dimanche 31 juillet 2022

La sécheresse, l'eau et l'écologie.

 


Je vais vous parler sécheresse, eau et écologie.

Je risque d’être un peu long car difficile de traiter un si vaste sujet à la manière d’un tweet.

A la différence des écolos-bobos qui nous prodiguent leurs préceptes depuis le cœur des villes, bien bétonnées et imperméabilisées avec l’expérience des littératures toutes plus anxiogènes les unes que les autres, je pratique l’eau depuis 30 ans dans mon métier et 25 ans dans mes fonctions électives. A titre professionnel dans l’agriculture je suis irrigant et à titre électif, je m’occupe d’assainissement, d’eau potable depuis 25 ans et depuis plus de 10 ans de la gestion des bassins au travers de diverses instances telles le Comité de Bassin, les Schémas d’aménagement et de Gestion des Eaux de l’Allier et de la Sioule et diverses instances parallèles. Loin de vouloir faire étalage des fonctions que j’occupe, mais de mettre en parallèle la pratique et la théorie.

La sécheresse que nous subissons, une de plus, est la conséquence du dérèglement climatique constaté, mais pas anormal dans le long cycle de la terre qui depuis des millions d’années alterne réchauffement et refroidissement pour diverses raisons et celui actuel aggravé par l’activité humaine. Cela dit au passage nos écologistes toujours plus contradictoires ou soumis à des intérêts financiers portés par des puissances exportatrices de matières fossiles, parfois Russe, n’hésitent pas à favoriser l’électricité dans nos activités tout en combattant la production par le nucléaire ou l'hydraulique qui sont les modes de production les moins polluants.

Ainsi donc la sécheresse que nous vivons fait suite à plusieurs et devancent toutes celles à venir pour des dizaines d’années, une étude allant jusqu’en 2050 prévoit un dérèglement de la pluviométrie encore plus important. Je parle bien de dérèglement de la pluviométrie car ce que nous vivons cette année fait suite à une année pluvieuse excédentaire l’an dernier et un excès d’eau violent en juin dernier. Il a plu sur quelques jours entre 140 et 200mm ce qui représente entre 1400 et 2000m3 à l’hectare ou 140 à 200l/m². Une telle pluviométrie et avec une telle intensité a fait que 80% de cette eau est repartie à la mer, impossible pour les sols, les nappes et les zones humides de capter toute cette eau, sans parler des zones imperméabilisées. Ainsi donc forts de la pluviométrie exceptionnelle de l’an dernier et de gros coups d’eau jusqu’à maintenant, nous sommes incapables de garder seulement une petite partie de cette eau pour combattre la sécheresse.

La sécheresse ce n’est pas uniquement l’agriculture, c’est aussi l’eau potable, la défense incendie, les usines.
L’agriculture c’est notre alimentation et comme c’est important quand on voit les rayons vides des magasins.

Mettre en opposition la méchante irrigation sur d’immenses surfaces et le gentil jardinier qui collecte partiellement son eau de pluie, c’est mettre en opposition une agriculture capable de nourrir plusieurs dizaines de personnes par hectare avec 300mm d’irrigation sur tout un été, contre un jardinier nourrissant 2 à 4 personnes avec l’équivalent de 3000mm par hectare. Oui, l’INRAE a fait de nombreuses études prouvant qu’un hectare de maïs consommait en irrigation 300mm/ha, un hectare de maraichage 3000mm/ha et un maraichage sous serres 13000mm/ha.

Jusque dans les années 90 la France a créé des barrages, sur l’Allier Naussac est le dernier construit et grâce à lui permet de soutenir l’étiage (l’écoulement) tout l’été. Qui penserait à supprimer ce barrage aujourd’hui ? Il fait suite à Villerest qui soutient la Loire et les deux conjugués permettent un approvisionnement en eau sur tout l’été même par fortes sécheresses. Oui mais voilà depuis 1990, d’une part la population a augmenté, surtout dans les villes, l’économie avec et les sécheresses estivales s’accentuent.

Le courant écologiste en permanence minoritaire mais bruyant, n’a pas permis la construction ni de Chambonchard sur le Cher ni de Serre de la Farre sur la Loire, on en paye aujourd’hui les conséquences par le prix de la compromission politicienne.  Chaque année le Val d’Allier, grâce à la vision brillante des hommes politiques depuis 40 ans qui ont construit l’interconnexion des réseaux d’eau sur notre département, permet d’alimenter Montluçon et la vallée du Cher grâce à l’exportation de 650.000m3. Sans cela Montluçon n’existerait plus.

Ainsi donc le barrage de Chambonchard n’a pas pu voir le jour, mais ironiquement grâce au barrage de Naussac, Montluçon a de l’eau à grands frais et au détriment du bilan carbone.

Le stockage de l’eau devient donc une des solutions pour subvenir aux sécheresses à venir. Le stockage naturel de l’eau en premier grâce aux zones humides qu’il faut préserver. Mais là aussi les écologistes font du mal au milieu naturel. Ces derniers veulent absolument préserver les forêts notamment dans les montagnes ce qu’on appelle les têtes de bassin. Le problème c’est que l’expansion de la forêt se fait au détriment des zones humides, les assèche et diminue leur capacité de stockage. Il faudrait pour préserver les zones humides aider l’élevage qui permet de garder des zones « ouvertes » en prairie, mais garder l’élevage veut aussi dire manger la viande que les écologistes combattent aussi car l’élevage émettrait des gaz à effet de serre et combattre les loups et les ours qui détruisent l’élevage, autre tabou écologique qui préfère le loup et la viande de synthèse à l’eau indirectement.

