mardi 11 juin 2024

Anatomie d’une chute prévisible.


Inévitablement nous courrons vers une catastrophe démocratique avec l’arrivée des extrêmes au pouvoir. Ce sera sans doute l’extrême droite quoique l’extrême gauche n’est pas en reste et eux deux captent désormais plus de 60% des intentions de vote, la majorité n’est donc pas loin.

A quoi doit on cette poussée qui est la traduction du rejet par les électeurs, d’une grande part des dirigeants politiques en France mais aussi en Europe et d’une manière générale en occident.

Voilà ma petite opinion après plus de 30 ans de vie politique d’élu local, au contact de tous les niveaux politiques du plus simple, la commune, au plus élevé l’Europe.

Je participe mais à un niveau modeste et surtout observe la classe politique que je côtoie.

La situation de délabrement tant moral qu’économique de nos pays vient de deux facteurs essentiels.

Le premier est que la démocratie pour fonctionner a besoin de majorité, mais à contrario le plus souvent ce sont les minorités qui font loi.  Elles le font soit en étant bruyante et donnant l’impression d’être majoritaire, c’est le cas le plus souvent des manifestations syndicales ou des partis minoritaires mais qui s’organisent de façon semblable au combat syndical. Le bruit attirant systématiquement les caisses de résonnance comme la presse ou les réseaux sociaux, le pouvoir politique tremble face à ce que sont en réalité le plus souvent quelques personnes exubérantes et entrainées.

Soit en se rendant indispensable pour constituer une majorité. C’est ainsi qu’un parti de quelques pourcents viendra constituer une majorité aux côtés d’un parti très important à qui il manque quelques voix. On assiste alors au faiseur de roi, le parti minoritaire monnaye ses quelques pourcents à raison de 1000 fois leur valeur pouvant même aller jusqu’à faire changer de politique les tendances les plus majoritaires. Comme exemple, les partis écologistes ne vivant que par l’expression de la peur de totems à défendre, ont fait changer bien des majorités afin d’obtenir l’abandon de l’énergie nucléaire.

Je n’ose parler des compromissions religieuses pour plaire à un électorat communautaire.

Le second plus grave n’est possible que par la couardise des hommes politiques qui acceptent ces compromissions. Et pourquoi acceptent-ils ces compromissions ? Parce que désormais la majorité des hommes politiques dans des collectivités importantes et à plus forte raison au niveau national sont tous des hommes politiques professionnels.

La plupart sortent des mêmes grandes écoles, si bien qu’il devient difficile de les distinguer de leurs homologues qui eux choisissent la fonction publique ou le journalisme et tous deviennent élus après être passés par les cabinets des exécutifs des collectivités ou de l’Etat. Arrivés en place ils cooptent à leur tour des membres de cabinets qui deviendront des élus, le cercle ne s’arrête jamais jusqu’à la limite de la consanguinité.

Mais combien ont réellement travaillé ? combien ont été chef d’entreprise, artisan, agriculteur, employé, combien savent ce que c’est que de déposer un bilan, de remplir les milliers de page de dossiers administratifs, d’organiser des équipes, des chantiers, quels sont ceux qui comme patron auront baissé leur salaire pour sauver leur entreprise et ses salariés ? Parce que non-content d’occuper des places électives ils embauchent encore plus de fonctionnaires pour assoir leur pouvoir qui fabriquent encore plus de normes et contraintes administratives. La France a le plus de fonctionnaires par habitant, a la plus grosse dette publique avec des services publiques qui fonctionnent de plus en plus mal, alors pour résoudre le problème ils embauchent encore plus de fonctionnaires et augmentent les impôts ou taxes pour les payer. Et quand cela ne suffit pas ils créent des collectivités sans en supprimer bien entendu. C’est ainsi qu’en 2002 une couche supplémentaire a été rajoutée avec les communautés de communes ou d’agglomérations, embauchant des milliers de fonctionnaires pour faire….ce qui se faisait déjà !

 60.000 fonctionnaires ont été embauchés en 2023 !

On assiste alors depuis 40 ans à une lâcheté politique qui ne refuse jamais rien, qui laisse filer en asseyant son pouvoir sur des collectivités toujours plus pléthoriques.

Le plus flagrant reste le monde de la santé, pour lequel une filière administrative a été créée de toute pièce et sa progression en effectifs a augmenté de 15% en 10 ans !

Tandis que les soignants sont restés stables ! Qui a pu concéder de telles erreurs, quelles décisions politiques ont pu amener à un tel gaspillage d’argent, d’énergie et de temps. On voit malheureusement le résultat par le délabrement de notre système de santé qui a été un des plus performant au monde.

