mardi 24 mars 2026

Ce que j'ai à dire sur l'élection municipale à St Pourçain.

 

Durant cette campagne électorale je me suis tu car la campagne a été relativement calme et je ne voulais pas renchérir sur nos concurrents qui manifestement ont davantage souffert que nous.  

Ce sera ma conclusion de cette campagne et ensuite je tournerai la page, à moins que l’opposition ne surenchérisse par une nouvelle procédure, pour me consacrer à ma fonction de maire au service de tous les St Pourcinois par une collaboration sincère avec l’ensemble du Conseil Municipal.

Mais je veux revenir sur deux ou trois éléments qui m’ont choqué car j’ai été directement ou indirectement cité.

J’ai constaté effectivement que la page Facebook de la liste Ensemble pour St Pourçain, à la différence de la nôtre, a été « polluée » par de faux comptes anonymes. M.Mallot s’en est plaint dénonçant l’anonymat et le manque de courage.

Je lui rappellerai juste que Bernard Coulon a été mis devant la justice sur la base d’un tract anonyme par quelqu’un connaissant parfaitement le fonctionnement de la Communauté de Communes et ressemblant bien au profil de plusieurs personnes pouvant faire partie de son entourage. Effectivement pour reprendre les termes de M.Mallot « c’est facile l’anonymat », mais tout fini par se savoir.

Que si ces faux comptes se sont acharnés sur quelques-uns de ses colistiers, M.Mallot tout en conspuant les rumeurs, accréditait en même temps le fond d’un manque de transparence et de pratiques douteuses d’un de ses colistiers, puisqu’il reconnaissait l’existence d’une affaire en cours dont il était par ailleurs parfaitement informé, je m’en suis expliqué très clairement par un communiqué.

Quelle belle charte éthique quand ses propres membres la foule aux pieds.

En outre en laissant entendre que j’aurais pu être derrière un ou plusieurs de ces faux comptes, M.Mallot se prend à son propre piège puisque dénonçant en même temps dans une publication à la limite de l’expiration de la campagne électorale, mon franc parlé et mes phrases assassines démontrant que je n’ai pas besoin de me cacher pour dire ce que j’ai à dire.

La réalité de mon point de vue est tout autre et si la liste de M.Mallot a été secouée sur les réseaux c’est bien davantage par un rejet de sa personne et certains de ses colistiers dont le programme était une copie conforme du notre, sans la connaissance des aboutissants techniques et économiques.

Il y aurait bien à dire aussi sur certains de ses soutiens ou colistiers ayant profité ou profitant toujours plus que de raison des largesses des fonds publics ou de la mansuétude des élus pour des intérêts personnels, ou d’autres s’engageant bien davantage pour régler des comptes personnels bien plus que par intérêt de la chose publique.

Quant aux supposés votes de l’extrême droite que j’aurais attiré, je revendique non pour ma liste mais pour ma position politique personnelle, une appartenance à Nouvelle Energie le parti de David Lisnard maire de Cannes le mieux élu en France avec 84% des suffrages, David Lisnard étant le Président des maires de France et vice-président du parti Les Républicains, le parti du Général De Gaulle, David Lisnard tout comme moi revendiquons une droite décomplexée républicaine et libérale.

Cependant il est de notoriété publique, que M.Mallot avait sur sa liste une personne très engagée à l’extrême droite, appartenant au parti Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan ayant pactisé avec Marine Lepen en 2017. Personne ne pourra croire que quelqu’un engagé comme cadre de ce parti ait pu retourner sa veste à ce point à la veille d’élections municipales en collaborant avec un ancien député Socialiste, candidat permanent à toutes les élections sous l’étiquette du Parti Socialiste. Donc sans doute que des électeurs se sentant trahis aient voulu sanctionner ce cadre en reportant leur vote sur la liste que je menais.  M.Mallot avait donc l’extrême droite et l’extrême gauche sur sa liste, il n’a satisfait ni les uns ni les autres.

