samedi 2 janvier 2021

Quand la science, le progrès scientifique et technique sont devenus des gros mots en France

 

Notre pays tourne le dos à la science et notre société finira par mourir par la dépendance à ceux qui ont compris ce que le progrès pouvait apporter à l’humanité et notre planète.

Lorsqu’ils font l’actualité les sujets scientifiques sont désormais prodigués sur les plateaux de télévision et les médias en général, mais comme il n’est plus possible d’écouter ou de lire une intervention ou un texte qui dure plus de 3mn, les explications scientifiques sont désormais réduites à 140 signes.

Comment expliquer en un tweet ou un post ce qu’il a fallu à nos scientifiques plusieurs années et parfois plusieurs milliers de pages pour expliquer une découverte.

Notre pays qui a été l’inventeur des plus grandes découvertes scientifiques dont le vaccin, qui a su à la sortie de la guerre se reconstruire sur et par la science, aujourd’hui doute de sa propre recherche.

La crise du COVID est le summum de cette démonstration. Sur les plateaux de télévision ont été invités, certes quelques experts médicaux, mais mélangés à des stars du foot, de cinéma, du show business, des peoples pour résumer, en leur demandant de s’exprimer sur le sujet. Pire certaines émissions ou pages de quotidiens donnèrent plus de place à l’expression de tous ceux qui n’y connaissaient rien sur le sujet et qui malheureusement influencèrent l’opinion publique et en cascade les décisions de nos hommes politiques nationaux, incapables de faire la différence entre l’opinion, le ressenti et les faits prouvés scientifiquement.

En agriculture nous connaissons bien cela et tout a débuté dans les années 90 avec la découverte des OGM. Dès lors que la presse a préféré donner la parole à tous ceux qui n’y connaissaient rien plutôt qu’aux scientifiques, la messe a été dite.

Les OGM, le nucléaire, la vaccination, le glyphosate autant de réussites scientifiques avérées et largement utilisées dans tous les pays de la planète et remis en cause seulement en France et parfois en Europe. Ce sont le parfait exemple de ce qui est bon, non pas parce qu’un tel ou une telle l’a décidé, mais parce que la science l’a prouvé ! La presse a pris le parti de démolir ces preuves, pour faire le buzz, par avidité de vendre toujours plus de pages de publicités et de favoriser tous groupes qui vendent de la peur pour être élus en mettant en exergue à chaque fois le 1% du contre-exemple plutôt que les 99% qui prouvent le raisonnement scientifique. Le parti pris de ne faire parler que le seul scientifique qui dit l’inverse plutôt que la centaine qui prouve le bien fondé des découvertes scientifiques. La volonté de détruire parce que ça fait parler, plutôt que de construire en silence.  Le cas Séralini est le plus bel exemple, ce chercheur démontre par des méthodes fallacieuses la dangerosité des OGM, il est le seul au monde, la presse titre et tire des millions de pages sur ce chercheur qui sera désavoué ensuite, par la totalité de ses confrères et la presse scientifique, mais jamais repris par ceux qui l’ont mis en avant, ce sera le silence médiatique sur le rétablissement de la vérité.  

Le scandale du glyphosate, ce produit alliant le meilleur couple efficacité-risque pris pour cible juste parce qu’au départ un avocat américain véreux a voulu faire chanter Monsanto pour des millions de Dollars en prenant le prétexte non avéré de sa dangerosité cautionné par quelques scientifiques corrompus et de milliers de documents falsifiés. Dans la réalité aucun chercheur n’a prouvé sa dangerosité c’est même le contraire, mais le politique s’écrase par populisme et sa substitution sera pire en matière de toxicité et bien plus onéreuse.  

La dernière étude Agrican qui établit le taux des cancers chez l’homme révèle que les agriculteurs qui sont les plus gros utilisateurs de produits phytosanitaires ont 25% de cancers en moins que le reste de la population, vous l’avez vu en gros titre cela ?

Cependant le bio qui est une vulgaire tromperie alimentaire et sanitaire est poussé par des groupes bien inspirés et bien rémunérés par les distributeurs qui font fortune dessus en clivant les différents types d’alimentation. Au moyen âge, tout le monde mangeait bio, le résultat était des famines et des intoxications alimentaires, depuis le XXe siècle la durée de vie n’a cessé de s’accroitre et l’alimentation toujours plus saine. Les plus grosses intoxications alimentaires de ces dernières années l’ont été sur la consommation de produits bio et particulièrement par des facteurs mis en évidence par la science il y a des dizaines d’années en ayant trouvé le remède par l’application de produit phytosanitaires, le E-coli juste comme exemple. Demain les intoxications alimentaires sur le bio viendront par les mycotoxines hautement cancérigènes.

Le politique au pouvoir par lâcheté, par manque de courage d’expliquer quitte à être à contre-courant, ne cesse de baisser systématiquement la culotte devant tous ces groupes minoritaires, allant jusqu’à désavouer les chercheurs qu’il paye.