Le pouvoir politique professionnel est un immense clan qui d’ailleurs fait bien sentir à celui qui n’en vient pas que sa légitimité des urnes ne vaut pas la sienne, car celui qui pour vivre ou par passion garde son métier n’est considéré que comme un homme politique amateur et son avis compte souvent qu’à moitié. Il doit se battre le double des élus professionnels qui eux peuvent user de réseaux entre eux constitués dans les fameuses écoles.

La répartition des responsabilités ne se fait pas en fonction des compétences, ni de l’expérience, encore moins du travail et des résultats obtenus, mais en fonction du rang dans le professionnalisme politique. Les fauteuils pour les professionnels, les strapontins pour les amateurs.

En outre la plupart, forts d’un statut de fonctionnaire, ont un privilège incommensurable de pouvoir retourner dans leur corps d’attache en cas de défaite électorale !

Au Parlement fini les artisans, les agriculteurs, les médecins, il n’y a plus que des députés qui exercent par observation ou par procuration de la vie des autres.

Le Parlement comporte 4,5% d’employés alors que la population française en compte 26,2%, 1,4% d’ouvriers alors que la population française en compte 19,1%, mais par contre 70% de cadres supérieurs alors que la population française n’en compte que 21,6%. Tous les partis lors des élections se targuent de représenter les couches populaires et travailleuses en envoyant au Parlement 70% de professionnels de la politique, qui ne savent pas ce que c’est que de peiner à finir les fins de mois, ou n’ayant jamais investi leur propre argent dans une entreprise.

Leur problème n’est donc pas de résoudre les problèmes des Français mais surtout de se faire réélire et c’est valable dans tous les partis.

La principale occupation des cabinets politiques sont les arrangements politiques. C’est la forme plus que le fond qui les intéresse, les ententes, les alliances, les mariages et les divorces et quel qu’en soit le prix quitte à tuer ses propres amis politiques pour garder sa place ou prendre la leur.

Une réunion pour organiser la prochaine élection sera toujours plus importante à leurs yeux qu’une réunion sur un dossier de fond à laquelle sera envoyé en collaborateur.

D’ailleurs ces hommes politiques « professionnels » sont compétents dans tous les domaines. Un jour dans le domaine de la santé, le lendemain dans l’agriculture, le jour d’après dans les transports, ce qui compte c’est d’occuper un poste.

J’ai connu Louis Mermaz ministre de l’agriculture qui avait été tour à tour ministre des relations avec le parlement, puis de l’agriculture, puis des transports, puis de l’équipement et ne rêvez pas, aujourd’hui cela existe toujours avec les hommes politiques contemporains et pas qu’au niveau national.

La passion de défendre une cause de la vie contemporaine n’est pas leur motivation, j’en ai même connu qui se moquaient avec dédain en privé du secteur qu’ils étaient censés représenter ou défendre…

Les décisions courageuses, souvent radicales et toujours impopulaires ne sont pas leur priorité.  Repousser, faire prendre la décision par un collègue ou transférer à une agence composée de fonctionnaires reste la meilleure façon d’exercer leurs responsabilités.

Evidemment lorsque les élections approchent les cabinets tournent à plein régime, les éléments de langage fusent, les beaux discours que les électeurs veulent entendre se déclament quitte à être en contradiction les uns à la suite des autres, l’empathie règne, les convictions se forgent au gré des rencontres qui ne durent que jusqu’au premier tour des élections, quitte à les renier pour accéder au second tour.

C’est comme cela qu’au pouvoir, exercent des professionnels de la politique qui emmènent le pays dans l’abîme du déficit budgétaire et de l’endettement et les collectivités dans les hausses d’impôts bien aidés par leurs cabinets composés de jeunes futurs élus sans expérience qui les guident.

Ils n’endossent jamais aucune responsabilité dans les mauvaises décisions politiques en trouvant toujours un facteur ayant gêné leur action ou en changeant les règles pour se disculper.

La Macronie est la carricature de ce système, lui-même, Attal, Philippe, Borne, Lemaire n’ont jamais eu d’autres emplois que la politique et ce sont bien eux qui ont explosé la dette du pays.

Certes il y a bien ici ou là quelques contres exemples, surtout chez les femmes d’ailleurs, qui ont adopté des lignes de conduite stables et exercent leur mandat par conviction, ceux-là généralement ont des résultats probants et peu cumulent tous les défauts, mais ce qui serait inconcevable pour un artisan de ne pas équilibrer des comptes par exemple, est tout à fait acceptable pour un professionnel de la politique qui changera les règles pour mieux perdurer.

