce que nous dénonçons et réclamons depuis des années.
C’est ainsi que nous pouvons lire dans ce rapport que  « dans le domaine de la PAC qui va enregistrer des changements significatifs en 2015, la mission recommande de s’assurer que tous les dispositifs nouveaux soient arrêtés et portés à la connaissance des agriculteurs (c'est-à-dire avant la date de dépôt de la déclaration PAC) avant que soient réalisés des contrôles à incidence financière. »   J’espère que M.le Préfet tiendra compte de cette recommandation au sujet de la PAC.
Mais aussi « dans le domaine de la police de l’eau, la mission recommande de ne pas
établir de procès verbal lorsque des travaux sont réalisés en infraction sur des cours d’eau qui
ne figureraient pas sur une carte à publier dans chacun des départements, mais de procéder par
avertissement. »
C’est ainsi que des directives ont été données aux Préfets pour réaliser une cartographie des cours d’eau avant le 31 mars en collaboration avec les instances agricoles départementales. M.le directeur nous attendons votre carte.
De même « Procéder aux contrôles sans donner à penser que l’agriculteur serait a priori potentiellement en infraction, et sans signe extérieur susceptible d’être perçu par l’agriculteur comme la manifestation d’un rapport de force, tel que le port d’une arme. »
Enfin « la mission recommande qu’une charte des contrôles soit mise en chantier au plus vite dans les départements où il n’en existe pas, et que dans ceux où une charte a été signée dans les années 2000, le document soit rééxaminé, avec l’ensemble des corps de contrôle, de telle sorte que les bons principes qu’elle contient soient actualisés et étendus à l’ensemble des domaines de contrôle. »
Je bois du petit lait ! En effet notre syndicat a proposé une charte des contrôles à M.le Préfet dès notre manifestation début 2014, nous attendons toujours son retour.
Mais heureusement en concertation au niveau national entre la FNSEA et le ministère de l’agriculture une charte nationale est en cours d’élaboration ainsi qu’un grand nombre de circulaires et de directives mettant en œuvre toutes les recommandations de ce rapport.
Vous le voyez il ne s’agit pas pour nous de ne pas appliquer la loi ni de se défausser de toutes les réglementations, mais le rapport le dit très bien, « les agriculteurs ne peuvent pas assimiler toutes les réglementations objets des contrôles fait par des spécialistes dans chaque domaine. »
Notre combat est une instauration du dialogue et de la pédagogie et si nous avons réellement gagné une victoire syndicale c’est bien d’arriver à inculquer tout ceci dans la tête de ceux qui nous gouvernent et pondent toutes ces lois.
Je suis très fier d’avoir contribué à ces avancées dans l’assimilation et l’application de la réglementation auprès des agriculteurs, ce sera un réel changement et un confort pour eux. Je regrette toutefois de ne pas arriver à être convainquant auprès de plus d’agriculteurs et plus d’organisations agricoles du bien fondé de notre démarche et du besoin que nous nous coordonnions davantage en nous donnant les moyens de livrer ces combats nécessaires quels qu’en soient les domaines. Le soutien a réellement été actif lors du procès et je vous en remercie, mais il a été très inégalement suivi d’un soutien plus matériel.  Nous passons encore trop souvent pour les braillards de service qu’il faut sortir de temps en temps pour une action, ou tous les six ans pour constituer une liste aux élections à la Chambre d’Agriculture.
Je regrette de ne pouvoir convaincre plus rapidement que si notre monde des organisations économiques agricoles en est là aujourd’hui c’est grâce au syndicalisme à l’origine et certaines ont un peu tendance à renier facilement leurs racines ou l’oublier par facilité.
C’est faire preuve d’une totale méconnaissance des décisions qui sont prises à tous les niveaux par notre syndicat en relation avec les différentes administrations. Certes des groupes de travail ont bien lieu avec différentes OPA, mais je me rends compte que la décision est toujours finalisée avec le syndicalisme et plus particulièrement la FNSEA. Les décisions que nous prenons le sont au nom de tous les agriculteurs, et tous ces agriculteurs sont aussi des adhérents des structures agricoles, il est donc clair qu’au final les décisions ont un impact sur ces structures.