Un autre exemple sont les conventions citoyennes favorisées par nos gouvernants qui regroupent des centaines de gens sur des sujets éminemment techniques et scientifiques alors qu’ils ne portent pas sur eux le moindre gramme de culture scientifique. Et c’est comme cela que le veule politique suit les recommandations sur des pratiques très techniques ou scientifiques de ces quidams plutôt que de ceux qui ont mis des dizaines d’années et des millions d’Euros à élaborer des découvertes qui ont révolutionné le monde.

Ces mêmes quidams qui n’hésitent pas à engouffrer des millions de tonnes de médicaments issus de la recherche médicale, tous plus toxiques les uns que les autres pour eux-mêmes et pour la nature dans laquelle ils rejettent leurs excréments pollués en faisant la leçon sur l’écologie. 

Emmanuelle Charpentier, française, qui en novembre dernier est faite Nobel d’une découverte scientifique majeure sur le découpage de l’ADN, la plus haute distinction en matière scientifique, mais dont les travaux se sont déroulés hors de France et la découverte sera valorisée hors de France parce que des groupes de pressions n’y connaissant strictement rien, ont décidé pour vendre un peu de peur, que le principe des découvertes dans ce domaine était mauvais pour la santé en France. On rejoint là le sujet des OGM dont jamais aucun scientifique n’a pu prouver leur nocivité.

Le professeur Montagnier en son temps, découvreur du SIDA avait dû s’expatrier aux USA pour poursuivre ses travaux car c’était impossible en France.

Les partis écologistes, ils ne sont pas les seuls, sont en train de détruire notre culture scientifique et notre potentiel de découverte pourtant sur un sujet qui est la base même de toutes sciences. On retrouve dans ces partis l’agglomération des complotistes, de ceux qui doutent de la science et même qui la remettent en cause, par dogme, par religion, sans preuve, par populisme et comme cela fait du buzz la presse accoure pour leur donner la parole et faire par conséquent l’opinion.

Le nucléaire dont on est sûr désormais qu’il est le producteur d’énergie le plus puissant, le plus propre et sur lequel on a le plus de recul technique a été et reste encore le dogme des écologistes pour son abolition, au profit d’énergies renouvelables dont on ne sait encore presque rien et qui vont poser de graves problèmes écologiques dans les années à venir par un recyclage des matériaux pire que les déchets nucléaires. Sait-on que pour 2m3 de biogaz produit, 1m3 devient du biométhane utilisable et 1m3 de CO2 rejeté dans l’atmosphère ?

A l’école la science est devenue la cinquième roue du char, il est donc tout à fait normal et logique que les journalistes et les citoyens n’aient aucune culture scientifique pour se faire une opinion.

Allez juste un gros mot qui me passe par la tête, qui sait ce qu’est une mitochondrie ? C’est pourtant la base de la vie, mais amusez vous à faire un micro-trottoir pour avoir des réponses.

Sans une rapide prise de conscience notre pays finira dépendant de tous les autres dans tous les domaines et la seule chose que nous maitrisons parfaitement ce sont les embrouilles administratives créées par des millions de fonctionnaires et de lois qui empêchent tout progrès, mais qui ne s’exportent pas…et comme cela nous coûte de l’argent, nous en mourrons.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur le Maire, Je m'étonne que dans votre billet vous ne fassiez aucune référence au changement climat qui est, plus que les autres dossiers que vous citez, un sujet de consensus dans la communauté scientifique. La science nous dit qu’il faut changer nos comportements si on ne veut aller à la catastrophe et notamment revoir la manière de nous nourrir et de produire la nourriture… Quel est votre point de vue sur le sujet? Quel est votre action en tant que Maire et Agriculteurs? Je connais votre point de vue d’agriculteur sur l'adaptation au changement climatique: créer des réserves d'eau pour l'irrigation estivale. Quel pourrait être votre action pour l’atténuation ? Vous avez là une responsabilité importante avec votre double casquette…
Cordialement. Jean C, Dompierre sur Besbre

Unknown a dit…

Je vous approuve à 100%, Emmanuel Ferrand. Merci de rappeler que sans la science et la pensée rationnelle on ne peut prendre les bonnes décisions pour l'intérêt de la population et de la protection de l'environnement.

Jean C. vous invoquez la science pour dire qu'il faut changer notre manière de produire et de consommer la nourriture. OK, allons-y.
Connaissez-vous le bilan carbone d'une tonne de céréale selon qu'elle est produite en bio ou en conventionnel ? Rappel: rendement moyen du blé en France, 73 q/ha en conventionnel et 32 en bio. Lequel des deux système consomme le plus de surface et épargne le moins les zones naturelles? ...
Nous n'avons pas besoins d'une religion de l'écologie mais d'une écologie scientifique, rationnelle, réaliste et pragmatique.
Cdt Rémy Robin 44 Nozay