Il manque à la politique les gens de la vraie vie, ceux qui ont exercé un métier et qui peuvent le reprendre en cas de défaite.

Il manque le réalisme, le calme et la patience de la province à l’inverse de Paris et ses banlieues dans l’agitation permanente. Napoléon était Corse, Charles de Gaulle de Lille et ils ont marqué la France.

Beregovoy, Sarkozy ne faisaient pas partie de cette caste et ont dû arracher avec les dents les responsabilités qu’ils ont exercé, contre vents et marrées avec le dédain de leurs homologues. L’un l’a payé de sa vie, conspué par la presse si attachée « au système » l’autre le paye encore par l’acharnement judiciaire des juges majoritairement à gauche qui lui font payer de les avoir comparés à des petits pois.

Il faudra aussi s’interroger sur les pouvoirs des juges jusque dans les instances suprêmes de la République qui vont jusqu’à mettre en cause et détourner les lois votées par les députés.

Il manque l’humilité dans l’exercice du pouvoir, le besoin d’écouter les conseils des gens d’expérience, la nécessité de la remise en cause permanente des décisions prises.

La démocratie possède ses cycles et nous arrivons à la fin d’un qui aura consacré la politique comme un métier Et quand on voit en plus le partisanisme des écoles comme Science-Po ou certaines universités, comment ne pas imaginer demain le chaos transporté dans les fonctions exercées.

Pourquoi la très grande majorité des collectivités de tailles moyennes sont bien gérées ? Simplement parce qu’elles ne le sont pas par des professionnels de la politique, mais par des agriculteurs, des chefs d’entreprise, des artisans, des commerçants, des médecins, des gens qui par ailleurs exercent un métier.

Je rappelle au passage que dans le code des collectivités locales, exercer une fonction élective doit se faire de manière bénévole et que les indemnités sont là pour compenser une perte de salaire d’activité.

Ce cycle comme tous finira par l’arrivée des extrêmes au pouvoir, pas grâce à eux, mais par la faute d’années de reniement et de compromission par tous ceux qui ont gouverné loin de la réalité, jusqu’à la chute prévisible. Ils ne résoudront d’ailleurs rien mais auront permis d’être le défouloir démocratique le temps d’un instant.

Bien sûr qu’il y a des solutions !

Elles passent par l’impossibilité pour les élèves sortant des grandes écoles d’exercer un mandat durant un minimum de 15 ans et avant d’avoir exercé un métier, une profession dans la fonction publique. Appliquer aux élèves qui ont bénéficié d’une haute formation payée par l’Etat le système imposé aux militaires me semble normal.

Et si jamais pendant cette période de 15 ans un de ces élèves voulait absolument exercer un mandat il devrait démissionner de la fonction publique et de tous ses avantages.

Il est nécessaire de pouvoir cumuler en même temps plusieurs mandats mais avec des limites dans le temps. Deux à trois mandats de suite me semblent nettement suffisants pour imprimer une politique. Cela permet en outre de prendre des décisions parfois difficiles sans le souci de la réélection.

Il est indispensable aussi de revoir les lois sur les conflits d’intérêts qui paralysent la bonne gestion et les négociations utiles à celle-ci.

Cela passe aussi par un renforcement de la cour des comptes avec des sanctions d’inégibilité et pécuniaires personnelles très fortes pour ceux qui en profiteraient à titre personnel.

Enfin il faut surtout la politique par l’expérience. L’expérience de la réussite professionnelle…

Bien plus qu’un changement de politique de droite de gauche ou de nulle part c’est un changement par le retour de la démocratie par la représentation directe du peuple, celui qui produit, celui qui créé la richesse…

Le chaos est à notre porte, favorisée par l’intelligence et l’instruction et je finirai par cette citation de Montesquieu sans doute trop souvent proclamée mais qui plus que jamais est d’actualité au sens du paysan et son pays : « J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. »

dimanche 7 janvier 2024

Le 13 décembre 2023, la démocratie kidnappée par les hauts fonctionnaires

 


Le 4 janvier il s’est passé quelque chose d’extrêmement grave dans le fonctionnement de notre démocratie sans que personne ne s’en aperçoive et sans qu’au plus haut niveau de l’Etat la moindre réaction ne se fasse sentir.

La Cour des Comptes est un organisme français chargé d’évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre et de vérifier la sincérité des comptes publics. Elle trouve sa déclinaison jusqu’au niveau local lorsqu’elle étudie les comptes de toutes les collectivités jusqu’aux communes.

