dimanche 7 octobre 2012

Sommet international des coopératives


Demain s’ouvre le Sommet International des Coopératives à Québec.

C’est un évènement majeur dans l’économie mondiale dont vous n’entendrez probablement pas parler dans les médias généralistes.

Et pourtant les coopératives dans le monde c’est 800 millions de membres c’est l’équivalent de la 5e puissance économique mondiale.

Une coopérative c’est la façon la plus équitable de faire de l’économie aujourd’hui, c’est prendre des risques, innover, produire, s’assurer, faire prospérer sa créativité tout en mutualisant dans un ensemble cohérent. 

Après le collectivisme et le capitalisme, le coopératisme sera sans doute la voie économique de demain, ce sommet est donc très important.

Je vous invite à vous informer sur ce sommet ici : http://www.sommetinter2012.coop/site/accueil

Consommation des espaces agricoles


On commence à sentir une inflexion sur la consommation des espaces agricoles en France.

La dernière conférence écologique, petite sœur du Grenelle du même nom, en a fait un point majeur de façon presque inattendue.

Les écologistes allaient à cette conférence en guerriers vainqueurs, voulant décrocher quelques trophées sur le dos de l’agriculture, et en sont repartis sans les trophées mais même avec quelques concessions.

La protection des terres agricoles devient dans la conscience des hommes politiques un point non négligeable qu’il y a lieu de travailler.

La France perd tous les 7 ans l’équivalent d’un département français sous le béton ou le bitume, 4,5ha à la minute ! C’est la disparition des terres agricoles au profit des villes ou infrastructures, alors que chaque année notre planète accueille 75 millions de bouches supplémentaires à nourrir.

Il faut ajouter à cela les mesures ubuesques de compensation écologiques qui se font toujours au détriment de l’agriculture. Lorsqu’une infrastructure se créée en milieu naturel la loi impose une compensation écologique à hauteur de 1 pour 4. C'est-à-dire que si 1ha est pris il faut en rendre 4 à la nature. Et où prend-on ces surfaces ? Forcément sur le milieu agricole proche des zones naturelles, mais jamais sur les surfaces urbanisées.

Les citadins ne veulent plus habiter en logement collectif, comme la population augmente et que chacun veut son pavillon c’est forcément au détriment des zones agricoles, de même pour les zones commerciales ou industrielles.

Devant cette constatation la FNSEA demandait depuis longtemps une commission de surveillance sur le sujet, cela a été fait en 2011 par la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles.

Au bout d’une année d’existence le bilan est mitigé car le pouvoir de cette commission est très limité. Des pays comme le Québec ou l’Allemagne ont de véritables commissions où siègent à parité les élus et agriculteurs avec un pouvoir de blocage des surfaces prisent à l’agriculture. Nous avons donc encore une marche à franchir, que nos élus peinent à admettre.

On ne peut refuser l’augmentation des rendements agricoles par des moyens artificiels (OGM, engrais…) et réduire les surfaces agricoles tout en demandant de nourrir davantage de population.

Lors de création de zones économiques ce sont des emplois à la clé, de la création de richesse, mais sait on sur la surface prise quelle économie, combien d’emplois induits supprime t’on ?

L’agriculture c’est aussi de l’économie !

Il va falloir dans les années à venir changer de modèle d’urbanisation et la densification devra revenir, il faudra aussi abroger ces lois ridicules qui imposent des distances de retraits des routes des zones industrielles, de la création d’espaces verts obligatoires dans les zones économiques, toutes consommatrices d’espace inutilisé.