A l’inverse il y a une chose que je suis sûr, c’est que d’anciens colistiers de M.Mallot en 2020, mais aussi des gens de gauche m’ont soutenu et voté pour moi, ils l’ont écrit, ils l’ont dit ils me l’ont dit ! En faisant le plus petit nombre de voix depuis 1995, 889 suffrages, M.Mallot fait disparaitre les amis de sa famille politique.

Et puis surtout, surtout il y a tous ceux qui ne sont ni à droite ni à gauche, qui ne font pas de politique et qui se retrouvent dans la gestion de la majorité municipale à laquelle j’appartiens, par son efficacité et les sujets traités qui intéressent les St Pourcinois.

Une élection municipale dans une ville de 5000 habitants ne se fait ni sur la droite ni sur la gauche de l’échiquier politique, mais sur la capacité des élus à rassembler et porter des gages de crédibilité, chercher une cause politique à cette élection est une manière facile d’expliquer un échec dû bien plus à une adhésion aux projets par ceux qui ont gagné.

Le score que nous avons fait avec 60,82% est le score le plus important depuis 2001 de notre majorité face à M.Mallot comme tête de liste, mieux que lorsque Bernard Coulon l'affrontait. 

Enfin un petit paragraphe, et c’est presque trop d’honneur, sur la personne de Jacques Mazet, soutien pour cette fois de la liste conduite par M.Mallot, qui pollue la vie politique St Pourcinoise depuis quelques années sans y vivre, sur des publications usant de grandes leçons de morale, ayant été depuis 15 ans de tous les combats perdus pour des candidats de l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche en passant par les partis républicains, ce qui était un signe évident que M.Mallot allait perdre.

Je n’oublie pas qu’en 2020, il a participé à l’organisation de la liste conduite par Mme Pauly et qu’après avoir été élu maire, il m’a demandé un entretien au cours duquel il est venu trahir ses amis de la veille en me déballant toute l’organisation et les protagonistes ayant joué un rôle dans la campagne électorale de cette liste en contrepartie d’une collaboration, à laquelle je n’ai évidemment jamais donné suite.

Quelle belle moralité et bel exemple de perfidie, quelle indignité, c’est par des gens comme cela que la politique devient nauséabonde et que les convictions se perdent au gré des vents tournant de la politique politicienne, se drapant dans les linges de la petite vertu. Il représente le néant, l’insignifiance de la politique, la trahison permanente des convictions et de ses amis du moment, celui qui donne des leçons sans jamais avoir exercé et que son jeune âge ne peut même pas lui prévaloir d’une expérience en tant que spectateur permanent. C’est le personnage de Triste Sire dans Robin des Bois, la mouche du coche de La Fontaine ou Petyr Baelish dans Games of Thrones.

Que ce personnage de Jacquouille reste dans son château, il y sera bien moins néfaste qu’à commenter une vie politique dont il n’en comprend rien.

Heureusement il y a dans les colistiers de M.Mallot une majorité de personnes respectables, ayant toute légitimité pour porter des convictions politiques avec honneur et dont je suis certain qu’ils seraient de parfaits élus républicains au service de St Pourçain pour lesquelles j’ai beaucoup de respect.

Et je condamne le plus fermement possible des attaques verbales qui auraient eu lieu envers une des candidates de la liste Ensemble pour St Pourçain comme je le fais pour tout candidat et élu de la République

La campagne est terminée, les électeurs ont choisi, mais maintenant que cela ne peut plus changer les résultats il faut qu’ils sachent qu’à vouloir se porter comme porte-parole du camp du bien, de la morale ou de la bien pensance, c’est d’autant plus dur à tenir quand on se fixe ses propres règles contraignantes, ou qu’on en soit le parfait contre-exemple.  