Elle est composée de magistrats, hauts fonctionnaires dont les salaires sont les plus élevés de notre République et souvent dirigée par un président qui a eu une carrière politique, c’est le cas actuel de Pierre Moscovici ancien ministre socialiste.

Cette cour rend des comptes régulièrement de sa propre initiative ou à la demande des élus.

Il se trouve que le 13 décembre dernier elle devait rendre un rapport sur le coût de l’immigration en France. Peu importe le fond du rapport le sujet n’est pas là. Son président a refusé de rendre ce rapport au motif que les parlementaires étaient en plein débat sur la loi immigration et elle l'a donc rendu public le 4 janvier soit 15 jours plus tard, 15 jours trop tard. 

Alors que justement ce rapport aurait pu éclairer les parlementaires sur les dispositions à prendre dans cette loi, cette agence de fonctionnaires décide d’obstruer le débat, de ne pas servir la démocratie en donnant des éléments supplémentaires aux représentants du peuple alors que son existence même est justement d’éclairer les élus.

Dans n’importe quelle autre démocratie que la France le président aurait été immédiatement démis de ses fonctions. Mais en France comme les hauts fonctionnaires détiennent le pouvoir soit en étant élus, soit en dirigeant toutes ces agences, hormis quelques règlements de compte personnels, c’est la solidarité qui prime entre eux et c’est l’accaparement de la démocratie par ces fonctionnaires.

Dans aucune mairie il ne serait possible un tel scandale ou une secrétaire de mairie cacherait au conseil municipal un rapport pouvant éclairer ses décisions.

Encore une fois je veux pointer du doigt la défaillance des élus à avoir laisser partir le pouvoir à tous ces hauts fonctionnaires en roue libre qui choisissent leurs directives, leurs axes de travail voire les orientations politiques dans les secteurs qu’ils contrôles.

Dès que vous entendez parler d’une agence nationale posez vous la question si les élus gardent le contrôle ou non.

En matière d’environnement c’est même le paroxysme lorsque les fonctionnaires sont en outre des militants écologistes à titre personnel, comme les agences de la biodiversité, les agences de l’eau, les agences des économies d’énergie etc…

Les élus ont perdu le pouvoir, ils deviennent les marionnettes soumises aux informations que veulent bien leur délivrer les fonctionnaires et en retour qui se permettent de trier les demandes des élus.

C’est même caricatural lorsque cette même Cour des Comptes rend public à grand renfort de presse la nocivité pour l’environnement des pets des vaches alors que personne ne lui a rien demandé, mais ne sort pas un rapport sur l’immigration parlementaire en plein débat sur le sujet.

Il est grand temps que les élus reprennent le pouvoir en supprimant toutes ces agences où en mettant sous tutelle directe des élus pour que s’exprime clairement la voix du peuple et cela de la manière la plus démocratique !

samedi 25 novembre 2023

A Martine

 


Martine,

J’ai mis longtemps à trouver et rassembler les mots depuis samedi dernier. Après le très beau texte de Christophe, je ne voulais pas passer pour égoïste à prendre un peu de la douleur de Thierry et de ta famille pour lesquels je compatis.  

Et puis après avoir entendu Jean-Marie et Mme le préfet te rendre hommage au début de l’office, un hommage rendu tel un général d’armée tombé au champ d’honneur, j’ai compris que je n’étais pas seul à porter la douleur de la séparation.

Cette armée était là rassemblée en une foule compacte et innombrable sur cette place de Beaune d’Allier bien trop petite pour accueillir tout le monde, entourant l’église dans laquelle tu nous disais un dernier au revoir.

Tu le sais Martine, le monde agricole est parfois dur, pudique, peu enclin à montrer ses sentiments, souvent à cacher sa peine mais généreux et solidaire dans la difficulté.

Là au milieu de tous, en silence, nous avions la tête basse, les yeux rouges, le temps étais gris et humide, nous ne nous regardions pas, à peine un signe de l’œil pour certains, mais nous étions tous là.

Peu importe à la tombée de la nuit si le pansage allait prendre du retard ou si une vache devait véler, nous ne voulions pas que tu partes sans que nous puissions te dire au revoir.

Lorsque le prêtre nous a dit au cours de l’office « pensez aux bons moments que vous avez passé avec Martine » j’ai cherché s’il y en avait eu de mauvais. J’ai cherché et je n’en ai pas trouvé.