Il faut reconstituer le stockage de la neige qui ne tombe plus et qui était un stockage naturel d’eau sur ces zones humides en montagne. Il faut donc gérer les zones humides pour une capacité maximum notamment en hiver.

Mais on n’échappera pas au stockage artificiel, par des retenues de moyennes tailles multi-usages dans les vallées et les plaines et sans doute la construction de grands barrages capables de retenir à l’image de Villerest et Naussac plusieurs millions de m3 d’eau prélevés en hiver quand l’eau ne manque pas. Sur le bassin Adour-Garonne d’ici 2030 (c’est demain) il va manquer par an 1,5 milliards de m3 rien que pour l’alimentation en eau potable, principalement pour Toulouse, Montpellier et Bordeaux.

Bien sûr que l’économie d’eau est essentielle dans la politique de gestion, mais qui est prêt à supprimer toutes les piscines ? supprimer l’export de l’eau en bouteille ? ne plus laver les moyens de transport ? ne plus arroser les pelouses et espaces verts ? et ne plus prendre qu’une douche et faire une machine à laver par semaine ? C’est pourtant ce que préconise l’étude explore 2050 si on n’augmente pas la ressource en eau, c’est-à-dire son stockage.

Seules, les économies ne seront pas possibles même s’il convient de rendre les réseaux d’eau potable moins fuyards, l’irrigation plus performante et les process industriels utilisateurs en circuit fermé.

Le stockage artificiel devra se faire sous deux formes principales, quelques grands barrages alimentant les fleuves par un soutien géré sur les années et des retenues de moyennes tailles, quelques milliers de m3, afin de pallier le court terme dans ses différentes utilisations.

On peut comparer deux rivières distantes d’à peine quelques kilomètres dans un même bassin, la Sioule et la Bouble, l’une soutenue par le barrage des Fades, l’autre sans soutien. En cas de sécheresse c’est la continuité écologique dans la Sioule et c’est l’assec, la mort de toute biodiversité dans la Bouble.

En outre ces grands barrages fournissent une électricité complètement décarbonée, on ne peut plus verte et stockable par la réserve en eau que le barrage contient.

Le Canada qui est un des pays ayant le plus d’eau sur son territoire a maillé le pays de grands barrages qui régulent et produisent de l’électricité de manière continue sans subir les aléas du vent ou du soleil.

Le Lac du Der, lac complètement artificiel dans la Haute Marne est devenu la plus grande zone humide écologique d’Europe de 48km² et 350 millions de m3, alors que sa création en 1967 a été initiée pour l’alimentation en eau de Paris.

Les barrages sont au détriment de quelques hectares noyés, la solution de la vie sur terre, celle des hommes mais aussi celle de toute la biodiversité.

Et plus en aval il convient de constituer au gré des zones utilisatrices (plaines agricoles, zones urbaines, zones économiques, zones touristiques) des réserves de moyennes tailles pour assurer la consommation d’eau localement en puisant sur les excédants hivernaux qui le plus souvent inondent avec beaucoup de dégâts des villes entières.

Il faudra réutiliser l’eau usée sortant des stations d’épuration, ce qu’on appelle la « réu », comme c’est déjà le cas à Clermont Ferrand où la totalité de l’eau de la STEP sert à irriguer 1500ha de la plaine de Limagne l’été après avoir été stockée et dépolluée par les rayons UV dans de grands bassins tout l’hiver. Ou comme à St Pourçain l’eau qui sort de la STEP, traitée à l’ozone de qualité eau potable.

Le BRGM, qui est une référence mondiale dans l’étude et l’utilisation des ressources naturelles terrestres vient dans un épais rapport affirmer que les « bassines » (réserves d’eau artificielles) si contestées dans les deux sèvres, amélioraient le stockage dans les nappes phréatiques et même le fonctionnement du Marais Poitevin.

Il y a aussi la possibilité des plantes génétiquement améliorées résistantes à la sécheresse, combattues là aussi par les écologistes.

Les solutions passent toutes par la recherche, la science, l’expérimentation et le progrès, j’en suis convaincu.  

Il est vrai que j’ai entendu dans de hautes instances de la bouche même de ces écologistes que nous étions trop nombreux sur terre, quand le malthusianisme est la boussole, la vie devient vite contradictoire avec la nature dont ils favorisent aussi la destruction.

Si nous sommes trop nombreux sur terre, je ne les empêche pas de montrer l’exemple.

Les écologistes avec leurs thèses antitout, avec leurs solutions de retour à la nature comme un jardin d’Eden, par leur dogme et leurs incantations détruisent la nature, détruisent la vie et empêche toute adaptation, tout progrès.

Il y aurait encore beaucoup à dire, évidemment ce texte ne fait pas peur, il n’est pas effrayant, il n’a donc peu de chance de faire de grands échos si vous avez eu le courage de le lire jusqu’au bout, mais outre le fait de remettre l’église au milieu du village, il apporte des solutions, ces solutions dont on reproche si souvent aux hommes politiques de ne pas apporter.

Hélas actuellement lorsque le bout d’une décision politique est prise elle devient difficile à mettre en œuvre, freinée par une administration de l’eau vérolée par des militants écologistes activistes rongeant de l’intérieur l’application par le système.  

Lorsque dans notre pays, sur ce sujet comme sur d’autres, les majorités constituées réussiront à faire loi par -dessus les crieurs d’apocalypse, nous aurons fait un progrès, un seul, celui de faire avancer notre pays vers la modernité et l’adaptation au climat qui change.

mardi 12 juillet 2022

mercredi 20 avril 2022

M.Boudot s'en est allé...