La prise de conscience est en marche, il faut maintenant des actes concrets et une volonté politique forte.

dimanche 23 septembre 2012

Les dessous de l'étude sur les OGM


Vous avez sans doute entendu parler de la fameuse étude de Gilles-Eric Seralini, chercheur à l’université de Caen sur les nocivités du maïs OGM NK603 de Monsanto.
Cette étude a été rendue publique en début de semaine dernière et je n’ai pas voulu réagir à chaud, afin d’en savoir davantage outre l’effet de buzz dans tous les médias.
J’ai bien fait d’attendre…
En effet cette étude, diligentée par ce chercheur connu pour son engagement politique contre les OGM, devient de plus en plus conspuée par l’immensité des chercheurs sur le sujet et même parmi ceux qui ont tendance à ne pas forcément être favorables aux OGM.
Il est très vivement reproché à ce chercheur une étude scientifique tronquée, jouant sur des interprétations statistiques erronées, ou des lacunes grossières dans le protocole. Protocole que d’ailleurs le chercheur refuse de communiquer.
Il faut savoir que pour qu’une expérience soit reconnue dans le monde scientifique, elle doit être publiée dans des revues ou documentations spécialisées et validées par ses pairs, ce qui est loin d’être le cas pour cette étude.
Je ne vais pas ici reprendre en détail les commentaires des nombreux chercheurs de par le monde qui mettent en doute les résultats de l’étude, j’en ai juste choisi un seul qui est chercheur à l’INRA, Gérard Pascal,  dont on ne peut douter de l’indépendance totale du fonctionnaire.
Sur la race de rats : « Il s'agit de la souche dite de Sprague-Dawley, connue pour contracter des cancers de manière fréquente. Une étude publiée dans la revue Cancer Research en 1973 avait notamment montré une incidence de 45 % de cette pathologie chez ces rongeurs, sans la moindre intervention. C'est pourquoi cette souche n'est jamais utilisée pour des études de cancérogénèse. »
Sur le protocole d’étude : « L'étude présente tout d'abord des faiblesses statistiques majeures. »
« L'étude ne fournit aucune indication sur le régime alimentaire des rats, en dehors des doses de maïs transgénique délivrées. Or, avec la souche de rats utilisée, l'on sait que les paramètres environnementaux, et notamment l'alimentation, jouent un rôle important. Les travaux ne présentent par ailleurs pas d'analyse poussée des constituants du maïs, sur lequel on aurait pu trouver des résidus de mycotoxines, c'est-à-dire des contaminants produits par certains champignons. Enfin, la publication scientifique manque de données chiffrées sur la fréquence des pathologies observées et sur les analyses biochimiques, comme la glycémie ou la cholestérolémie.Toutes ces lacunes sont rédhibitoires pour une étude scientifique. C'est pourquoi je ne comprends pas que ces travaux aient été publiés dans la Food and Chemical Toxicology, une revue très sérieuse qui rend obligatoire la relecture par les pairs. »
En vérité cette étude sort à point nommé pour faire la promotion de plusieurs évènements et soutenir des « mécènes » dont l’intérêt est de faire de l’argent.
Le Nouvel Observateur en premier lieu qui peine dans l’équilibre de ses budgets trouve là l’occasion de se refaire une petite santé. Corinne Lepage ensuite qui sort un livre « La vérité sur les OGM, c’est notre affaire ! » le 21 septembre, Jean-Paul Jaud réalisateur activiste français qui sort un film « tous cobayes » le 26 septembre et enfin le professeur Seralini qui sort un livre intitulé aussi « tous cobayes ! ». C’est donc une opération business bien programmée et on peut se demander si l’étude ne sert à autre chose que cela. D’autant plus que bizarrement et c’est une première aucun financement publique n’est intervenu sur cette étude, uniquement des financements privés, ceux de l’éditeur de Corinne Lepage Charles-Léopold Mayer, et une association Ceres composée entre autre de Carrefour et Auchan qui avait programmé une campagne de publicité sur leurs aliments non-OGM, dont il soit dit au passage qu’ils ne peuvent le prouver.
Les OGM servent encore une fois de faire valoir, cette fois c’est pour du business sur le dos du consommateur, une prochaine fois ce sera autour d’élections impliquant les écologistes.
Comment le citoyen peut il se retrouver dans cette affaire, la question mérite d’être posée, je ne suis pas sûr que la réponse arrive un jour.

lundi 17 septembre 2012

Moi Président!