Je me souviens de ce repas à St Pourçain au cours duquel je t’ai demandé de m’accompagner à la tête de la toute jeune FNSEA03. Dans ce monde d’hommes je demandais à toi, une femme, de prendre de grandes responsabilités dans le syndicalisme pour la défense de nos collègues. Et bien sûr ce que jamais un homme ne m’aurait dit, tu m’as invoqué le fait que tu ne serais pas assez forte pour assumer cela.

Au milieu de la foule reconnaissante je me suis demandé qu’est-ce que cela aurait été si tu l’avais été...

Pas assez de femmes n’ont été et ne sont encore à la tête de nos organisations professionnelles, quelques années plus tard Christiane Lambert devenait la première femme présidente de la FNSEA, tu avais montré la voie.

Tu pars trop tôt, tu as tellement changé de choses dans nos organisations, ce sens de la communication, de l’organisation de l’empathie envers les autres, tu avais encore beaucoup à expliquer aux gens sur notre métier, sur la façon de ce que nous faisons pour que tous les jours ils puissent manger à leur faim alors que trop peu s’en rendent compte.

Ton rire va nous manquer, ton efficacité redoutable va manquer à notre syndicat, pour laquelle l’adage bien connu qu’un travail bien commandé est à moitié fait, n’a jamais été aussi vrai de ta part.

Tu n’as pas choisi de partir, je regrette de ne pas avoir pris le temps de te revoir davantage, sans doute par incrédulité car on sait bien que la volonté permet de combattre la maladie et s’il y a bien quelqu’un qui faisait preuve de volonté, c’était bien toi.

Mais pour toi la maladie a été la plus forte, je sais que nous nous reverrons, tu as changé un petit bout de notre monde et je souhaite que là où tu vas, tu contribues à le changer tout entier.

Au revoir Martine, tu laisses tes moutons pour des agneaux, j’espère juste que c’est le bon moment pour eux, moi je pense qu’ils auraient pu attendre.

 Je t’embrasse.

jeudi 9 novembre 2023

L’Ukraine entame son processus d’entrée dans l’Europe, bonne ou mauvaise chose pour l'agriculture européenne ?

 




Ce qu’il faut retenir :

-L’Ukraine un grand pays agricole

-L’entrée en Europe permet de maitriser l’arme alimentaire au dépend de la Russie

-Un accompagnement transitoire pour ne pas déstabiliser l’agriculture européenne

-Un système à échelle 2050 basé sur des aides européennes contracycliques. 

Le Général De Gaulle avait bien dit sa volonté de former une Europe qui irait de l’Atlantique à l’Oural.

70 ans après nous y serons presque. 

Je placerai mon propos essentiellement du point de vue agricole, même si l’Ukraine est un très grand pays industriel, qui dispose de ressources minières importantes, qui a un système éducatif, sportif et de santé bien meilleur que le nôtre et si cela apparait contre nature, nous avons vécu l’expérience lors de la guerre en cours, d’accueillir des enfants ukrainiens dans des écoles françaises dont ceux-ci à âge égal ont deux niveaux supérieurs aux français.

L’Ukraine c’est aussi dans ce pays que la maîtrise de l’atome Soviétique a été faite, nous nous souvenons tous de la catastrophe de Tchernobyl, ainsi que de grandes découvertes scientifiques.

Hormis la période de guerre exceptionnelle que subit ce pays, je ne masque pas la corruption et la mafia héritées de la période post-URSS qui se sont emparées de ce pays.

Du point de vue agricole c’est un très grand pays dans ce domaine. Je l’ai visité deux fois et j’ai été ébloui par le potentiel de ce pays.

Historiquement c’est le grenier à blé de l’URSS, mais il pourrait bien l’être aussi pour une partie du monde avec les technologies modernes.

A tous les décroissants et malthusianismes, passez votre chemin vous allez avoir les yeux qui saignent.

La recherche et la mise au point de techniques agricoles, de variétés de plantes, a été une des meilleure du monde, l’équivalent de l’INRA en France.

C’est surtout un pays avec des millions d’hectares de terres fertiles appelées tchernoziums, très riches en matière organique et donc favorables à la rétention en eau, très profondes, structurées en d’immenses plaines permettant une mécanisation maximum et des rendements exceptionnels avec peu d’intrants. D’ailleurs suite à l’effondrement soviétique, des groupes financiers européens ont investi dans la reprise d’anciens kolkhozes de plusieurs dizaines de milliers d’hectares disposant leur propre système de stockage et de transport directement vers le port d’Odessa sur la Mer Noire.

Le climat et la quantité d’eau y sont très favorables, un peu à la manière de la France, le blé et les céréales d’hiver à l’Est et au Nord, les céréales de printemps et les oléagineux plus au Sud, ainsi que de très grands espaces voués au maraichage.