 

Une large assistance dans l’église de St Pourçain ce jour pour rendre un dernier hommage, anciens collègues, élus anciens et actuels, membres d’associations, St Pourcinois pour témoigner à ce serviteur de la Chose Publique leur amitié et le plus souvent leur remerciement.

Lui qui a donné toute sa vie et même une partie de sa retraite au service des collectivités locales, à leur direction, l’homme de l’ombre, celui qui ne discours pas sur les estrades, mais qui a accompagné les élus durant plus de 40 ans à la mairie de St Pourçain, au SIAD et à la communauté en pays St Pourcinois, permettant à ces élus de mettre en œuvre les programmes sur lesquels ils ont été élus.

Il a dans une loyauté parfaite servi des pouvoirs politiques différents, des maires différents, mis en œuvre des projets différents, mais toujours dans un esprit désintéressé, pour que chaque argent mis à disposition par les citoyens soit utilisé à bon escient.

Il a concouru au changement de St Pourçain, à son développement économique aux côtés de Bernard Coulon qui n’a pas manqué de lui rendre hommage dans cette église Ste Croix qu’il pratiquait souvent avec son épouse en chrétien affirmé.

Sans doute trop peu de nos concitoyens ne savent ce que St Pourçain lui doit dans ses réalisations, sa modernisation et la multitude de services déployés au fil du temps à la mairie.

Il est l’exemple du fonctionnaire passé et actuel, laissant aux hommes politiques de passage les tribunes pour des réalisations décidées ensemble avec le souci pour lui de l’abnégation.

Elu en 1995 comme jeune adjoint en prenant les fonctions de l’urbanisme, j’ai tout appris de lui du fond comme de la forme. Il a été un professeur pédagogue permettant d’apprendre les bases de la fonction d’élu, en insufflant le souffle de la rigueur et de l’honnêteté.

Il a su me faire comprendre que tout n’était pas possible et que s’il était facile de dire oui, le non était parfois nécessaire quand parfois même il s’imposait.  Mais je retiens surtout que l’argent public doit être utilisé en étant à chaque fois capable de le justifier auprès des électeurs avec la plus grande rigueur.

Je veux rendre hommage aussi à l’homme, au père de famille que j’ai côtoyé avant d’être élu, avec ses enfants, Emmanuelle, Philippe, Anne, Sophie et son épouse Marie-Claude.

Avec Philippe nous avons le même âge à quelques jours près, nous avons passé presque chaque jour ensemble à la musique, à l’école, chez l’un chez l’autre durant des années.

J’ai toujours senti et apprécié une famille unie où chacun jouait son rôle avec une bienveillance forte des parents sur les enfants. J’ai partagé tant de choses avec eux et pour chacun une raison différente sans jamais que je me rappelle du moindre nuage dans nos relations.

La vie s’est déroulée et nous a tous éloigné, mais je suis resté en contact avec M et Mme Boudot, sa santé s’est dégradée rapidement il y a peu, mais son décès est un réel choc.

Je lui dois beaucoup de l’homme politique que je suis, des règles qu’on doive s’imposer à cette fonction mais je garderai en dernier lieu le souvenir lorsqu’une semaine sur deux il passait me prendre avec Philippe pour nous emmener et venir nous chercher aux répétions de l’Harmonie le samedi soir dans son Audi 80 rouge, sans doute la seule à St Pourçain à cette époque.

Pour paraphraser Emmanuelle, Chatet, rue des Templiers, qu’il repose au troisième sommet du triangle de toute sa vie à St Pourçain.

mardi 12 avril 2022

2017 en pire...

 Nous aurons donc pour la deuxième fois consécutive le couple Macron/Lepen au deuxième tour des élections présidentielles de 2022. N’était-ce pas d’ailleurs la volonté du président sortant ?

Toute l’histoire commence lorsque la presse nationale propriété de quelques milliardaires décident pour leurs intérêts de faire prendre la mayonnaise Macron en 2017. Bien aidés par quelques juges « rouges » ayant pour mission de dézinguer Fillon pour quelques costumes et l’emploi de son épouse, sans aucune comparaison avec la collusion Macron/Mac Kinsey ou bien même tous les membres de familles embauchés avant 2017 par leur conjoint de ministres macronistes, les mettant à égalité avec le couple Fillon.

Bref, le « en même temps » ni gauche ni droite, le parti central récupérant tous les besogneux de la politique avides de postes, a détruit la gauche et la droite républicaine. J’écrivais ici-même en 2017 qu’inévitablement cela aurait pour effet en 2022 de faire monter les extrêmes, c’est logique l’opposition est repoussée en dehors du parti central vers plus de radicalisme. 5 ans après le paysage politique national fait face désormais à deux clivages souvent complémentaires, les gens bien formés sans problème de fin de mois contre ceux qui galèrent chaque jour, et les villes contre les campagnes. Chacun suivant ses convictions politiques mettant alors son bulletin de vote dans l’urne à l’extrême gauche ou l’extrême droite.

Cela n’enlève rien aux gestions plus locales détenues à 90% par les anciens partis dits « républicains » mettant lors des élections locales des raclées au parti présidentiel jusqu’à l’absence totale de représentation.

Forts en 2017 d’une majorité de députés à l’assemblée-nationale choisis par Internet, pour certains n’ayant jamais voté le moindre budget local, sans aucune expérience de la vie politique dont le seul rôle est de jouer les godillots aux ordres du président et du gouvernement avec très souvent un mépris et une humiliation pour les députés de l’opposition ayant pour certains plusieurs élections à leur actif.

Ainsi l’élection que nous venons de vivre voit s’affronter ce clivage Macron/extrêmes jusqu’au plus petit niveau local et ce n’est pas prêt de s’arrêter jusqu’à sans doute l’incroyable.