Je vais désormais m’attacher à la mission que m’ont confié les St Pourcinois, tous les St Pourcinois et je travaillerai avec tous ceux qui veulent faire avancer les choses de manière constructive, y compris avec l’opposition autant que ses positions seront claires et dénuées d’arrières pensées, je vais m’attacher au fond, aux affaires sérieuses à ce qui va améliorer la vie des St Pourcinois.

Rendez-vous en 2033 !

jeudi 20 novembre 2025

La crise de l'agriculture française : exportations en chute libre, compétitivité érodée et production en berne



 L'agriculture française, pilier économique et symbole de l'excellence tricolore, traverse une tempête sans précédent. Selon un rapport alarmant du Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), les exportations agroalimentaires ont connu une dégringolade historique, avec un solde commercial effondré de 93 % en seulement huit mois

De 4,5 milliards d'euros en 2024, il n'en reste que 350 millions à fin août 2025. Pire, les experts prévoient un équilibre proche de zéro d'ici la fin de l'année, une première en quarante ans. Cette crise multifactorielle menace non seulement les revenus des agriculteurs, mais aussi la souveraineté alimentaire de l'Hexagone. Longtemps première puissance agricole de l'Union européenne, la France voit son modèle exportateur s'effriter à vue d'œil. Les chiffres du premier Observatoire des exportations alimentaires françaises, lancé par le CNPA, sont accablants : les volumes expédiés hors frontières ont chuté de manière vertigineuse, particulièrement pour les produits phares comme les céréales, les vins et les produits laitiers. Nous assistons à une « érosion mensuelle » qui transforme l'excédent commercial en un quasi-déséquilibre. Les conséquences sont immédiates : des milliers d'emplois en péril dans les filières rurales, et une balance commerciale agroalimentaire qui passe du vert éclatant au rouge menaçant. Cette dégringolade n'est pas un accident isolé, mais le symptôme d'une vulnérabilité structurelle. Les tensions géopolitiques, comme les barrières douanières imposées par des partenaires commerciaux, ont amplifié le phénomène. Résultat : les marchés traditionnels, de l'Asie à l'Afrique, se tournent vers des concurrents plus agressifs, laissant la France sur le carreau. Au cœur de cette débâcle réside une perte flagrante de compétitivité. Thierry Pouch, économiste chez Chambres d'agriculture France, qualifie la situation de « choc terrible ». Les coûts de production français, gonflés par des normes environnementales strictes et des charges sociales élevées, rendent les produits hexagonaux moins attractifs face aux rivaux européens. L'Allemagne et les Pays-Bas, par exemple, ont vu leurs exportations agroalimentaires bondir de 15 % sur la même période, grâce à une logistique optimisée et des subventions ciblées. 

Les causes sont multiples : une PAC (Politique agricole commune) européenne qui peine à compenser les hausses d'énergie post-crise ukrainienne, et un manque d'innovation dans les filières.  Nous payons le prix d'une compétitivité sacrifiée sur l'autel de la transition écologique, les conséquences ? Une dépendance accrue aux importations, avec une hausse de 20 % des achats de produits basiques comme les huiles et les fruits tropicaux, creusant le déficit global de la France. La cerise sur le gâteau amer est la chute brutale de la production agricole. 2024 a marqué la pire récolte céréalière en quarante ans, avec une baisse de 25 % des volumes due à des aléas climatiques extrêmes – sécheresses prolongées et inondations soudaines. Les blés tendres, fer de lance des exportations, ont vu leurs rendements s'effondrer, limitant les surplus disponibles pour l'export. Cette diminution n'est pas qu'un épiphénomène météo : elle reflète une fragilité systémique. Les investissements en irrigation, en stockage de l’eau et en variétés résistantes stagnent, tandis que les jeunes agriculteurs désertent les campagnes, découragés par des marges en compression. À fin 2025, la production globale pourrait reculer de 10 %, selon les projections du CNPA, aggravant la spirale de la désindustrialisation rurale. 