Par-contre l’élevage tel que nous le connaissons y est quasiment absent, sauf au travers de très grands ateliers hors sol de poulets, porcs ou vaches laitières de plusieurs milliers de têtes à chaque fois.

L’entrée en Europe peut être catastrophique pour le reste de l’agriculture européenne, un peu comme l’entrée de l’Allemagne de l’Est mais facteur dix.

En effet l’Europe est un marché solvable et donc l’agriculture ukrainienne va venir complètement concurrencer à bas prix le reste de l’Europe agricole.

La Politique Agricole Commune a été construite sur le principe d’autosuffisance européenne et il est clair qu’en faisant entrer l’Ukraine nous dépassons de beaucoup les besoins en autosuffisance.

Mais du point de vue géopolitique l’Ukraine en Europe c’est une opportunité fabuleuse pour la place de l’Europe dans le concert de l’alimentation mondiale et donc de ce qu’on peut appeler l’arme alimentaire.

Poutine l’a parfaitement compris et sa volonté d’annexion du Donbass qui est une des parties la plus riche d’Ukraine sur bien des points de vue mais particulièrement celui agricole, est très claire.

L’Europe actuelle et particulièrement la France va souffrir du dérèglement climatique et pour une bonne partie française perdre de son potentiel agricole, faute d’eau, faute de moyens de productions acceptables societalement (OGM, stockage de l’eau…).

Si l’Europe perd sa puissance agricole elle perd sa puissance mondiale tout court!

Les USA vont aussi subir encore plus fortement que l’Europe le réchauffement climatique avec la perte de surfaces agricoles et la difficulté de transport par les fleuves je pense notamment au Mississipi.

L’Afrique va voir sa population multipliée par 3 voire 4, en Asie si la Chine verra sa population se stabiliser, il n’en est rien de l’Inde et d’autres pays limitrophes comme le Pakistan.

Le Moyen Orient verra aussi croitre sa population et tout comme l’Afrique avec une population musulmane imposant une alimentation bien réglée.

Je vous parle là d’horizon à 2050 bien sûr qui prédit une population mondiale à 9 milliards d’êtres humains.

Alors si nous voulons contrôler les flux migratoires à notre porte et pour lesquels nous sommes les premiers concernés autour du bassin méditerranéen, il est indispensable de disposer et maîtriser l’alimentation européenne en grande quantité.

Inévitablement demain le prix du blé ne se fixera plus à Chicago mais à Odessa et Odessa c’est en Ukraine et en Europe.

Il faut donc revoir la construction de la PAC pour inclure ce grand pays dans l’Europe et ne pas déstabiliser l’agriculture existante dont l’Europe a aussi besoin.

Il faut une PAC à terme à vitesse variable et une PAC avec des mécanismes transitoires jusqu’à l’entrée de l’Ukraine de manière effective.

A terme concevoir une PAC à vitesse variable n’est pas très compliquée. Il faut mettre les aides européennes calculées entre un niveau européen de revenu en face de chaque production et les cours mondiaux. C’est le système qu’applique les USA intitulés « contracycliques ».

Ainsi soit par des aides directes, soit par un système assurantiel, les aides européennes peuvent être modulées chaque année et même en cours d’année en fonction de tas de paramètres potentiels à définir.

Ces aides doivent tenir compte du niveau de vie de chaque pays et du coût de revient des productions dans chaque pays jusqu’à ce que tous les pays aient atteint le même niveau de vie.

Ainsi toujours à objectif 2050 les agriculteurs même si les prix mondiaux s’effondraient, l’Europe compenserait pour en premier maintenir le revenu des agriculteurs, en second permettrait une alimentation à bon marché et en cas de prix mondiaux élevés les agriculteurs pourraient se passer d’aides, par contre la compensation irait vers le consommateur. C’est bien davantage une politique alimentaire vers laquelle il faut s’orienter qu’une politique agricole.

L’Ukraine ne serait pas la seule concernée et certains pays qui profitent largement aujourd’hui de l’Europe verraient leurs compteurs remis à la bonne place, je vise la Hongrie et la Roumanie notamment.

Certes ce système est très protectionniste, mais qui se soucie aujourd’hui dans le monde de l’OMC et des règles internationales ? Le commerce international est devenu une jungle qu’il est utopique de vouloir réguler.

En période transitoire c’est-à-dire jusqu’à l’intégration complète de l’Europe, il est nécessaire de reprendre sans tabou le système des Montant Compensatoire Monétaires, vieux système européen qui établit par la monnaie principalement, mais aussi par d’autres critères économiques, le différentiel d’aide entre l’Ukraine et le reste de l’Europe.