Au niveau très local quelques exemples : 47,5% à Bert, hormis un manque de reconnaissance de la ruralité quelle autre raison d’un tel score dans ce village rural de 200 votants ?

Mais le plus beau c’est le village de Lenax, 215 inscrits, un maire soutien inconditionnel de Macron et de la députée macroniste, qui a reçu le premier ministre en 2019 lors du grand débat, qui a été en visio-conférence avec le Président de la République lui-même en avril 2021 dont Lepen arrive en tête avec 41,5% des voix reléguant Macron en deuxième place à 23,3%. Oui Lepen fait presque le double des voix de Macron et ce n’est pas faute d’avoir mis ce village sous tous les bons auspices macronistes. Il y a de l’insécurité à Lenax ? des problèmes d’immigration ?

Macron a dit lui-même que si à la fin de son premier mandat il n’avait pas réussi à faire baisser l’extrême droite ce serait un échec, il est à deux doigts de faire élire sa représentante. Si jamais cela devait arriver il faut tout de suite bien affirmer que cela sera sa grande faute à lui personnellement et tous ceux qui l’entourent ou le soutiennent. Il ne faudra pas chercher d’autres responsables, les responsables seront les macronistes !

Je n’irai pas sur l’analyse du fond, ni le programme de Macron, ni celui de Lepen sont capables de sortir la France du marasme présent mais surtout à venir, avec Lepen le chaos et Macron les piqures de morphines à grands coups de « chèques consommation » endettant chaque jour un peu plus notre pays. Dans cinq ans ce sera encore pire que maintenant et sans doute un pouvoir national déliquescent.

Il reste le troisième tour, celui des législatives où je souhaite une défaite des députés macronistes et une victoire de la droite républicaine dont les idées sont majoritaires en France avec comme première valeur le travail et la récompense de ceux qui travaillent. C’est tout à fait possible car les députés sont des élus locaux connus par leur ancrage politique et si j’en juge aux dernières élections locales cela peut se faire. Cependant à ce jour la gauche est la mieux placée pour réussir ce troisième tour, une union Insoumis, verts et PS avec Mélenchon à sa tête est la mieux armée pour porter une majorité à l’Assemblée Nationale si leurs responsables ont l’intelligence de s’entendre.

Vous imaginez Macron ou Lepen avec comme premier ministre Mélenchon ?

En 2017 j’avais écrit que Macron n’aurait pas de majorité à l’Assemblée Nationale et je me suis trompé, alors j’espère que quel que soit le/la président(e) il/elle saura se constituer une majorité de députés.  

Donc désormais rendez-vous les 12 et 19 juin !

dimanche 6 mars 2022

la e-lettre de février du conseiller régional

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A la veille d'une crise alimentaire mondiale

 

Je vais vous parler de crise alimentaire.

La guerre en Ukraine précipite une situation qui de toute façon serait arrivée très vite.

En effet la crise COVID en perturbant la vie économique avait déjà commencé son œuvre de déstabilisation des marchés alimentaires.

Qu’est-ce qu’un marché alimentaire ? C’est toute la filière et l’ensemble des démarches pour arriver au produit final qui sert de nourriture à l’homme sur terre, considérant que l’homme est un omnivore. L’ensemble de la filière c’est l’agriculture c’est-à-dire, la semence, ses capacités de croissance, le machinisme qui remplace la force animale et humaine, la récolte, les stockages et transports qu’on appelle manutention, la transformation et le commerce tout au long de la chaine. C’est bien sûr tout cela encadré par l’intelligence humaine.

La crise COVID a donc perturbé toute cette chaine soit par défaut de moyens de production parce que les usines se sont arrêtées (engrais, machinisme..) parce que les coûts de production, manutention, transformation, ont bondi sous l’augmentation du coût de l’énergie, raréfiant tous les éléments de la chaine économique et en conséquence augmentant son prix de revient. La crise COVID a accrue aussi la volonté des pays dépendants d’autres pour leur alimentation, à réduire cette dépendance en augmentant les stocks par l’achat de denrées alimentaires plus que d’ordinaire, on a immédiatement vu l’effet sur l’augmentation du prix des matières premières. Bien sûr cela créé un déséquilibre mondial car seuls peuvent le faire ceux qui ont la trésorerie pour, la Chine, l’Asie et les pays pétroliers du Moyen-Orient.

La guerre récente en Ukraine multiplie encore ce facteur de crise alimentaire car en quelques années et par de très gros investissements la Russie et l’Ukraine sur leur partie sud sont devenus les premiers exportateurs mondiaux de blé, de tournesol et en moindre quantité de maïs représentant 30% du commerce mondial, se substituant à l’Europe qui a fait le choix de la baisse de production. Sans doute Poutine a des velléités stratégiques de rapport de force, mais bien plus encore de posséder l’arme alimentaire par la production et le commerce avec le port Ukrainien d’Odessa un des plus importants au monde pouvant charger de très gros bateaux (panamax) en eaux profondes. L’Ukraine dans sa quasi-totalité et la Russie dans sa partie frontalière sud-ouest disposent du potentiel de production le plus fort au monde par la qualité de ses terres les tchernozioms.

A ce jour 6 millions de tonnes de blé en stock sont bloqués en Ukraine et Russie dont la destination était l’Afrique du Nord (Egypte, Algérie, Maroc...) qui disposent de quelques semaines de stocks pas plus, mais surtout qui n’ont pas les moyens d’acheter du blé qui est passé de 200€/T à 400€/T en quelques mois. Le blé reste la base de l’alimentation mondiale suivi du riz, la Chine est le premier producteur mondial de blé mais très insuffisamment pour nourrir sa population.