Moi Président je ne serai pas le chef de la majorité et je n’inviterai pas les parlementaires à l’Elysée!

Nous avions bien retenu cette phrase lors du débat Sarkozy-Hollande, mais une fois de plus Hollande n’aura pas tenu parole. La semaine dernière il a reçu au siège de la Présidence une partie des parlementaires PS ainsi que les présidents de groupes au Sénat et à l’Assemblée Nationale. Il est aussi bien connu maintenant que le choix d’Harlem Désir à la tête du PS a subi une influence forte du Chef de l’Etat. A ce propos Si le choix a été dicté par quelques personnes, les militants et adhérents du parti n’ont pas eu mot à dire. Ne se rappelle t’on pas des leçons de morale et de démocratie lors de primaires du PS et du choix nécessaire par les militants de base. Mais pour la désignation du chef de leur parti, voilà que la méthode choisie est celle de l’URSS à son temps de gloire.

Quelques promesses de campagnes sont maintenant bien malmenées voir enterrées. La fermeture de l’usine PSA d’Aulnay en est l’exemple le plus flagrant. Moi Président je ne permettrai pas que l’usine d’Aulnay ferme ! Et c’est pourtant bien ce qui va arriver et avec l’approbation du ministre du redressement productif. Ce dernier qui reproche à Peugeot de ne pas avoir assez construit de véhicule à l’étranger, lui qui était le chantre de la démondialisation du temps de la campagne présidentielle…

Le vote des étrangers autre thème de campagne aujourd’hui enterré, mais voilà surtout ce cher député Dosière, celui qui épluche les comptes de l’Elysée et que le PS n’avait pas adoubé lors des dernières élections législatives afin d’avoir les mains libres, qui refait parler de lui. Il révèle que les sondages font leur grand retour à l’Elysée !

4 mois, 4 mois que François Hollande est à l’Elysée, sa cote de popularité au plus bas, ses reniements des promesses électorales, il y a des déçus mais surtout il va y en avoir beaucoup plus…

Pour ceux qui ont voté Hollande, Plantu résume bien : « On aurait été déçu de ne pas être déçu… »

jeudi 13 septembre 2012

Négociation salariale


J ai participé hier à la négociation sur les salaires entre organisations salariales et patronales. Je représentais la FNSEA03 pour la première fois puisque notre syndicat est maintenant reconnu comme organisation patronale. Certes j’avais déjà participé de temps en temps à ces commissions il y a quelques années mais les négociations se faisait  entre agriculteurs et salariés actifs, désormais ce sont des permanents des organisations salariées qui viennent siéger. Une journée de négociation c’est dur… A l’ordre du jour il y avait les salaires, la qualification des emplois, le régime complémentaire de prévoyance et le régime complémentaire de santé, rien que ça…

Aux yeux de certains représentants des salariés les patrons sont des voyous, exploiteurs, ingrats, profiteurs et j’en passe… Il faut du calme pour ne pas claquer la porte. Cependant nous avons fait une proposition honnête qui va au-delà du minimum et après maintes tergiversations les salariés ont accepté. Sur la qualification des salaires la négociation a tourné court car j’ai proposé de se caler sur l’accord national, les salariés ne pouvaient qu’accepter et cela simplifiera les choses.

En ce qui concerne les négociations sur les complémentaires de prévoyance et santé, il y avait un enjeu sur l’équilibre des budgets. Là encore les salariés voulaient que les augmentations soient absorbées en totalité par les patrons et bien sur les baisses de cotisation ne profitent qu’aux salariés. Au bout de 3 heures et plusieurs suspensions de séance, les salariés ont fini par accepter nos propositions qui répartissaient justement l’effort sur tous.

Ces réunions sont dignes d’une autre époque, où la négociation ressemble davantage au maquignonnage qu’à des débats entre partenaires égaux.