Ainsi lorsqu’un agriculteur français touche 100€/ha d’aide, l’ukrainien en fonction de la valeur du Grivna ne touchera que 3 ou 4€/ha.

Les aides à l’investissement seront calculées de la même manière, si une entreprise agroalimentaire touche 100€ d’aide, son équivalente ukrainienne ne touchera que 4 ou 5€.

En visitant l’Ukraine on se rend très rapidement compte que ce pays n’a pas attendu l’Europe pour se développer et se moderniser considérablement au niveau agricole et seulement par une rémunération au prix mondial, l’Europe ne doit pas changer cet équilibre, elle peut même en tirer profit au travers des taxes sur le commerce international.

Ce qui est impératif c’est de fixer les règles avant l’entrée de l’Ukraine en Europe et surtout mettre le paquet sur les contrôles et les potentiels détournements de fonds.

Sans doute que d’autres avis éclairés peuvent enrichir ce débat.

En conclusion si l’entrée de l’Ukraine en Europe est politiquement souhaitable il faut donner toutes les chances à l’Europe et l’agriculture européenne pour que cela devienne une réelle opportunité.

lundi 6 novembre 2023

Constat de la France et quelques solutions...

 

Notre pays s’enfonce petit à petit dans une grave crise de dépérissement sur lui-même au point demain de devenir le vassal inerte d’autres puissances actives, d’une identité perdue. Les deux dernières guerres mondiales sur notre sol ont affaibli notre pays vis-à-vis de l’extérieur mais a affaibli les Français dans leur propre pays. Le pouvoir du Général De Gaulle en homme historique providentiel a temporisé le déclin durant les 30 années qui ont suivi sa gouvernance, a même redonné un peu de richesse aux français, mais l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 n’a fait que favoriser une perte de puissance inéluctable. La gauche a emmené avec elle la déconsidération du travail, l’affaiblissement de la politique familiale et la repentance de l’oppression des peuples des années de colonisation. Nous payons et nous allons payer de plus en plus cher ces trois composantes et les alternances politiques n’y ont rien changé car affaiblies par ce sentiment gauchisant partagé par tous les courants politiques. 

La déconsidération du travail avec le passage aux 35h est la carricature de ce qu’il fallait éviter, aucun pays n’a repris cette mesure de façon généralisée, le sentiment devenait qu’il était possible de travailler moins en gagnant autant. Le chômage de masse est devenu la normale avec une indemnisation équivalente au travail actif et même supérieure si on additionne les aides sociales devenues des droits et des acquis. En clair il devient plus intéressant de ne plus travailler que l’inverse, faisant supporter par ceux de moins en moins nombreux résignés à travailler et devenant seul à porter les faibles profits nécessaires à subvenir pour ceux qui ne travaillent pas. C’est le début de la porte ouverte à la fraude de masse, puisqu’il n’y a plus de contrepartie aux aides sociales et chacun peut piocher dans la caisse avec un faible risque de se faire prendre. La croissance absente, le PIB en berne, c’est l’emprunt qui assure les recettes en face des dépenses, jusqu’à ce que la charge de la dette représente 60% des richesses créées. Les gouvernements Macron sont l’apothéose du système puisque désormais chaque problème se règle par un chèque, une dépense gérée par une cohorte de fonctionnaires et une dette qui explose. Une dette qu’il faudra rembourser, en argent, en biens nationaux ou en dépendance économique. 

La France était la championne de la natalité en Europe, jusqu’à ce que la gauche supprime les aides aux familles, la famille devenant le cadre de la jouissance de la vie immédiate sans se soucier de l’avenir. L’intérêt de constituer une famille n’existe plus, la vie de couple ne sert plus qu’à jouir de l’instant présent et l’amour permettant de peu la procréation à ceux de moins en moins nombreux qui pensent que l’avenir passe par le renouvellement des générations. La baisse de la natalité est bien sûr la raison de la baisse de la croissance économique et la baisse du nombre de travailleurs pour payer la retraite de ceux qui vieillissent au point de devenir de moins en moins supportable. 

La France des droits de l’homme a été dévoyée jusqu’à devenir la France terre d’asile pour tous ceux qui ont compris que notre pays était prêt à partager ses richesses économiques au prix de la perte de ses richesses culturelles. Une immigration de masse a changé le paradigme culturel de la France, construite sur ses racines judéo-chrétiennes, jusqu’à supporter un nouveau fascisme religieux devenu un courant politique de gauche de manière ouverte ou sous couvert d’écologie qui n’est qu’une partie d’un courant politique décroissant. Ce courant politique multiforme va de la gauche sociale-démocrate, on pourrait presque dire centriste, jusqu’à l’extrême gauche cherchant à justifier les actes les plus extrêmes, les attentats, par la libération d’une oppression capitalistique. 