La France produit chaque année environ 40 millions de tonnes dont la moitié pour son utilisation nationale et l’autre moitié à l’export, l’Europe et aussi l’Afrique du Nord. Fin février la France dispose d’environ 3 millions de tonnes de stock, donc très loin de pouvoir satisfaire le besoin d’Afrique du Nord mais c’est sans compter le besoin du reste du monde. Le prix de la tonne de blé reflète bien la pénurie mondiale, même avec les USA, l’Argentine, le Canada ou l’Australie les autres grands pays producteurs.

Une pénurie de blé sur l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Est aura pour conséquence de forts mouvements de révoltes des populations, en ce qui concerne l’Afrique du Nord il faut s’attendre à de forts mouvements migratoires vers l’Europe.

En outre la Russie est un des principaux pays producteurs d’engrais grâce à son gaz et donc ce marché est en pénurie complète, difficile d’acheter des engrais et leur prix en un an est passé pour le principal qu’est l’Urée de 180€/T à 700€/T. Pour bien comprendre un blé sans engrais peut produire naturellement en bonnes conditions 4T/ha, avec de l’engrais 8 à 10T/ha. Pour le blé cette année en France, il ne devrait pas y avoir de problème car les stocks sont là, mais quid de l’an prochain ou des cultures qui seront semées au printemps. La France là encore a fait le choix de fermer presque toutes ses usines d’engrais au profit de la Russie, l’Egypte et la Chine.

C’est sans compter avec le climat, imaginons des sécheresses comme en 2018, 2019 et 2020 c’est 40% de rendements en moins. La France sous la pression des écologistes combat le principe de stocker l’eau abondante en hiver pour s’en servir l’été donc impossible de pallier aux sécheresses. Jusque là on importait ce qui manquait, c’est-à-dire qu’on importait l’eau qui a servi à produire les cultures, surtout les fruits et légumes très gourmands en eau, mais dans ce marché mondial très perturbé une sécheresse pourrait faire craindre le pire.

En résumé à ce jour, aucune crainte sur notre alimentation par-contre une très forte hausse des prix à attendre sur les produits finis d’autant plus qu’ils seront transformés. Dans une baguette de pain à contrario vu que le blé représente 2% du prix, il n’y a aucune raison d’une augmentation, le doublement du prix du blé revient à augmenter de 0,02€ par baguette.

A moyen terme, il faut se rappeler qu’on ne récolte en agriculture une seule fois par an, le manque d’engrais risque d’entraîner des répercussions sur les cultures qui vont être semées au printemps (maïs, tournesol, pommes de terre, sorgho…) et l’hiver prochain si les difficultés d’approvisionnement perdurent sur les céréales d’hiver pour l’Europe. Par-contre il faut s’attendre à une chute de production des céréales sur l’Ukraine et la Russie, cette campagne car il sera difficile de récolter et pour la récolte suivante car il sera difficile de semer, je rappelle un déséquilibre à prévoir de 30% du commerce mondial, une paille.

A long terme il faut augmenter en Europe notre souveraineté alimentaire, cela passe par un changement de paradigme de la PAC qui prévoit une baisse de la production, l’activation de nouvelles technologies sur les plantes afin d’être capable de les faire pousser avec moins engrais et avec une résistance à la sécheresse et aux maladies, la robotisation et la numérisation pour pallier au manque de main d’œuvre et le stockage de l’eau pour contrer le changement climatique.

Certaines thèses écologistes occidentales, portées par des militants le ventre plein, prônent le malthusianisme, c’est-à-dire la régulation naturelle de la population en fonction des crises, c’est sans moi, ou alors qu’ils nous montrent l’exemple.

Conclusion : l’abondance de nourriture et sa variété subventionnées très largement en Europe ont fait oublier trop vite que des épidémies ou des guerres pouvaient faire craindre des crises alimentaires mondiales, il convient en Europe de retrouver au plus vite sa souveraineté alimentaire par l’emplois de techniques innovantes et de produire au maximum du potentiel pour nourrir en partie les populations des pays sans agriculture du fait de leurs conditions naturelles, en cas de défaut les guerres pourvoiront au déficit alimentaire à celui qui sera le plus fort.

L’alimentation, l’eau, l’agriculture sont des vecteurs de paix, il ne faudra jamais l’oublier.  

jeudi 3 mars 2022

Le SDAGE a été voté, 3,6 milliards € voués au gaspillage d'argent public.


 Mon discours:

Mesdames et messieurs le 22 octobre 2020 était adopté le projet de SDAGE par une faible majorité de 49% des voix, tandis que tous les autres bassins adoptaient leur projet de SDAGE à plus de 70%.

Il faisait pourtant l’objet d’un gros travail en amont, de la part de différentes commissions dont celle de la planification et d’une consultation importante de tous les acteurs de l’eau du bassin.

Cette majorité obtenue grâce à une forte abstention, prouvant une faible adhésion à ce projet aurait dû alerter tous ceux qui en charge de l’élaboration du SDAGE faisaient fausse route.

Je veux parler bien sûr du secrétariat technique de bassin dans toutes ses composantes et tous ceux en charge de la constitution de l’état des lieux et des propositions des mesures à prendre dont il était clair que dans sa majorité le comité de bassin n’adhérait pas à leurs thèses.

La cause en revient principalement au SDAGE précédent qui n’a semble-t-il rien résolut, l’état des lieux 2019 est formel, 27% des cours d’eau étaient en bon état écologique en 2013, ils ne sont plus que 24% en 2019.

Lorsqu’une politique ne marche pas l’intelligence est d’en changer, surtout vu son coût j’y reviendrai plus loin.