La crise touche particulièrement la production animale, où le cheptel bovin s'effrite à un rythme alarmant. Depuis 2018, le nombre de vaches laitières a diminué en moyenne de 2,2 % par an, atteignant 3,1 millions de têtes en 2024, avec une accélération à -2,1 % fin 2024 et une poursuite à -1,1 % fin 2025. Les vaches allaitantes ne sont pas en reste, avec une baisse de 2 % fin 2024 et de 1,8 % projetée pour 2025. Cette décapitalisation, en cours depuis huit ans, est amplifiée par un contexte sanitaire dégradé dû aux nouvelles maladies (FCO, DNC, MHE..)  qui réduisent les naissances, particulièrement chez les mâles (-9 % pour les moins de 6 mois fin 2024). Cela a pour conséquence un départ massif d'agriculteurs âgés, un faible taux de renouvellement (seulement 40 %), et une attractivité en berne due à des rémunérations modestes et une image négative du métier. Résultat : la production de viande bovine devrait chuter de 1,8 % en 2025, à 1,29 million de tonnes équivalent carcasse, tandis que les exportations de broutards plongent de 8 %. Bien que les volumes laitiers se maintiennent grâce à une productivité accrue par vache, cette érosion menace la filière dans son ensemble, accentuant la perte de compétitivité sur les marchés mondiaux. 

La France risque de devenir un importateur net d'aliments, un scénario impensable il y a encore cinq ans ». L'enjeu est clair : retrouver une compétitivité innovante et résiliente. Sinon, l'agriculture française, ce joyau de la PAC, pourrait bien se faner sous le poids de ses propres contradictions. Une page se tourne ; espérons que la suivante soit celle d'un sursaut collectif au risque demain que notre souveraineté et même pire notre sécurité alimentaire soit dans la main de nos concurrents.

mercredi 27 août 2025

Bayrou et Macron doivent partir.

 



François Bayrou: 74 ans, rentre en politique en 1974 dans différents cabinets ministériels, élu député en 1986, ministre depuis 1993, candidat à l'élection présidentielle depuis 2002, s'est toujours opposé aux candidats de la droite républicaine lors des élections présidentielles sans soutenir ceux de gauche, a permis l'élection d'Emmanuel Macron, a été son ministre, a largement influencé ses différentes politiques depuis 2017, puis l'a forcé à devenir son premier ministre. Depuis 50 ans qu'il navigue dans les sphères du pouvoir on peut raisonnablement penser qu'il a joué un rôle dans la situation dans laquelle nous sommes et on aurait pu lui faire crédit d'un sursaut de lucidité s'il avait pu un tant soit peu commencer de rétablir la situation de la France dans son dernier poste. Ses propositions budgétaires sont mauvaises car elles n'entament en rien les dépenses de fonctionnement de l'Etat qui sont les principales sources de rétablissement budgétaires de la France.

La France croule sous les agences, organisations d’Etat consommant des crédits sans apporter aucune richesse à la France ni à ceux qui qui ont à faire à elles et pour être cohérent il faut aussi supprimer deux tiers des réglementations qui justifient le rôle de ces agences, il faut redonner de la liberté à ceux qui travaillent, de la liberté aux français.

C'est cette politique que nous avons mis en œuvre en 2015 lors de notre élection à la Région Auvergne-Rhône-Alpes sous la présidence de Laurent Wauquiez, la Région est à l'échelle d'un petit pays, telle l’Irlande, la Belgique ou la Suisse et nous avons prouvé aujourd'hui que cela pouvait marcher. François Bayrou fait aveu d'impuissance, il n'est pas utile de perdre davantage de temps, il faut qu'il parte, ses 44 milliards d'économies sont un traitement homéopathique pour traiter un cancer.

La classe politique nationale n’a pas prit la mesure du problème et par peur du soulèvement des minorités attisées par les partis extrémistes, sont tétanisés face aux actions à mettre en place. Ils sous-estiment l’immense majorité qui a soif de la mise en œuvre de mesures économiques radicales.