Marc FAURE a dit…

Bonjour, les agriculteurs ne représentent que 3,5% de la population Française. Les bobos des villes et les journaleux avides de spectaculaire sont, malheureusement plus nombreux et ont plus de pouvoir, puisque bon nombre de personnes sont sur ces "fameux et funestes" réseaux "sociaux". Mon père était arboriculteur, a utiliser des pesticides à un moment ou les EPI n'existaient pas. Certes cela n'était pas bien, mais les tracteurs n'avaient pas de cabines et on revenait dans le nuage de l'atomiseur. On avait plus de choix en pesticides que maintenant (voir l'épaisseur actuelle de l'index phytosanitaire par rapport à celui de 1970, je l'ai). Mon père est décédé à l'âge de 94 ans de vieillesse (il ne buvait pas et ne fumait pas).
Il faudrait revenir au "bon sens paysan" ! et dire à tous ceux qui font de l'agribasching, qu'ont ne récolte le blé et d'autres cultures qu'une fois par an et que le Français mangent 3 fois par jour.

Anonyme a dit…

Monsieur Rémy Robin,
Je ne questionne pas le billet de Mr Ferrand dont je partage beaucoup des avis, quoique parfois de façon plus nuancée. Je ne discuterai donc pas avec vous des émissions de C du blé, qui bio ou pas bio est de toute facon parmi les moins émetteurs des produits agricoles.
Et j’adhère tout à fait à votre conclusion, quoique je méfie des termes « réaliste et pragmatique » qui souvent sont utilisés pour justifier de ne rien changer.

Je m’étonne juste que Mr Ferrand ne parle pas du réchauffement climatique qui est un sujet ou le consensus scientifique est on ne peut plus solide et générale. Le message des scientifiques, de plus en plus alarmiste, est certes en train de perfuser la société mais trop lentement pour que les actions, si elles venaient enfin à être entreprises, permettent d’éviter l’ensemble des catastrophes. L’agriculture est évidemment une activité qui sera très impactée par le changement climatique. Elle l’est déjà mais ce n’est rien comparé à ce que semble lui réserver l’avenir et sa grande mission de nourrir l’humanité va être mise à très rude épreuve (ce qui justifie tout à fait l’adaptation). Mais, ne pas tenter de réduire ses émissions quand est un gros émetteur (la fameuse « atténuation ») est là aussi une forme de faillite à cette mission. Je suis donc juste très étonné que les agriculteurs ne soient pas plus scandalisés par le peu d’ambition des mesures adoptées ou en discussion pour faire face au problème. Il n y a pas beaucoup de tracteurs dans les cortèges des manifestations climat…

Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie au document du GIEC et notamment au rapport sur l’usage des sols (en Fr):
https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/4/2020/06/SRCCL_SPM_fr.pdf
Une analyse un peu ancienne qui traite plus directement de la question française/européenne de l’agriculture faite par le think-tank créé par l’inventeur du bilan carbone :
https://theshiftproject.org/article/pour-reussir-le-passage-a-lagriculture-durable-evolution-de-lalimentation-decarboner-leurope-9/
Ou dans un autre registre, le rapport tout frai de la FNSEA dont l’introduction reprend en bloc les conclusions du GIEC:
https://www.fnsea.fr/wp-content/uploads/2020/09/200917-Re%CC%81daction-RO2020-Version-valide%CC%81e-en-AG-10-septembre-2020-vrevue-B....pdf
Bon là, quand la FNSEA parle d’"opportunité" pour les agriculteurs, on se dit qu’elle n’a pas vraiment mesurée l’ampleur du problème ou qu’elle ne veut pas voir ce qui l’ennuie. De fait ses propositions sont loin d’être à la hauteur. Elles sont par contre surement « réalistes et pragmatiques » ;). Mais il est vrai qu’un syndicat n’est pas fait pour diffuser de la science mais plutôt pour défendre ses membres.

Pour finir, étant versé dans le sujet et proche de St Pourçain, j’ai proposé à Mr Ferrand (via le site internet de sa commune) de venir discuter avec lui en toute amitié et faire une conférence pour les agriculteurs et Saint-Pourcinois. J’attends sa réponse avec impatiente, d’autant que j’apprécie le vin de St Pourçain, notamment le blanc.


Bien cordialement
Jean C

Rémy Robin a dit…

Bonjour Jean C
En lisant votre premier commentaire, je vous voyais en contestataire "primaire" de l'esprit du billet de E Ferrand. Je suis en partie rassuré.
Je n'ai pas de doute sur le fait que le réchauffement climatique soit un sujet de réflexion important pour E Ferrand (que je ne connais pas) et qu'il l'aborde avec la même rigueur intellectuelle.
Je retrouve dans son raisonnement le fil conducteur de la méthode scientifique cher aux membres de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique), dont je fais partie. Je vous recommande le site de l'AFIS et sa revue Sciences et Pseudo-sciences:
https://www.pseudo-sciences.org/
Cdt R Robin

Unknown a dit…

Monsieur Ferrand a parfaitement raison de parler de scandale quant à l'interdiction du glyphosate. Voici les éléments de preuves :

http://www.fondapol.org/etude/glyphosate-le-bon-grain-et-livraie/
MK