Ainsi fort d’un projet auquel une majorité n’adhère pas, la procédure pour arriver à aujourd’hui voudrait que l’on consulte et là aussi le bon sens voudrait qu’on écoute tous ceux qui ont un avis à donner, surtout ceux qui ont un avis différent puisque le passé nous rappelle que les résultats sont mauvais.

Mais rien n’y fait, la consultation est certes faite dans le respect de la procédure, on écoute mais on n’entend pas.

Aucune prise de conscience ou de mise en perspective des différents avis, l’expression du militant associatif, du citoyen moyen, souvent nourri par l’encyclopédie universalis Facebook a autant de poids et parfois davantage qu’un élu représentatif de centaines, de milliers ou de millions de personnes, pas plus d’ailleurs que l’usager économique dont ses techniciens travaillent à des avis basés sur la recherche et la science.

Il existe même des études faisant loi sur le bassin, portées par des établissements publics, mais dont on se sert pour caler les pieds des bureaux des rédacteurs du SDAGE. 

L’activité humaine, l’économie, l’aménagement du territoire sont autant de gros mots dans un processus où le dieu de l’écologie punitive fait parvenir ses encycliques par la voie de ses prophètes, prônant la décroissance et le malthusianisme.   

Ne cherchez pas vous ne trouverez dans ce document d’orientation aucune référence à l’économie.

Alors que dans le projet de SDAGE il est écrit que l’avis doit être ascendant, on fait fi de l’avis des SAGE, celui que je préside comme les autres, la science infuse est à Orléans, y siège le pouvoir suprême d’orientation du bon courant pour les territoires, en estimant pour ceux-ci bien heureux de recevoir quelques subsides pour contrer les responsabilités de ces mauvais résultats, dont ces mêmes territoires sont forcément responsables.

Et on persiste dans la mauvaise direction puisque le projet de SDAGE présenté ce jour avoue lui-même que 79% des cours d’eau, 80% des plans d’eau, 46% des nappes, 67% des estuaires, risquent de ne pas atteindre le bon écologique en 2027, on imagine même déjà un régime dérogatoire.

C’est normal puisque ce SDAGE maintient le cap sur la continuité du précédent.

Le SDAGE est un document d’orientation, c’est l’article L121-2 du code de l’environnement, mais en Loire-Bretagne on innove en lui ajoutant des déclinaisons, ce qui transforme le SDAGE en énormes documents contraignant, parce que l’administration lorsqu’elle a un problème en France dispose du pouvoir magique de la loi, du règlement, des prescriptions, des circulaires et des mises en compatibilités dont on voit aujourd’hui au niveau local comme au niveau national l’efficacité, menant à la continuité Eco sclérosante vers la dégradation des milieux normatifs.  

Et le SDAGE Loire-Bretagne est un modèle du genre, il dépasse de loin tous ses homologues, 786 pages en trois tomes dont l’objectif premier est que chaque citoyen puisse se l’approprier.

Je vous livre une phrase type p76 du Tome 1 :

Par ailleurs, d’autres substances dites ubiquistes correspondent à des polluants persistants, bioaccumulables,toxiques et multisources s’avérant omniprésents dans l’environnement à savoir : les diphényléthers bromés,le mercure, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS),les dioxines, l’hexabromocyclododécane, l’heptachlore et le tributylétain.Des actions de réduction efficaces sont alors difficiles à mettre en place concernant ces deux catégories de substances mais devront être étudiées dans la mesure des techniques économiquement acceptables dès lorsqu’un rejet est identifié.

On sent tout de suite que Mme Michu ou M. Martin va très vite pouvoir s’approprier l’idée de ce texte, et ce n’est pas un exemple isolé.

Je vous la traduis en français moyen : Lors de la présence de polluants persistants difficiles à éliminer, on cherchera la source et on essaiera de la réduire par des techniques économiquement acceptables.

Je n’irai pas plus loin sur le fond, lorsque l’orientation en vient à dicter l’usage des pratiques locales dans ses moindres détails, on se rapproche très rapidement de la dictature administrative, le SDAGE devient alors un document prescriptif qui s’adosse au code de l’environnement, qui l’amplifie, qui ne résoudra rien, mais qui justifiera le travail de tous ceux qui sont en charge de son élaboration et dans ce domaine comme dans d’autres on pourra dire fièrement pour se rassurer « en matière de gestion de l’eau on a pourtant tout essayé ».

La Loire coule depuis le Mont Gerbier des Joncs jusqu’à Nantes depuis des millions d’années, mais en continuant dans la même démarche, vous verrez qu’on finira par préconiser d’inverser son sens d’écoulement pour résoudre les problèmes, avec le même résultat connu par avance.

Le problème est que cela a un coût toutes ces déclinaisons et le SDAGE annonce la couleur, 3,6 milliards d’ici 2027, 10700 mesures pour ne pas atteindre les objectifs !

Je vous prends à témoin Mrs Mmes les usagers économiques, chefs d’entreprises, citoyens, mais aussi les élus représentant les collectivités de toutes tailles, qui d’entre vous auraient le courage d’établir des budgets de milliers, de millions, de milliards d’Euro, dont les ressources viennent des taxes et prélèvements sur nos concitoyens, dont par avance vous savez qu’il n’y aura pas de résultat ?

Qui peut décemment dans la situation économique de notre pays et de nos concitoyens décider de taxer des gens pour alimenter un puit qu’on sait sans fond ? Si le SDAGE est voté aurez-vous le courage de l’expliquer à vos électeurs ou mandant ? de répondre à la presse sur ce gaspillage d’argent public dont vous aurez participé à la décision ?