Quoi qu’il en soit la négociation buttait depuis plus d’un an et même si je n’étais pas seul, accompagné par un permanent de la FRSEA, nous sommes arrivés à trois accords et un début d’accord en une seule journée.

Ceux qui diront que les dirigeants syndicaux ne le sont que pour la place et pour ceux qui hésitent à payer leurs cotisations, voilà une belle démonstration de l’utilité du syndicat FNSEA03.

samedi 8 septembre 2012

C'est quoi la morale de l'histoire?

Voilà la gouvernance normale continue. En clair être normal aujourd’hui est entériner ce que la morale défend. Justement cette morale que Vincent Peillon veut appliquer à l’école et administrer à nos enfants, ne serait il pas judicieux de l’appliquer avant aux adultes qui nous gouvernent.

Le cumul des mandats par exemple si longtemps décrié par la gauche et inscrit au rang des pratiques immorales de la république par cette même tendance politique, devient une normalité et un acquis même pour certains.

Le conflit d’intérêt qui ne devait jamais être pratiqué sous le règne de la gouvernance normale et morale pourtant trouve une faille dans le couple Montebourg-Pulvar lorsqu’on confie au patron de cette dernière une mission gouvernementale par la banque dont il est aussi patron.

Cette morale qui devait s’inscrire dans la justice sociale s’applique par la suppression de l’exonération fiscale des heures supplémentaires concernant des millions d’emplois pour taxer à 75% les revenus d’une poignée de mille foyers, dont on sent bien que soit ils se feront exonérer par leur statut particulier, soit ils s’exileront fiscalement.

Enfin la normalité ou la moralité pour la ministre chargée du logement de donner des terrains à un moment où l’Etat a tant besoin de recettes, qui plus est lorsque ces terrains n’existent pas ou sont déjà heureusement vendus.

En bon père de famille comme il l’est écrit encore dans nos baux ruraux, cette morale qui est de dépenser l’argent après l’avoir gagné, ne s’applique évidemment pas aux mesures sociales en prévision, tel le contrat de génération dont la dépense sera inscrite au budget sans qu’aucune nouvelle recette ne corresponde.

La morale de l’histoire, est que tant d’espoirs déçus en si peu de temps ne pourront que renvoyer à leurs études et aux cours de morale ces maîtres qui voulaient nous l’imposer.

mercredi 29 août 2012

Vive François Hollande!


Je crois que je vais regretter de ne pas avoir soutenu la candidature de François Hollande aux dernières présidentielles.

En effet il met en œuvre chaque jour une politique différente de celle annoncée et sur certains sujet va même plus loin que Nicolas Sarkozy.

Prenons le cas des expulsions des roms. Au temps ou Claude Guéant le faisait, c’était une nuée de journalistes, des phrases assassines telles que « la rafle des roms » ou tant d’autres mentions, rappel de notre passé douloureux, qui mettait toute la France en émoi. Depuis que Valls le fait, rien ne se dit, rien ne se passe, il y a chaque jour un camp nettoyé et tout va bien pour tout le monde.

Sur un autre sujet nous avons Montebourg qui rappelle à l’ordre les syndicats de PSA en leur demandant de ne pas mettre à bas l’entreprise. Imagine-t-on les manifestations de ces mêmes syndicats si Baroin avait tenu de tels propos. En clair PSA va supprimer 3000 emplois soutenu par le ministre en charge de ce secteur.

Ce même ministre socialiste vante les mérites du nucléaire et Hollande annonce même la continuité du réacteur de Flamanville et ne parles plus de fermer les centrales nucléaires.

On parle de plus en plus de l’exploitation des gaz de schistes, et pourtant que n’a-t-on pas entendu avant la campagne notamment par les députés socialistes concernés. Aujourd’hui c’est même la ministre de l’écologie qui dit ne pas vouloir exclure l’utilisation de cette énergie.