L’école de la République est depuis 1981 livrée à elle-même, vérolée par ces mêmes courant de gauche pour lesquels il est interdit d’interdire, gérée par un pouvoir central aux antipodes des réalités du terrain, sous prétexte que l’enseignement doit être le même sur tout le territoire français à une époque où le monde du travail est mondial et les élèves continuent leurs études dans différents pays étrangers. L’école a perdu le pouvoir de la transmission de la connaissance et si elle maintien à vouloir appliquer un programme national, elle subit les pressions locales jusqu’à la mort au point de ne plus pouvoir enseigner comme il le convient, notre histoire, nos valeurs et accessoirement les bases des connaissances qui serviront à une vie professionnelle. Les actes les plus séditieux se nourrissent de l’inculture, du manque de connaissance jusqu’aux députés reflets de la société oubliant que le fascisme, la nazisme, l’antisémitisme et l’islamisme sont les valeurs communes de la guerre, la violence et des dictatures les plus cruelles qu’ils soutiennent. 

Aussi, si nous le voulons les solutions bien que leurs effets viendront dans un futur lointain, même prises de façon immédiates, passeront par une libéralisation totale du travail, la suppression du statut de fonctionnaire qui ne sert qu’à multiplier son nombre en complète consanguinité et l’impossibilité pour un fonctionnaire de prendre le moindre mandat politique. Il y a beaucoup à dire sur le cumul des mandats mais le pire et pourtant jamais cité, est celui de pouvoir cumuler un statut de fonctionnaire à celui d’élu, la meilleure façon de prendre des décisions sans soucis de l’éventuelle sanction électorale. La libéralisation du travail passe par une seule règle fixant un minima lié à la richesse du pays, tout le reste devenant caduque, on le voit aujourd’hui le manque de travailleurs leur donne un pouvoir considérable face au patronat. Les aides sociales devront être assorties à la nationalité française, avec un minimum de temps de travail effectif antérieur et une contrepartie en activité. Evidemment l’immigration comme en Amérique du Nord, en Australie ou au Japon qui sont loin d’être des dictatures devra être choisie et quantifiée. Les codes et normes en tout genre qui sucent le sang de la croissance devront être divisées par trois dans un premier temps et toute nouvelle norme devra être assortie de la suppression d’une ancienne. La natalité devra devenir la politique la plus dynamique possible en favorisant financièrement les familles nombreuses, en les aidant sur toute la durée jusqu’à l’émancipation des enfants, allant jusqu’à donner un statut aux parents par leur rôle. 

Enfin l’école devra être reprise en main par le pouvoir politique démocratiquement.  L’école n’est pas une ile qui vit seule au milieu de l’océan de la société et détachée d’elle, le corps enseignant est payé avec les impôts des citoyens, il a des comptes à leur rendre, les enseignants doivent être formés, nombreux, protégés mais en application de programmes décidés par l’Assemblée Nationale et non par d’obscures commissions, en laissant la plus grande liberté aux enseignants dans un cadre généraliste,  surtout capables d’enseigner à la jeunesse toute l’histoire de l’humanité sans tabou et les connaissances acquises dans tous les domaines à transmettre. La démocratie ce n’est pas donner le pouvoir des électeurs à des agences ou des commissions mais exercer soit même le pouvoir et prendre les décisions au plus près des actions. L’école comme la santé devra supprimer dans son fonctionnement tous ceux qui n’enseignent pas ou ne soignent pas et grâce à un pouvoir décentralisé les décisions seront toutes prises y compris dans la hiérarchie au niveau le plus local possible, car le plus proche de la réalité. 

J’écoute déjà tous ceux qui ne veulent que rien ne change et qui vont trouver tous les prétextes, les références historiques, les amalgames pour démontrer que leur conservatisme doit être le plus fort et que l’avenir du pays passe bien après leur propre intérêt personnel ou corporatiste.

Tout a été essayé dans la planification jusqu’à l’infantilisation de notre société, alors pour ceux à qui la France veut encore dire quelque chose, ceux qui sont attachés à nos valeurs, notre survie passe par un changement total de notre vision de la société, une libération complète des énergies et à ceux qui veulent que la France continue à être généreuse et mère des droits de l’homme, cela ne sera possible que grâce à une France forte et debout !