Et jusque dans l’Etat il faut redonner aux professionnels le pouvoir, c’est aux médecins à diriger les hôpitaux par exemple et il faut supprimer le corpus administratif qui les entoure.

Si nous voulons trouver les ressorts du rétablissement il faudra aussi qu'Emmanuel Macron parte. Il est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, il a même empiré la situation dans laquelle il a trouvé la France, cela me gêne car c'est contraire à la constitution du Général Degaulle à laquelle je suis très attaché, cela créé un précédent, mais dès 2017 j'avais prédit (et écrit) ce que nous vivons aujourd'hui, sous peine d'être mis sous tutelle par les instances financières internationales, il faut redonner la voix au peuple pour des élections présidentielles et générales.

Emmanuel Macron est le pur fruit d’une élite formée à administrer la France dans l’esprit du Général Degaulle, mais pas à la gouverner. Comme pour l’armée je suis pour interdire l’accession à des mandats politiques, sauf démission après une période obligatoire minimum, des grands commis de l’Etat, on ne peut être juge et partie.

Je m'élève fortement contre le fait que cette situation soit la faute des Français, elle est le résultat de la médiocrité des mêmes hommes politiques au pouvoir depuis 40 ans et le résultat systématique d'un vote par défaut des Français à chaque élection.

L’accession de Macron au pouvoir suprême n’a servi qu’à faire monter les partis extrémistes et populistes, gouverner au centre n’est pas l’esprit de la Ve république, c’est là qu’on voit qu’on peut être instruit et faire de mauvaises analyses basiques.

Je suis favorable au cumul des mandats dans le temps en contrepartie d'un allègement du cumul des mandats par fonction, ce qui permettra par force un renouvellement plus rapide des générations d'hommes politiques d'expérience, un quota maximum de représentation des fonctionnaires ou assimilés au parlement et une ouverture forte à la société civile, homme ou femme politique n'est pas une profession!. Je pense qu'il faut redonner la parole à ceux qui travaillent, ceux qui enrichissent la France et à ceux qui aiment leur pays.

vendredi 8 août 2025

Les agriculteurs, ces koulaks modernes

 


Quand l’actualité s’entrechoque et ressert les plats de l’histoire contemporaine.

Qui a entendu parler des koulaks ? Certainement pas les deux millions de signataires de la pétition contre la loi Duplomb, dont la culture générale s’arrête à TikTok ou Instagram, seules sources de leur apprentissage historique, auxquelles ils font toute confiance pour avaler les influences et les fausses idées servant l’idéologie décroissante.

Les koulaks, ces paysans russes exterminés après la révolution de 1917, avaient pour la plupart le « défaut » d’être propriétaires d’une ou quelques vaches, d’un peu de basse-cour et de quelques lopins de terre, dont ils tiraient, au prix d’heures infinies de labeur, quelques revenus et l’avantage de nourrir le reste de la population. En résumé : d’affreux capitalistes.

Ainsi, au nom du socialisme et de la collectivisation, ils furent expropriés et, pour les plus réticents, tués avec leur famille. Ils devinrent les boucs émissaires d’une société pauvre qui voyait en eux une honteuse richesse. Ceux qui avaient fui les campagnes pour grossir les villes formèrent une classe prolétaire nourrissant une jalousie qui mena à la révolution.

Politiquement, et bien que le vote ne soit pas une pratique courante à l’époque, les koulaks étaient plutôt des gens fidèles à la religion chrétienne et qui auraient pu voter à droite.

Entre 1928 et 1937, l’URSS procéda à la « dékoulakisation » afin de construire d’immenses kolkhozes collectifs. Il s’ensuivit des famines à répétition, dont la plus violente en 1932, particulièrement en Ukraine, qui reste le grenier à blé de l’Europe.

Les historiens ont bien documenté toute la puissance néfaste d’une politique dogmatique, déconnectée de la réalité économique.