Le blocage du prix de l’essence avait été une exclamation dans le discours du candidat Hollande, et chacun pouvait s’attendre et croire à un prix bloqué administrativement relativement bas. Vous connaissez le résultat 6 centimes partagé avec les distributeurs et il est bien précisé là où ce sera possible, sous-entendu dans le milieu rural éloigné des grands centres et où la concurrence n’existe pratiquement pas, les prix resteront comme ils sont, c’est pourtant là qu’il y en aurait le plus besoin.

François Hollande qui voulait renégocier le traité européen et instaurer une politique de croissance en soutien à la Grèce, a même rappelé à l’ordre les Grecs ce week-end afin de les inciter à tenir leurs engagements. Nicolas Sarkozy n’aurait pas fait mieux !

Sur le cumul des mandats c’est machines arrière toutes ! François Rebsamen qui un temps avait été pressenti comme ministre de l’intérieur et proche de François Hollande refuse que les élus socialistes appliquent cette règle, se faisant le porte parole de nombreux élus socialistes dans son cas.

Il n’est pas cent jours passé depuis son élection que François Hollande a renié une bonne part de ses engagements et de ses promesses. Certes il a augmenté le plafond des livrets A. Mais quand on sait que dans 80% des cas les plafonds ne sont pas atteint par les épargnants et que seulement 50% des fonds sont utilisés pour les logements sociaux, quelle incidence va avoir une telle décision ? Si ce n’est que d’inciter l’épargne au moment où il faudrait au contraire stimuler la consommation.

On a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy son agitation permanente et les décisions qu’il prenait seul. On pourra exactement reprocher à François Hollande l’inverse et même y associer son premier ministre. Rien ne se passe chaque ministre décide suivant sa vision des choses, même à être en contradiction avec les promesses du candidat devenu président et tout ceci dans une continuité républicaine avec le précédent mandat, sur certains sujets même un peu accentué. En regardant la réalité en face, je ne regrette finalement pas l’élection de François Hollande.

mercredi 22 août 2012

Les hirondelles et le marché couvert (suite)


Ainsi donc après avoir attendu 15 jours que les hirondelles veuillent bien quitter leur quartier d’été et en accord avec la LPO, la date fixée du 20 août pour recommencer le chantier a été respectée. Cette date était butoir par rapport à la rentrée des classes, car il nous semblait impensable de faire cohabiter un chantier de démolition à 15m de l’entrée d’une école.

Donc lundi les engins ont reprit leur balai, mais la LPO s’est re-manifesté pour venir voir ce qu’il en était de ces hirondelles, espèce protégée. Mardi matin une délégation de la LPO de Clermont était donc sur place et nous demandait de mettre une échelle à disposition pour inspecter les nids. En début de matinée les gens de la LPO devant une grande quantité d’hirondelles virevoltant autour du bâtiment demandent d’arrêter une nouvelle fois le chantier, nous disant qu’au moins 5 nids sont en activité, et que le délai ne serait pas de quelques jours mais de plusieurs semaines avant sa reprise. Après discussion je leur propose de mettre une nacelle et un chauffeur à disposition leur permettant de récupérer les hirondelles afin de les emmener dans un centre de soin spécialisé, convenant tous que la rentrée scolaire était la condition la plus importante vis-à-vis de la sécurité des enfants.

Une fois la nacelle sur place et les gens de la LPO commençant le sauvetage, des agents de l’environnement fortement armés arrivent sur le chantier et demandent l’interruption du chantier. Ils invoquent la destruction d’une espèce protégée. Ils invoquent la loi et le fait de ne pas avoir été prévenus. Je leur réponds qu’un permis de démolir a bien été visé par la préfecture et que nous avons remplis toutes les formalités obligatoires. Ils demandent à voir le responsable du service environnement de la ville. Je leur réponds un peu ironiquement qu’une ville de 5000 habitants n’a pas de service environnement. Après que les agents sur place, aient pris contact avec leur supérieur, qu’ils se soient rendus compte d’un dysfonctionnement dans leur service, et qu’effectivement la proximité d’une école ne pouvait retarder le chantier, ils accordent sa reprise, mais en assurant qu’il y aurait une suite à cette affaire.