Au cours de la consultation nous sommes un certain nombre à avoir exprimé des idées différentes qui se résument en une seule, redonnons l’argent collecté aux collectivités locales qui savent mieux que personne bien employer cet argent pour tous les usages suivant leurs compétences, avec des orientations dont les résultats sont à portée des objectifs qu’on se fixe, qui allient économie avec une écologie de solutions.    

Je finirai sur la forme, le SDAGE a été élaboré par la commission planification dont je fais partie, où je me suis épuisé à ne jamais être entendu, mais surtout à passer du temps pour couper des cheveux en quatre, déplacer des virgules, changer un mot dans une phrase et principalement passer son temps à chercher dans le dictionnaire des synonymes.

Moins de 20% des élus inscrits à la commission planification étaient présents aux 7 journées de travail, que dis-je aux nombreuses heures de dissections scripturales, à l’élaboration de phrases dont je vous ai fait lecture, les élus ne sont ni des techniciens ni des académiciens, leur rôle est de décider pas de passer du temps pour torturer les textes, dans des agendas plus que serrés.  

Mais là où le bât blesse c’est que pour décider il faut aux élus les moyens de le faire et avoir la communication des éléments, être renseigné.  

Madame la Préfète j’ai cherché les comptes-rendus des commissions planification, encore tout à l’heure j’ai vérifié aucun compte rendu disponible, est-ce normal ?

On voit très bien que rien n’est fini ni clair, depuis lundi le service des instances ne cesse de nous envoyer des erratums, dont il est difficile de rapprocher des discussions en séance puisque justement nous n’avons pas les comptes rendus. On devine qu’en coulisse chacun s’agite pour que jusqu’au dernier moment ses intérêts soient pris en compte modifiant ainsi les textes arrêtés lors de la dernière séance de la commission planification.

Et puis les séances s’éternisant, la convocation pour la dernière commission planification dont l’objet était le vote définitif pour la présentation devant ce comité de bassin, n’a absolument pas respecté le règlement puisque le 4 février les membres présents en fin de soirée ont décidé entre gens de bonne compagnie de reporter ce vote au 9 février soit 5 jours plus tard alors que le règlement impose 15 jours avec convocation.

Cette infraction au règlement est grave dans un établissement de la République.

Le caractère d’urgence aurait pu être invoqué mais n’apparait pas sur la convocation et pour cause rien ne pourrait le justifier puisque les invitations au comité de bassin n’étaient pas envoyées.

Pas de compte rendu, le non-respect du règlement, des erratums sans pouvoir vérifier de leur bien fondé, 786 pages dont les effets nuls sont connus par avance, un bréviaire voué à la décroissance.

 Mesdames et messieurs, en élu de la république responsable que je suis il m’est impossible de cautionner cette monstruosité administrative, ce déferlement d’algues vertes prescriptives, ce gaspillage financier, je voterai contre ce SDAGE et vous demanderai de faire de même, le SDAGE 2016-2021 ainsi continuera de s’exercer et nous aurons 6 ans pour tout remettre à plat sans urgence.  

Je vous remercie de m’avoir écouté. 


mardi 28 décembre 2021

Limagrain et maintenant?

 


J’avais dit que je reviendrais sur les derniers évènements au sein de la gouvernance de Limagrain, le calme agricole entre Noël et l’an y est propice.

La presse locale a titré « une révolution de palais » j’aurais tendance à rectifier en « un arrangement de boutiquier ». Ce qui s’est passé n’est pas à la hauteur du 4e semencier mondial et on voit tout de suite les limites d’une gouvernance dont la base est une petite coopérative agricole du centre de la France. C’est d’ailleurs là le paradoxe, d’être capable de gérer une croissance de plus de 50 sociétés dans le monde, donc d’avoir une vision en altitude reposant sur quelques agriculteurs, dont pour certain la préoccupation se situe sur l’enjeu d’un big bag d’engrais.

Oui je sais, je ne vais pas faire plaisir à tout le monde encore une fois mais j’assume mon franc parler.

Cette superbe aventure qu’est Limagrain repose dans les faits sur quelques hommes qui se trouvent là au bon moment, au moment de choix importants parfois par chance, souvent par volonté de dépassement. Charles De Gaulle disait « l’action, ce sont les hommes au milieu de circonstances. »

Ce qui vient de se passer est la suite logique de la fusion entre Domagri et Limagrain en 2010 et qui trouve son aboutissement dans cette sans doute ultime étape.

Cette fusion a été une erreur, je l’ai assez dit à ce moment-là, car associant des agriculteurs qui pour la plupart n’avaient rien à voir ni du point de vue agricole, ni du point de vue de l’histoire syndicale et politique de l’agriculture locale.

L’assemblée générale qui a entériné cette fusion a permis à un adhérent de devenir administrateur puis vice-président alors qu’il était une heure avant un des instigateurs de l’opposition à cette fusion, il paye aujourd’hui ce retournement de veste aussi rapide que son éviction.    

Le résultat est qu’aujourd’hui les activités reprises à Domagri n’existent plus, hormis quelques silos, la partie élevage et approvisionnement ont été cédés à une structure privée et Limagrain qui a gardé le nom de l’ensemble est revenue à ce qu’elle faisait avant la fusion, les semences et les métiers des grains et de la collecte. Tout ceci s’est fait au prix de millions d’Euros gaspillés alors que bien d’autres solutions moins onéreuses étaient possibles.

C’est l’exemple même d’une vision à court terme et locale, de la part de dirigeants capables en même temps de rivaliser avec les n° 1 mondiaux de la semence.

Le choix de la vente ou du conseil imposé par la loi Egalim a été le détonateur final, le prétexte des court-termistes contre les visionnaires, la relativité en importance du big-bag d’engrais disponible à sa porte, contre l’enjeu d’une société de semence ailleurs dans le monde.