Certaines d’ailleurs savent bien ponctuellement s’en souvenir en cas de nomination ou d’élections de ses responsables obligatoirement et statutairement par notre syndicat mais l’oublient ensuite un peu vite.
J’appelle donc fortement au rassemblement, au dialogue, et surtout à se donner les moyens de peser au sein de notre structure au niveau régional et national. Demain nous serons 1 département sur 13 au sein de la grande région, nous ne pèserons rien sans une cohésion départementale de toutes les forces agricoles. Les décisions se prennent par du lobbying et celui de la FNSEA reste le plus puissant, pensez y !
Je sais qu’il faut du temps pour que cette idée se fasse après des années de division syndicale, mais les discussions actuelles sur la PAC rappellent très vite à la réalité et très souvent seul le syndicalisme est présent avec voix délibérative dans les instances décisionnelles.
Rien qu’en CDOA 11 sièges pour le syndicalisme sur 26 sièges titulaires, 11 sur 17 sièges pour le syndicalisme agricole parmi les organisations agricoles et enfin 7 sièges sur les 11 pour la FNSEA03 et ses « filiales ». La FNSEA03 est le seul bloc constitué représentant 30% des voix dans cette instance, à l’image de beaucoup d’autres instances à tous les niveaux. En comité d’agrément des GAEC la FNSEA03 est seule représentante du syndicalisme majoritaire, la chambre d’agriculture n’ayant pas voix délibérative, tout comme en commission paritaire départementale représentant les  organisations patronales. Demain avec la révision du fonctionnement des conseils de Prud’homme, seule la FNSEA03 pourra siéger et dans un département comme le notre comptant plus de 800 employeurs c’est une importance capitale dans le développement de notre agriculture.
Je pourrais multiplier les exemples tant ils sont nombreux, pour ouvrir les yeux des malvoyants ou de ceux qui ne veulent pas voir, mais j’alerte nos collègues agriculteurs et les responsables des autres organisations agricoles, un affaiblissement de la FNSEA03 ne peut qu’amener à des situations de blocage de nos institutions faute de moyens d’assumer ses tâches.
D’autres départements l’ont très bien compris, pas encore dans l’Allier et faire appel à la FNSEA03 seulement en cas de besoin ou de promotion aura une fin. 
 
Cela me permet de rebondir sur le travail que nous avons développé en faveur de l’emploi agricole dans le département. Fort de notre représentativité patronale nous prenons désormais à bras le corps les missions qui vont dans le sens de la défense des employeurs mais aussi dans la promotion de l’emploi et de sa sécurisation. Grâce au travail de terrain et d’enquête que nous venons d’accomplir depuis quelques mois nous avons un état des lieux très précis des employeurs dans le département en recensant chaque employeur et le nombre de contrats de travail. Nous allons développer des services en leur faveur et l’aide à la rédaction du DUER rencontre un beau succès que nous allons transposer sur d’autres services. La gestion de la bourse à l’emploi avec Pôle Emploi va nous permettre aussi d’ici peu de gérer les offres et recherches d’emplois.  C’est donc avec une grande cohérence qu’en tant qu’organisation patronale nous remplirons notre mission qui va dans le sens de l’agriculture de demain.
Enfin je veux remercier tous ceux qui m’entourent dans ma tâche et qui permettent dans un grand dévouement et bénévolement au service des autres, que notre syndicat fonctionne. La tâche n’est pas toujours facile et la défense de l’intérêt général reste la seule motivation qui anime les dirigeants de notre syndicat.
Il faut demain que notre syndicat redevienne le passage obligé des hommes soucieux de prendre des responsabilités dans les organisations agricoles, à défaut que ceux qui le constituent à ce jour ne décident de le faire à leur place.
Ainsi tous ensemble et dans la plus grande cohésion nous pouvons faire que l’agriculture de ce département reste ou ne devienne un exemple en matière de production et de filières agricoles, nous en avons naturellement tous les atouts, faisons en sorte tous ensemble de les valoriser.

Je vous remercie