Les gens de la LPO ayant fini leur travail ils ont récupéré 4 hirondelles dans un nid... les autres nids étaient vides... !

Voilà à quoi 3 bénévoles de la LPO, 2 agents du service de l’environnement, 3 agents techniques de la ville de St Pourçain, 3 employés de la société de démolitions un peu perdus et un élu peuvent passer une matinée, bien occupés… !

samedi 18 août 2012

Les cours des céréales s'envolent!


Depuis quelques jours fleurissent dans la presse des articles ou reportages sur la hausse des cours des céréales et donc inévitablement des aliments qui en sont issus. Ceci renforcé par quelques patrons de la grande distribution ( Papin, Leclerc…) qui commencent à crier au loup et demander une contractualisation sur les matières premières agricoles.

En premier je m’étonne fortement que ces patrons,  dont on connaît la grandeur d’âme envers le consommateur et le producteur, se réveillent lorsque les prix sont élevés mais n’ont jamais pensé à le faire lorsque les prix étaient au plus bas. Sans doute voient ils que leurs confortables marges sur les produits issus des céréales vont devoir faire une cure d’amaigrissement.

En second lieu, les journalistes s’émeuvent de ces prix élevés par voie de conséquence pour le consommateur,  sans se soucier un instant que ces prix élevés vont peut être enfin rémunérer une profession qui pendant des années a produit des céréales en dessous du coût de revient. Enfin si les prix des céréales sont élevés il ne faut pas oublier de dire qu’en même temps les intrants qui ont servi à les produire ont aussi considérablement augmentés rendant les marges pour les producteurs pas si importantes que cela.

Il ne faut pas oublier non plus que dans la baguette par exemple le prix du blé ne représente que 7% du prix total, comme dans beaucoup de produits similaires.

Alors certes les éleveurs vont payer plus cher leur alimentation, ce qui n’est pas normal c’est que ce soit eux qui compressent leurs déjà faibles marges. Non, ce n’est pas le prix des céréales qui est trop cher pour eux, c’est la viande qui n’est pas assez cher ! Le consommateur a depuis trop longtemps pu diminuer son budget alimentation au profit des loisirs et produits de confort ou de luxe. Il faudra sans doute que dans les années à venir il choisisse entre manger et téléphoner avec le dernier Smartphone à la mode.

Ces prix rémunérateurs vont pouvoir bénéficier à des millions d’agriculteurs dans le monde, alors que lorsque l’acier, autre matière première, augmente le bénéfice ne profite qu’à une poignée d’hommes milliardaires. On n’écoute jamais personne lorsque le prix des autres matières premières augmentent, sauf lorsque c’est le pétrole ou les céréales.

Evidemment le prix des céréales augmente car des sécheresses sévissent en différents points du globe. Là encore on s’émeut davantage lorsque c’est au USA plutôt qu’en Somalie, mais il faut bien se dire que nous aurons de plus en plus de mouvements climatiques destructeurs dans le monde.

Déjà des voix s’élèvent contre la transformation des céréales en éthanol. C’est sans doute une hérésie, mais on oublie trop vite l’époque récente ou les cours des céréales étaient si bas que les détruire en produisant de l’éthanol, dégageait le marché et permettait un maintien des prix. Une filière industrielle s’est créée sur ce produit en construisant des usines et embauchant des milliers d’emplois, souvent à grands coups de subventions publiques, et comme toute filière industrielle qui s’amortie sur de longues années il est impossible d’ouvrir ou de fermer le robinet au gré du cours des céréales.