Des anciens administrateurs, pour la plupart de Domagri issus de la fusion, ne pouvaient pardonner de ne plus avoir ce big-bag d’engrais apporté par leur coopérative, alors même qu’ils ont été les fossoyeurs d’une structure qui aujourd’hui aurait permis de leur vendre. Sans la fusion nous aurions aujourd’hui la vente ET le conseil, 1+1 a toujours fait plus qu’1 tout seul, même plus gros.  

Certes cette décision du choix entre le conseil et la vente a été à mon avis prise un peu trop rapidement, il y avait un vide juridique dans la loi dans le cas précis de Limagrain qui permettait de négocier avec l’Etat voire de surseoir durant quelques temps.

Pour certains il devenait impensable de laisser vendre ce big-bag par des concurrents sur le terrain qui viendraient hors du département du Puy-de-Dôme.

 De la part d’une coopérative qui use de la concurrence pour vendre de la semence partout dans le monde je trouve cela assez schizophrène et l’hypocrise va même jusqu’à craindre une avancée territoriale d’une coopérative de l’Allier, alors qu’au moins un quart des adhérents de Limagrain s’approvisionnait déjà auprès de cette coopérative avant la loi Egalim et pour certains même par des groupements d’achat.

Le départ du directeur général il y a un an avait déjà été le fusible qu’avait été obligé de faire sauter le président pensant éteindre le feu, mais sans avoir mouillé les braises, se privant au passage d’une compétence remarquable, attaché à la cause coopérative.  

Bref par une campagne électorale bien orchestrée dans cette subtilité qu’est le fonctionnement de Limagrain par un scrutin censitaire à trois tours, il était difficile et quasiment invisible jusqu’au dernier moment de connaitre la volonté des instigateurs n’ayant fait aucune déclaration de leurs intentions à la différence en 2010 de deux camps qui s’affrontaient publiquement.

Tout s’est fait sans un mot, sans aucun reproche sur l’équipe en place, sans aucune contestation sur les choix du conseil d’administration, juste un règlement de compte entre quelques-uns prenant en otage l’ensemble des adhérents sans leur soumettre un quelconque choix.

C’est d’ailleurs ce qui me gêne le plus en tant qu’adhérent et je sais aussi d’un très grand nombre de mes collègues, que lors de mon vote personne ne m’ait proposé un choix, une alternative, des différences dans la gestion, mon vote a été utilisé sans mon avis puisqu’à ce moment aucune autre vision du conseil d’administration n’a été proposée. A ce jour une partie du conseil d’administration a été viré sans que personne ne nous ait expliqué pourquoi officiellement, cela me gêne beaucoup dans un système démocratique et d’un manque total de transparence qui est pourtant la base du fonctionnement de la coopérative. Il ne faudrait pas être surpris si dans quelques temps ceux qui ont agi de la sorte partent par la même voie, je doute d’un accord tacite majoritaire des adhérents à long terme, la voie est montrée pour que la démocratie s’exerce, même sans raison avouée.  

C’est donc l’arrangement de quelques-uns, actifs mais aussi retraités tirant de vielles ficelles, voyant d’un mauvais œil un président compétent mais ayant le défaut de ne pas être « du sud », ce territoire voulant compenser le manque de richesse de son sol par une main mise sur l'exécutif. 

Il faut savoir qu’à Limagrain, Ennezat c’est le grand nord, quant à Gannat ou St Pourçain c’est le pôle Nord, des gens infréquentables, sauf pour fournir des engrais ou des produits de défense des cultures à moindre coût.  

Un président a été choisi, sans doute parce qu’il est le dernier des dirigeants ayant plus de 10 ans d’ancienneté, c’est d’ailleurs le point faible des dirigeants à venir, de très nombreux jeunes au sein du conseil d’administration qui auront sans doute de l’expérience dans quelques années. Cela n’enlève en rien ses compétences et son expérience mais le voilà bien seul aujourd’hui alors qu'il espère ce moment depuis longtemps. 

Le renouvellement du conseil d’administration depuis quelques années a privilégié la jeunesse, c’est très bien mais c’est sans compter les accidents de parcours possibles et le temps nécessaire à s’y consacrer souvent difficilement compatible avec un début de carrière sur sa propre exploitation.

La gouvernance dans une coopérative agricole est un chemin de rencontre entre des dirigeants salariés formés de longues années dans de grandes écoles, avec des agriculteurs que seuls l’expérience, le temps à y consacrer et le bon sens compensent le plus souvent.

Je me pose la question de savoir si chez Michelin un tel phénomène aurait pu exister, si un président aurait pu être viré pour ne plus permettre que les pneus de sa voiture soient produits à Clermont-Ferrand.

Le nouveau président priorise les filières existantes et futures localement, je ne voudrais pas qu’il oublie non plus que l’an dernier les adhérents ont bénéficié d’un plutôt bon revenu, malgré le très mauvais résultat de la coopérative locale, grâce à l’apport conséquent de dividendes au niveau mondial, j’attends donc de voir la vraie différence de gouverner.

Si l’eau sera bien la clé de tout en Limagne, il reste encore quelques années avant que des solutions ne voient le jour s’appuyant par nécessité sur la taille mondiale du groupe.

A la veille d’une crise alimentaire mondiale, je ne voudrais pas que notre coopérative privilégie le repli sur soi et le manque d’ambition qui en fait sa force et son originalité car ce sont rarement les ambitions personnelles qui font les ambitions collectives.

Je me demande encore comment se serait passée la Réunion Générale d’Information, cette grande réunion de famille, que la COVID a opportunément annulé.