L’agriculture française est en train de subir les mêmes effets, pour les mêmes raisons. La  battaille contre la loi Duplomb et tout ce qui l’entoure sont un excellent révélateur d’une idéologie décroissante qui s’acharne sur une profession — une population — ayant encore une fois le désavantage de posséder du capital et de voter majoritairement à droite, comme l’attestent les récentes élections professionnelles.

Le problème est très loin d’être agricole, scientifique ou environnemental. Les forces de gauche radicale se moquent éperdument de ces aspects. Ce qui compte à leurs yeux, c’est la destruction de notre société, car, selon elles, l’homme est néfaste à la planète et doit disparaître. Semer le chaos en prenant fait et cause pour l’islamisme en est un moyen ; exploiter le marché de la peur et taper sur les agriculteurs, très minoritaires et votant à droite, surtout avec le ventre plein, est une tâche facile.

Pourtant, cette agriculture n’a cessé d’accompagner l’augmentation de la population en la nourrissant toujours mieux, tout en lui permettant d’allonger sa durée de vie. Tout ce qu’on ne pourra plus produire en France, au fur et à mesure de la restriction des moyens techniques, sera toujours produit ailleurs, par des agriculteurs du bout du monde. Ni l’environnement ni notre santé n’en sortiront gagnants.

Pire encore : tous les produits interdits petit à petit aux agriculteurs professionnels formés restent en vente libre pour les particuliers. C’est là la caricature d’un acharnement : supprimer des outils aux professionnels agricoles tout en gardant le bénéfice de leur efficacité pour le confort personnel, surtout en ville. C’est exactement comme si l’on interdisait l’utilisation du clavier d’un ordinateur pour des raisons professionnelles, en faisant peur sur sa nocivité pour la santé, tout en permettant son usage à titre personnel pour surfer sur les réseaux sociaux.

Petit à petit, les agriculteurs disparaissent, surtout dans les zones difficiles à exploiter. Ainsi, dans les régions défavorisées, l’agriculture recule, l’activité de production disparaît, les cultures gourmandes en temps et en peine sont supprimées, le pastoralisme est abandonné au profit du loup — totem environnemental —, les désherbants sont interdits, et des « réserves naturelles » sont créées. En réalité, ce sont des sanctuaires où la faune animale est prioritaire sur l’activité humaine.

Il en résulte ce que l’on vient de voir dans l’Aude : des incendies gigantesques, incontrôlables, favorisés par la végétation sèche prête à s’embraser à la moindre étincelle, aggravés par le dérèglement climatique. S’ensuivront inondations et coulées de boue, faute de cultures ou de nature entretenue pour retenir les pluies.

L’extrême gauche, toujours prompte à se saisir de toute cause pour faire peur, utilisera alors le prétexte du dérèglement climatique pour expliquer aussi bien les incendies que les inondations, en prônant encore moins d’activité humaine, jusqu’à prouver, par un malthusianisme exacerbé, que l’homme doit disparaître. Elle tempêtera également contre les fermetures d’usines, conséquences de la destruction des filières agricoles, sans voir le rapport de cause à effet. La stratégie reste identique : faire peur et dénoncer toujours, en accusant l’homme et son système d’exploiter les ressources naturelles.

Les agriculteurs sont les koulaks d’aujourd’hui. Les méthodes d’extermination sont moins brutales : on ne les tue pas, on ne les enferme pas, mais on les laisse dépérir à petit feu, se suicider, on leur retire leurs moyens de production, et donc leurs revenus. Ils sont devenus les boucs émissaires d’une société qui masque ses contradictions et sa schizophrénie derrière la stigmatisation d’une minorité laborieuse.

Lors de la prochaine famine — qui viendra inévitablement —, on se souviendra qu’avant les écologistes au ventre plein, il y avait des agriculteurs, des koulaks… et que tous mangeaient à leur faim.