La solution revient à des décisions politiques, oui il existe des solutions, encore faudra t’il avoir le courage de les appliquer. Il faut augmenter l’offre et revenir à une production abondante, d’autant plus que la population augmente. Cela passe par l’accroissement des rendements et inévitablement l’amélioration de la génétique des plantes, dans la résistance à la sécheresse, la captation de l’azote de l’air etc… Cela passe par revenir à produire sur toutes les surfaces agricoles utiles, et en premier lieu toutes celles retirées de la production pour des raisons écologiques. Cela passe par la fin de l’urbanisation exponentielle et la stérilisation de bonnes terres agricoles en parking d’usines ou supermarchés comme dans le bassin parisien. Cela passe par moins de contraintes écologiques sur les producteurs et la possibilité de protéger leurs cultures contre les ravageurs, par l’irrigation contre la sécheresse en captant l’eau de pluie hivernale, ou moins de cahiers des charges titanesques.

Et cela passe inévitablement par une régulation des marchés en limitant la spéculation financière sur les matières premières. Dans la future PAC 2014 il n’existe même pas une ligne sur la régulation des marchés agricoles.

Laissons faire le bon sens paysan, n’allons pas chercher des idées farfelues ou des raisons issues d’un autre monde que celui de l’agriculture. Nous sommes capables d’aller aujourd’hui sur Mars, mais nous ne seront pas capables demain de nous nourrir.

lundi 13 août 2012

Le retour de Malthus!

Les indices d'une crise alimentaire mondiale se multiplient. Sécheresses et inondations pèsent sur les récoltes, à l'est comme à l'ouest, au nord comme au sud. Les prix des produits agricoles flambent sur les marchés internationaux, rejetant dans la misère des foules immenses qui avaient réussi à en sortir. José Graziano da Silva, le patron de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, plus connu sous son acronyme anglais FAO, adjure les Américains à ne plus convertir la moitié de leur maïs en carburant pour le laisser aux hommes et au bétail. Le réchauffement climatique, lourd de menaces pour les rendements agricoles, exerce de plus en plus clairement ses effets.
Cette perspective nous renvoie au débat lancé il y a plus de deux siècles par Thomas Malthus. Pour ce pasteur anglais, la crise alimentaire était inéluctable pour une raison simple : la population croît plus vite que les ressources disponibles pour la nourrir. La suite des événements a semblé lui donner tort. En deux siècles, la population mondiale a été multipliée par sept sans être pour autant condamnée à l'assiette vide. Trois révolutions ont repoussé la catastrophe. D'abord une révolution énergétique, avec l'emploi de machines toujours plus performantes pour travailler la terre. Ensuite, une révolution agronomique « verte » reposant à la fois sur la sélection d'espèces plus productives, l'irrigation et le recours aux engrais et pesticides. Enfin, une révolution politique avec l'essor de la démocratie -comme le montre l'économiste Amartya Sen, un pays comme l'Inde ne connaît plus de grandes famines depuis qu'on y vote. Mais les deux premières révolutions s'épuisent. La transition énergétique est inévitable. Les composants des engrais se raréfient (phosphates). Beaucoup de pesticides ont des effets secondaires redoutables. Nombre de nappes phréatiques diminuent. L'essor des organismes génétiquement modifiés (OGM) bute sur de fortes réticences dans l'opinion publique.
Nous risquons donc de revenir au monde de Malthus. Nous ne sommes pour autant pas obligés, pas encore, d'appliquer une politique malthusienne de limitation de la population que seule la Chine a appliquée à grande échelle avec des résultats peu enviables. Il y a encore plein de nouvelles techniques agricoles à appliquer, et d'autres à découvrir. Mais nous devrons faire des arbitrages vitaux. Dans notre façon de vivre : manger ou conduire (c'est l'arbitrage sur l'éthanol réclamé par la FAO), manger ou bétonner les champs pour construire des villes. Et dans notre alimentation : manger un peu de viande ou davantage de légumes. Il n'est pas trop tard pour s'y préparer et repousser ainsi une nouvelle fois la malédiction de Malthus.
Écrit par Jean-Marc VITTORI
Editorialiste